7 novembre 2020

Issy fait son cinéma en Centre-Ville


Silence ça tourne !


C'est dans le quartier Centre-Ville que débute notre périple cinématographique avec cinq lieux importants : l'église Saint-Étienne, le PACI, les jardins et parcs, le collège Saint-Nicolas et la rue du Général Leclerc.

L'église Saint-Étienne, située dans l'un des plus vieux quartiers d'Issy, sert de décor à plusieurs films, à commencer par Un drôle de paroissien, tourné en 1963, de Jean-Pierre Mocky, avec Bourvil et Jean Poiret, déguisés en curés. La 404 (ci-dessous) s'arrête devant l'église, dont on reconnaît bien les marches du perron. 

Un drôle de paroissien. © M. Julien

Dans Gibier de potence de Roger Richebé avec Arletty, Georges Marchal et Nicole Courcel, sorti en 1951, la jeep passe devant les Bains publics de la rue d'Alembert  (ci-dessous), aujourd'hui disparus. Autre film tourné place de l'Église, La Poupée (1962) de Jacques Baratier avec Zbigniew Cybulski, Sacha Pitoëff et Daniel Emilfork.

Gibier de potence. © M. Julien

Un peu de nature, maintenant, avec les tournages dans les parcs et jardins du quartier. Voici une scène de Didier (1997) d'Alain Chabat avec Jean-Pierre Bacri et Alain Chabat dans le parc Saint Jean-Paul II (ci-dessous).  Puis apparaît Jean-Paul Belmondo (en bas) dans les jardins de la Solitude, proche du Séminaire Saint-Sulpice, dans l'Animal de Claude Zidi (1977). 

Didier. © M. Julien

L'Animal. © M. Julien

Le PACI n'est pas en reste avec le film à sketches de Gilles Grangier, Un Grand seigneur/Les Bons vivants (1965). Dans le dernier sketch de Georges Lautner, le PACI est considéré comme le théâtre municipal d'une petite ville de province. 
Le collège Saint-Nicolas sert de décor dans deux films : l'Escalier de Stanley Donnen avec Rex Harrison et Richard Burton, en 1969… le dit-escalier fut supprimé bien avant la démolition du collège. Et dans Une fille cousue de fil blanc (1977) de Michel Lang avec Aude Landry, France Dougnac et Serge Reggiani, ce sont le dortoir, les lavabos et la chapelle (ci-dessous) qui sont utilisés.

Une fille cousue de fil blanc. © M. Julien.

Autres lieux, autres films : le bureau de poste principal dans Souvenirs, souvenirs (1984) d'Ariel Zeitoun avec Christophe Malavoye et Gabrielle Lazure ; l'ancien commissariat de la rue Jean-Jaurès dans Paris by night (1988) de David Hare avec Charlotte Rampling.

Enfin, nous terminons ce périple Centre-Ville avec l'entrée du CCF, devenu aujourd'hui HSBC, rue du Général Leclerc, facilement reconnaissable dans Golden Boy de Jean-Pierre Vergne (1996) avec Jacques Villeret et Anne Roumanoff (ci-dessous).  
Michel Julien.

Prochain rendez-vous le 13 novembre, 18 h, avec une immersion dans le quartier Corentin-Celton.

Golden Boy. © M. Julien


1 novembre 2020

Issy fait son cinéma

 Nous allons consacrer tout le mois de novembre au cinéma. Grâce à notre Historimien Michel Julien, nous partirons à la découverte des films tournés dans notre commune, dans ses rues, ses jardins… et même ses églises. De quoi s'évader en ces temps tourmentés. La conférence, puis la visite prévues ont été annulées… mais vous pourrez voir ou revoir ces films avec un autre regard ! 

Silence, ça tourne ! 

Issy ne peut pas rivaliser avec sa voisine Boulogne Billancourt, célèbre pour ses studios dont l’un des plus emblématiques, les studios de Billancourt ou studios du Point du Jour (Paris Studio Cinéma), étaient limitrophes de la ville. Ils se situaient de l’autre côté de la Seine, à l’amorce du pont d’Issy (ex-Peupliers), démolis dans les années quatre-vingt-dix et remplacé par Canal+. 

Mais elle n’était pas en reste avec, sur son territoire, les laboratoires cinématographiques Vitfer  installés depuis 1965 au 20 bis, avenue Bourgain et 45 bis, avenue Victor-Cresson,  aujourd'hui disparus, mais salués dans le Point d'Appui de l'époque (ci-dessous).

Point d'Appui. © M. Julien

Il existait aussi une société d’éclairage qui se trouvait au début de la rue de Vanves et qui a, maintenant, déménagé. Issy a abrité, aussi, dans ce qui est maintenant  le campus de la faculté de Droit (rue Gabriel Péri), la société Duran Dubois spécialisée dans les trucages numériques (les Guignols de l'infoAstérixles Visiteurs) jusqu'à sa liquidation judiciaire en 2011.

Marco Perrin, l'Armée des ombres. © M. Julien
La ville a hébergé deux chefs opérateurs (directeur de la photographie), Roger Fellous [1919-2006] (Le Passage du Rhin…) et Guy Delattre [1931-2015] (L’Année dernière à Marienbad). Sans oublier un comédien de second rôle qui a beaucoup tourné, dans les années soixante-dix, Marco Perrin (1927-2014), que l'on peut voir (ci-dessus à gauche) dans l'Armée des ombres.

L’on ne peut pas dire qu’Issy soit une ville cinégénique. Malgré cela, quelques scènes de films y ont été tournées, malheureusement, très courtes. Quelques images d’endroits qui passent inaperçus sauf pour un œil exercé ou pour une personne du quartier concerné qui réagit à la vision fugitive d’un endroit qu’il reconnaît. Ces scènes auraient pu être filmées en studio ou dans une autre ville sans que l’on puisse faire référence à un lieu quelconque.

Aquarelle de René-Georges Gautier. © XDR

La palme de la séquence la plus longue (4’41) concernant un lieu emblématique de la ville a été tournée à l’hôpital Corentin-Celton dans Autour de minuit de Bertrand Tavernier. Le plus ancien film, réalisé en 1933, est La tête d'un homme de Julien Duvivier avec Harry Baur (commissaire Maigret), Valéry Inkijinoff et Alexandre Rignault, dont certaines scènes se passent sur les quais Roosevelt et Bataille de Stalingrad. 

Notre ville sera divisée en plusieurs secteurs géographiques, dans lesquels vous pourrez découvrir les films qui y ont été tournés. Rendez-vous le 7 novembre, 18h,  direction le Centre-Ville avec Gibier de potence, Didier, Un Drôle de paroissien et bien d'autres encore.                           

Michel Julien.


31 octobre 2020

Réponse - Des lamelles métalliques


© P. Maestracci

Il s'agit en fait de la façade, rue Guynemer, de l'immeuble du siège social français de Nestlé, que l'on peut découvrir dans la vue en perspective (ci-dessous).

Façade du siège social de Nestlé, rue Guynemer. © P. Maestracci


Il se situe entre la rue du Colonel Avia (Paris 15e) et les numéros 12 à 40 de la rue Guynemer, à Issy-les-Moulineaux. Cet ensemble de bureaux a été conçu par le cabinet d'architectes Arte Charpentier. Il 'agit d'une réhabilitation spectaculaire d'un immeuble datant de plusieurs décennies. Seule la structure en béton a été conservée ; les lamelles métalliques forment un spectaculaire jeu optique de lignes brisées qui se croisent. Elles décorent sans gêner le regard et la lumière.  P. Maestracci.

25 octobre 2020

Jeu - Des lamelles métalliques

 On change totalement d'atmosphère pour ce nouveau "nez en l'air"…  le 1000e article publié sur notre site  !  

Où se trouve donc cette façade ultra contemporaine ? Et à qui appartient-elle ? 

© P. Maestracci

Réponse le 31 octobre, 18 h

23 octobre 2020

Réponse - une bien jolie petite garçonne

© P Maestracci
 Alors, vous avez trouvé… Ce n'était vraiment pas évident.  

Cette œuvre en noir et blanc, de format A3 et caractéristique du Street Art, est anonyme. Elle orne discrètement l’entrée du pont du boulevard des Îles (ci-dessous). Celui-ci joint l’île Saint-Germain à la place de la Résistance en franchissant le petit bras de la Seine. Regardez-bien au centre de la photo sur le parapet.


© P. Maestracci

C’est le portrait d’une coquette jeune femme qui tient de sa main gantée une cigarette au bout d’un fume-cigarette. Ses cheveux courts retenus par un bandeau encadrent le visage en forme de cœur. Son regard sous la frange est direct. Cela fait irrésistiblement penser à La Garçonne, titre du roman de l’écrivain français Victor Margueritte paru en 1922. De plus, elle ressemble nettement à l’actrice états-unienne Louise Brooks (1906-1985) devenue célèbre grâce au film Loulou qui sort en 1929
Le mot garçonne est un néologisme des Années folles pour le féminin de garçon. Auparavant, on utilisait le mot polysémique garce comme féminin de gars.
Dans les années Vingt, les revendications féministes reprennent celles des suffragettes britanniques qui revendiquent le droit de vote dès 1903. La mode féminine évolue en parallèle pour libérer le corps : les robes raccourcissent au genou, les corsets disparaissent  et les cheveux sont coupés courts. 
Cette Garçonne isséenne est placée pour être vue seulement par piétons et cyclistes traversant le pont vers la place de la Résistance bordée essentiellement d’immeubles de bureaux. On y voit la rue du Docteur Lombard dans l’axe du pont sous l’immeuble et à droite, la rue Jean-PierreTimbaud. P. Maestracci.



Prochain rendez-vous le 25 octobre, 18 h.

19 octobre 2020

Jeu - Une jolie petite garçonne

Les vacances de la Toussaint continuent et… le "nez en l'air" aussi. A vous de jouer !

Et, pour commencer, restons dans le spectacle musical des Journées du patrimoine consacré aux "années folles". C'était au temps des garçonnes. Celle-ci est bien jolie, mais où peut-on la voir ? 

 

© P. Maestracci

Réponse le 23 octobre, 18 h.

17 octobre 2020

La Rue d'la Dé, vue par J.-B. Merlino aux Épinettes

Profitez de ces vacances de la Toussaint pour aller admirer les dessins originaux de Jean-Baptiste Merlino - que les Historimiens connaissent bien. Rappelons qu'il a témoigné en mars 2015 sur le site d’Historim et qu’une exposition précédente de ses œuvres eut lieu à l’Espace Icare en octobre 2018.

Les dessins de J.-B. Merlino
à la Maison de quartier des Épinettes.

C'est dans la Maison de quartier des Épinettes que  Julien Tassery, Commissaire de l’exposition, a mis au point pendant la période de confinement du printemps  dernier, cette manifestation sur le thème de la littérature Jeunesse mise à l’honneur en ce mois d’octobre 2020. Il a choisi deux séries d’originaux portant sur l’histoire isséenne.. 

Une salle est consacrée aux planches de Jeff de la bande dessinée de Jeff et Christain Godard, Les Aventuriers du Cyberp@ssé, Sam, Issy et Maintenant (Editions Glenat, 2002). 
La grande salle (ci-dessus), elle, présente cinq panneaux regroupant le travail de M. Merlino sur la rue de la Défense où il passa sa jeunesse. Cette rue proche débouche sur l’esplanade des Épinettes. Le livre La Rue d’la Dé…illustrée est paru en 2007 aux Éditions SIGEST ; il est, hélas, épuisé.

L’exposition dans la Maison de quartier des Épinettes se tient tout le mois d’octobre aux horaires  habituels (lundi, mardi et jeudi de 17 à 19h, mercredi de 10 à 19 h). En dehors, il faut contacter le commissaire de l’exposition, julien.tassery@ville-issy.fr. Merci à lui pour son accueil prévenant. P. Maestracci

14 octobre 2020

Visite au Fort d'Issy - 10 octobre 2020

Dans le fort, devant un canon, témoin de la guerre de 1870.
© A. Bétry

Il faisait beau ce samedi 10 octobre 2020 au Fort, dans les Hauts d’Issy, pour cette visite bien sympathique. Nous étions divisés en deux groupes, masqués, afin de suivre les normes sanitaires. Les deux groupes sont partis chacun de leur côté et ne se sont jamais croisés. Mais le programme fut le même.
 
Le plan du Fort et la façade
de la piscine. © A. Bétry

La construction
De l’histoire, pour commencer, bien sûr. On sait tout maintenant depuis la construction du Fort jusqu’à sa destruction pendant la Commune de Paris. De ce bastion pentagonal de 170 mètres de côté, édifié entre 1840 et 1845 pour protéger Paris, il reste le chemin de ronde, les casemates et autres poudrières, occupées aujourd’hui par des commerces et des lieux publics. Un plan permet de se repérer aujourd'hui (ci-contre).
 Un escalier permet de monter sur le chemin de ronde et, de là, on a une vue superbe… derrière les arbres en ce moment de l’année. Mais il faudra y retourner cet hiver. C’est au cours de cette promenade que l’on découvre les quelque 80 lopins de terre cultivés par les habitants du quartier. Dans l’un d’entre eux, quelques tomates encore et, même, un potiron !
 
La guerre de 1870-71
Le Fort est aussi bien connu par les Isséens pour son action pendant la guerre de 1870, puis la Commune de 1871… qu’Historim a longuement déjà évoqué dans pas moins de 15 articles. Nos conférenciers nous montrent, bien sûr, le Merle moqueur du sculpteur Christian Renonciat, entouré de boulets de canon (ci-dessous) - on en a retrouvé plus de 3000 - , que l’on peut admirer au pied de la médiathèque le Temps des Cerises qui nous accueille le temps de découvrir des photos du Fort pendant la guerre de 1870.

Le Merle moqueur, de Christian Renonciat. © PCB

On découvre aussi, sur un mur du bastion, les restes d’un canon en bronze (en haut), retrouvé dans les décombres. Sachez que, pour les 150 ans de la Commune d’avril-mai 1871, la ville va organiser un certain nombre d’événements marquants tout au long de l’année 2021. On vous indiquera, bien entendu, l’agenda.
 
L'éco-quartier connecté
Dernière étape de l’histoire du Fort… et non des moindres, la construction de l’éco-quartier connecté dans les années 2010 : 1600 logements dans des immeubles ovales (conçus pour ressembler à une souris d’ordinateur !) ; 18 bâtiments collectifs, dont le Temps des Cerises, un supermarché, une librairie, une boulangerie, etc. ; des équipements sportifs, des écoles, un lycée… et la DGGN (la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale), évoquée par Florian.   

Verdure, immeubles ovales connectés. © A. Bétry

Ce nouveau quartier se veut totalement écologique : l’école Louise Michel, par exemple, est construite en bois et en paille ; le chauffage urbain recourt à la géothermie : l’eau chaude provient directement du sous-sol grâce à deux puits creusés à plus de 700 mètres de profondeur ; la collecte des déchets s’effectue par pneumatique comme on a pu le voir.

Le jardin japonais. © PCB
Piétons et cyclistes sont prioritaires même sur la rue qui tourne autour des immeubles ; les chemins qui traversent le Fort sont bordés d’arbres fruitiers ; et un magnifique jardin japonais (ci-contre) où se mêlent l’eau, le bois et la pierre, borde la piscine feng sui Aquazema, où là aussi le bois et les formes rondes sont la norme.

Le Fort se veut aussi connecté, comme on peut le voir avec la fresque du passage piétonnier de la rue du Général Guichard : la spirale de Fibonacci (ci-dessous), œuvre de Mehdi Sibille, référence au nombre d’or et à l’informatique, comme l’explique si bien Pascale !

La spirale de Fibonacci. © M. Julien

Dernière étape
La découverte de ce quartier hors norme s’est terminée, pour certains, chez notre Historimienne Rose qui tient depuis un an un restaurant libanais, My Green Liban, installé à l’entrée du Fort dans une casemate (à droite sur la photo ci-dessous). Allez-y, vous y découvrirez des plats typiquement libanais et une bière artisanale venue tout droit du Liban - à boire avec modération, bien sûr !

L'entrée du Fort, côté rue du Fort. Le restaurant My Green Liban (à droite). © PCB