27 mars 2011

Simone et Robert Trellu : Issy dans les années cinquante

Simone et Robert Trellu
dans leur salon.
Simone est d’origine parisienne mais elle a encore en mémoire les souvenirs de sa mère qui venait voir un oncle qui habitait près du champ de manœuvres (à l'emplacement de l'actuel héliport, voir Val de Seine dans la rubrique les Quartiers) et regardait les avions qui y évoluaient. Ses parents travaillaient dans l’imprimerie.
Robert, d’origine bretonne, est le fils d’instituteurs bretonnants mais qui étaient des « Hussards noirs de la République ». Venu faire des études au lycée Henri-IV, il fait partie de la Résistance, Le Mouvement des Volontaires de la Liberté. Robert et Simone qui ont tous deux fait de brillantes études littéraires, se rencontrent lors d’un bal universitaire. Ils se marient, habitent Clamart avant de venir à Issy-les-Moulineaux. 



La rue de l'Egalité en 1951. Des terrains vagues, quelques arbres
(actuel square devant l'église Saint-Bruno). A l'arrière plan,
des maisons rue Erevan. Coll. Trellu
Ils peuvent y acheter un terrain pas trop cher, grâce à l'aide des parents de Robert qui veulent y séjourner une partie de l’année. Le terrain se trouve sur le plateau calcaire près du Fort ; il est à noter qu’un propriétaire précédent en avait vendu la terre arable ! La vue sur la plaine, l’environnement arboré, le calme d’une presque campagne, un petit marché hebdomadaire les attirent malgré la réputation d’une ville pauvre. Ils recréent non sans force brouettées, un jardin  et font construire une maison qu’ils occupent toujours avec bonheur.
Simone et Robert évoquent leurs souvenirs du quartier du Fort.
La rue de la Défense au milieu des années cinquante, a une ambiance méditerranéenne avec « ses bruits, ses senteurs, des chaises dans la rue, du linge aux fenêtres » . Elle est occupée par des Arméniens, des réfugiés républicains espagnols, des Portugais et des Italiens. Une épicerie italienne se trouve en bas de la rue ; une autre, orientale (Chez Papoun ), se trouve tout en haut. On entend de la rue le bruit des machines à tricoter.
Le Tir aux pigeons (qui n'existe plus) occupe un terrain entre les rues du Plateau (rue d’Erévan), la rue de l’Egalité et le boulevard Rodin. Il appartient au célèbre armurier parisien Gastine-Renette qui y accueille ses élégants clients venus en voiture de luxe. Malgré la clôture du terrain, le voisinage se plaint car les plombs de chasse retombent « comme grêle sur les pavillons alentour ». La clôture est alors surélevée par des pare-balles de lames horizontales hauts de vingt mètres.
L’effondrement du terrain sur les carrières en face du cimetière se produit dans les années soixante. Les grands immeubles qui y sont maintenant s’appuient sur des piliers de béton dont la hauteur est supérieure à celle des tours car ils reposent sur une couche solide sous le niveau de la Seine !

Simone et Robert ont pris leur retraite de professeur de lettres et de directeur des ressources humaines. Ils aiment toujours autant leur quartier et apprécient les changements qui ont nettement amélioré leur commune. Ils profitent des services de proximité ou du centre-ville. Simone, grande voyageuse érudite, est une fidèle de la Médiathèque et de l’Office de Tourisme par exemple. Les bus sont leur moyen de transport favori. Ils accueillent avec joie leur famille qui habite le sud-ouest mais aussi leurs amis et les membres d’Historim. 

Robert dans son atelier. Photos P. Maestracci

Quelques mots sur Robert : depuis sa retraite, il est devenu un artiste qui a déjà exposé à plusieurs reprises. Sa générosité le pousse à faire essentiellement cadeau de ses œuvres à ses proches ou à ses admirateurs. Grâce à sa profonde érudition, il s’inspire de peintres qu’il admire mais sans jamais les copier. Son travail montre une véritable originalité. Il crée, cherche sans relâche pour encore progresser tout en  se renouvelant. Il peint sur bois après avoir déposé un enduit, utilise de l’acrylique mais aussi découpe, ponce, dessine. Le résultat est impressionnant.  
P. Maestracci et J. Brouillou

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