28 avril 2011

La guerre de 1870 et la Commune de Paris - chronique n°7

Le 19 avril, la Commune de Paris lance une Déclaration au peuple français, dans laquelle on peut lire « La reconnaissance et la consolidation de la République…L’autonomie absolue de la Commune étendue à toutes les localités de la France  [autonomie dans les domaines budgétaire, policier etc.] …La garantie absolue de la liberté individuelle, de la liberté de conscience et la liberté du travail. La lutte engagée entre Paris et Versailles est de celle qui ne peut se terminer par des compromis illusoires…Nous avons le devoir de lutter et de vaincre ». Cette énumération  comporte le rappel de principes ainsi que le désir de créer un État s’appuyant sur  une fédération de communes ; elle est aussi une déclaration de lutte à mort.
Le gouvernement versaillais se targue d’une armée de 45 000 hommes. Après s’être rendu maître d’Issy au cours de terribles combats, (voir les trois témoignages dans la rubrique Commune),  de Boulogne, de Vanves, il engage le 22 mai le combat de rues à l’ouest de la capitale. 

Barricade de la place de la Concorde. © XDR
Cette barricade érigée devant l’Hôtel de la Marine, à l’intersection des rues Saint-Florentin et de Rivoli, est la plus importante de Paris. Précédée d’un fossé sur la place de la Concorde, elle est reliée à la Terrasse des Feuillants. Son concepteur, visible au premier plan, la jugeait imprenable. Elle fut contournée par les Versaillais.




 La progression se fait au cours de la « Semaine sanglante ». Les affrontements sont acharnés ; de nombreux bâtiments sont bombardés ou incendiés, dont les palais des Tuileries et du Quai d’Orsay, l’Hôtel de Ville où brûle l’état-civil des Parisiens. En représailles, la Commune ordonne la démolition de la maison de Thiers près de la place Saint-Georges, dans le IXe arrondissement de Paris.
Dès le 25 mai, Thiers proclame : « Nous sommes maîtres de Paris sauf une très petite partie… Nous aurons certainement 18 à 20 000 [prisonniers ]….L’armée a été admirable [et ] a essuyé très peu de  pertes ». Le 27 mai,  les derniers combattants de la Commune sont fusillés au Père-Lachaise devant le Mur des Fédérés.

Les ruines de l'Hôtel de Ville. ©XDR

 L'intérieur a beaucoup souffert des combats, comme le montre cette vue de la Cour des Bureaux. Les murs sont restés debout malgré l’incendie et il est possible de discerner à gauche les restes d’un escalier.





 Dès le 28 mai, commence la répression judiciaire organisée par vingt-six conseils de guerre. Les exécutions vont durer jusqu’en 1873 ; il y aura plusieurs milliers de déportations en Nouvelle-Calédonie, dont celui de Louise Michel. Fin août, Thiers devient président de la République.
Certains bâtiments seront reconstruits dans les années suivantes sauf ceux liés au souvenir de Napoléon III, tels le palais des Tuileries ou le château de Saint-Cloud. Quant à celui des Conti à Issy, il ne fut pas restauré ; seule sa façade fut rachetée par Rodin qui la fit démonter et remonter dans sa villa à Meudon. Mais c'est une autre histoire qu'Historim vous racontera à l'automne.
La ville de Paris subit un siège avec censure et couvre-feu  pendant cinq ans. La capitale aura un statut spécial jusqu’en 1977. P. Maestracci

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