21 avril 2011

La guerre de 1870 et la Commune de Paris - chronique n°6

Les Communards qui tiennent le fort d’Issy essaient le 3 avril de prendre la redoute de Meudon aux mains des Versaillais. Ces derniers, pour se défendre, bombardent le fort et le village mais également l’enceinte de Paris et le quartier du Point-du-Jour, à Boulogne. Augustin Avrial, valeureux combattant du fort d'Issy en laisse un témoignage émouvant (voir rubrique La Commune). 

La redoute de la route des Moulineaux. ©XDR
L’armée versaillaise s’empare d’abord du village des Moulineaux qui protégeait l’accès au fort d’Issy. Les Fédérés, abrités derrière des tranchées et malgré leur fusillade nourrie, ne tiennent que jusqu’au 29 avril. Les Versaillais bombardent le quartier du Point-du-Jour à Boulogne à partir d’une batterie installée sur l’Ile Saint-Germain, avant de traverser la Seine dans la nuit du 8 au 9 mai. En même temps, ils s’avancent vers le cimetière et le parc du château et encerclent alors le fort tenu par les Fédérés.


 Fin avril, les Versaillais s’emparent des Moulineaux ; ils prennent position au cimetière et occupent les tranchées. Ils encerclent le fort d’Issy mais son responsable, le général Eudes, refuse de se rendre avec ses hommes.
Le général Eudes. © XDR

  
Journaliste proche de Blanqui, Emile Eudes (1844- 1888) est élu en mars membre de la Commune puis il assure la défense du fort d’Issy d’où il est contraint de partir. Il prend une part active à la défense de la Commune avant de s'enfuir fin mai en Suisse. Il revient en France en 1880 grâce à l’amnistie et y reprend une activité politique.





 Le 2 mai, le moulin  de Pierre, à Clamart, est pris par les Versaillais après un combat acharné. Le Moniteur officiel évoque : « la garnison décimée par les projectiles qui avaient rasé les casernes, effondré les casemates et détruit les épaulements ». L’évacuation du fort a lieu à la mi-mai, les 18 et 19. Les Versaillais s’en emparent ainsi que du fort de Vanves. « On peut évaluer à 8 000 hommes le nombre de Fédérés répandus dans les villages d’Issy et de Vanves et qui prirent part à la lutte acharnée qui , de maison en maison, de rue en rue, dura jusqu’10 heures du soir. Malgré le courage déployé par les Fédérés, courage qu’on ne peut leur nier, ils durent céder à l’élan des soldats» (Moniteur officiel, 9 mai ).

Le fort en ruines. © XDR
 Alors que les combats font rage dans le village, le fort est bombardé sans répit par douze batteries. Sa garnison forte de 1 200 hommes ( ou près de 3 000 selon une autre source) diminue de plus de la moitié. Le 8 mai, dernier jour de l’assaut, les Fédérés abandonnent leur position intenable en empruntant une tranchée reliant le fort à l’arrière. « A onze heures du soir, le dernier homme, un capitaine, quittait cette ruine que le bombardement, il faut le dire, rendait intenable , et le fort se trouvait à la merci de l’armée [ versaillaise] »
L’illustration du 17 mai montre le fort après l’évacuation.

  
Le 21 mai, l’armée versaillaise entre à Paris par le Point-du-Jour à Boulogne et la porte de Saint-Cloud. Dès le lendemain, une lutte mortelle s’engage : c’est le premier jour de la « Semaine sanglante ». 
A en juger par la séance du conseil municipal du 8 juin, Issy a payé un lourd tribut. De nombreux bâtiments sont endommagés aussi bien le château des Conti que l’église, le Couvent des Oiseaux (actuel Hôtel de Ville), les Ménages (hôpital Corentin Celton) sans oublier le cimetière. P. Maestracci

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