26 avril 2011

Mme Barthélémy, 50 ans dans les Hauts d’Issy

Mme Barthélémy dans son salon.


Isséenne depuis un demi-siècle, Mme Barthélémy
est passionnée par son quartier des Hauts d’Issy.
Mère et grand-mère fort active,
elle consacre une partie notable de son temps
à des activités bénévoles.




Marie-Thérère (Maïté) Barthélémy est d’origine aveyronnaise ; son nom de jeune fille est Pelou, ce qui signifie « bogue de châtaigne ». Son grand-père, compagnon du Tour de France en tant que maréchal-ferrant, participa à ce titre à la guerre de 14/18 ; mais, considéré comme été resté « à l’arrière du front », il n’eut pas droit à la retraite d’ancien combattant. Sa grand-mère Louise est employée comme cuisinière dans un château aveyronnais. Son père Pierre est ingénieur chimiste dans un laboratoire (devenu un musée) à Decazeville. Sa mère Augusta Frayssinet travaille de 14 à 24 ans dans un atelier de jeunes filles où sont réalisés des tapis de haute lisse d’Aubusson.
Mme Barthélémy fait ses études à Rodez et réussit le concours PTT (Poste, Télégraphe et Téléphone), ce qui lui permet de « monter » à Paris où sa grand-tante (1886-1983) l’héberge. Celle-ci a tenu Le Réveil du XVe, café situé au 108 rue Falguière. Son grand-oncle et parrain (1882-1956), Paulin, « gueule cassée » de la Grande Guerre, a été conducteur sur la ligne de transport Madeleine/Bastille. Mme Barthélémy, tout en travaillant aux PTT, encadre l’été des adolescentes dans des camps.
Elle épouse un postier, Philippe Barthélémy. Le jeune couple reçoit un peu d’argent des parents, ce qui lui permet d’acheter un réfrigérateur et une commode. Il s’installe en 1960 à Issy-les-Moulineaux dans un tout petit appartement dans un immeuble de briques des années 30 conçu par l’architecte Colomb, spécialiste du béton armé. Celui-ci l’a ensuite vendu aux grands oncle et tante de la mariée. En 1962, Maïté et Philippe sont détachés neuf mois par les PTT pour gérer un camp destiné aux familles de postiers rapatriées d’Algérie.


M. et Mme Barthélémy ont trois enfants : Christophe, professeur d’histoire au lycée français de Moscou ; Laurent, chef de site sur un bateau pétrolier au large des côtes d’Afrique ; et Marie-Laure qui travaille dans le tourisme. Ils ont cinq petits-enfants. La famille a la douleur de perdre Philippe en avril 2007.
Sa générosité est l’une des nombreuses qualités de Mme Barthélémy. Ayant pris sa retraite comme mère de famille nombreuse au bout de quinze ans de service actif, Maïté en profite pour aider les autres. Elle milite dans une association de parents d’élèves, s’occupe de catéchèse mais aussi de la décoration florale de l’église Saint-Étienne. Elle fut suppléante au Conseil municipal. De nos jours, elle s’occupe du libre service social.
Très adroite de ses mains, elle est adhérente de l’association ALC (Accueil Loisirs Culture) et aime les loisirs créatifs : couture, encadrement, art floral. Elle en a gardé des amitiés qui lui sont chères et certaines de ses réalisations ornent sa demeure.

Le laboratoire Jacques Logeais (années 1930).
Madame Barthélémy est un aimable cicerone qui a grand plaisir à faire mieux connaître son cher quartier des Hauts d'Issy.
Elle commence par l’artère centrale, appelée avenue du Bois dans les années 1930, puis avenue de Clamart avant d'avoir son nom actuel : avenue du Général de Gaulle ; elle se pare de rose au printemps grâce aux cerisiers du Japon. Au bas de l’avenue, dans la partie vanvéenne, existait une ferme jusque dans les années 1960 et l’on y allait chercher du lait frais. Non loin se trouve encore la Villa Quincy, ensemble de maisons dans un parc privé, lotissement d’un riche poissonnier pour ses enfants.
Dans la partie isséenne, il ne reste plus qu’un bâtiment typique des années 1930, propriété du laboratoire pharmaceutique Jacques Logeais ; le portail de la résidence en garde encore le nom en lettres métalliques. En revanche, le parc du laboratoire a perdu ses trois cèdres lors de la construction d’immeubles d’habitation. Sur le même trottoir se trouve une maison conçue par Hector Guimard et, toute proche, la demeure d’Henri Matisse (voir Personnages-clés). Un autre artiste, Jacques Madaule habitait rue Baudin.
La rue Jules Guesde est une autre artère notable. Les Bains-Douches devant les serres de la ville ont été remplacés par le Trésor Public. Ont disparu aussi le verrier Eric Bonte, l’entreprise de bois Starck à l’angle de l’avenue du Général de Gaulle. Mais aussi les commerces de proximité : plusieurs épiceries, une charcuterie, le café des Trois Marches (actuellement une pharmacie) situé en face de l’église Saint-Étienne. Plus de maraîcher non plus avenue de la Paix pour vendre poireaux, oseille ou salades !
P. Maestracci

 


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Tout est vrai, nous avons une maman très généreuse. Nous avons toujours été choyés.
Je suis très fier de ma maman.