24 mars 2012

Le collège Saint-Nicolas d’Issy - élève Jean Keymeulen

"Je suis né en 1922. Mes parents étaient commerçants grainetiers à Issy (la maison et la grange se trouvaient sur l’actuelle place de la fontaine). N’ayant guère le temps de s’occuper de moi, ils me confient au collège voisin Saint-Nicolas où j’entrais en 1933 et qui était alors un internat de garçons. Le collège, tenu par les frères des Ecoles chrétiennes, accueillait environ mille élèves répartis en quatre divisions, chacune étant sous l’autorité d’un « frère ». Il n’y avait de professeur que de français et de mathématiques !... mais aussi de musique et de gymnastique. 
L'entrée du collège aujourd'hui.
© A. Bétry
Nous portions l’uniforme : l’un pour tous les jours, constitué d’une blouse « à la russe » avec un ceinturon et l’autre, dit de sortie fait d’un veston bleu marine à boutons dorés et d’une casquette… que l’on se procurait à la Samaritaine puis au Bon Marché (Madame Boucicault, propriétaire du grand magasin soutenant financièrement l’école !).
La discipline y était très stricte, définie dans un règlement intérieur précis, mais parfaitement accepté par les élèves. Les sorties du dimanche dépendaient des notes de travail et de conduite selon un barème « compensatoire » (une mauvaise note en début de semaine pouvait être effacée par une bonne note en fin de semaine !). Des croix du mérite étaient distribuées pour chaque matière.
Le dortoir était immense, contenant les 250 élèves de chaque division ; le linge était entièrement fourni et nous avions l’obligation d’une douche par semaine (ou d’un bain de pieds si contradiction !). L’infirmerie et la lingerie étaient assurées par des religieuses - les sœurs de la Sainte-Croix venus du Puy-en-Velay. Un coiffeur, un cordonnier, un tailleur… et même une « baraque » à bonbons étaient en permanence présents dans l’établissement. En récréation, les jeux étaient obligatoires et décidés par le « frère inspecteur » : échasses, corde à sauter, billes. 

Au réfectoire, la lecture était habituelle. L’usage des pupitres était particulier : il fallait y chercher à tâtons les objets rangés selon un ordre précis car il était interdit de les ouvrir complètement… nous aurions pu nous cacher derrière !
Le jeudi après-midi était jour de promenade : par groupes de 250, en rang par trois ; nous partions à pieds jusqu’aux étangs de Clamart.
L’activité culturelle comportait du théâtre et surtout la fanfare. Celle-ci, dite « la batterie » était dirigée par un certain Gabriel de France (tambour-major de la Garde républicaine) et participait à divers concours de fanfares. Elle exista jusqu’en 1939, j’y jouais du tambour.
Coll. Particulière.

Sur le plan religieux, la chapelle aux « 44 000 ardoises » (ci-dessus), construite avec le deuxième bâtiment du collège vers 1890, contenait les mille élèves, les professeurs et le personnel. Elle était animée par deux aumôniers ; la messe était obligatoire le dimanche. La devise du collège était « Aime Dieu et va ton chemin ». La chapelle fut détruite plus récemment pour laisser place à la résidence des Hespérides. Quant aux festivités, je me souviens de la fête de Saint Nicolas marquée par la représentation théâtrale des élèves ; la fête de la division avec le déjeuner du directeur ; la fête annuelle de la gymnastique ; et la procession de la Fête-Dieu dans le parc du collège. 

Devant le collège en 1939.
Coll. particulière.
Durant la Deuxième guerre mondiale, l’école fut fermée en raison du risque de bombardement du terrain d’aviation et des usines Renault très proches. Elle devait servir d’hôpital militaire, comme en 1914-1918… mais jamais aucun blessé n’y fut hospitalisé. 
Je dus quitter le collège en 1939  pour n’y revenir qu’en 1946, à sa réouverture… comme professeur de mathématiques et surveillant. Depuis, je n’ai plus quitté l'institution, depuis ma retraite à 65 ans et encore aujourd’hui, dans ma 90e année, j’y assure des permanences quotidiennes à l’accueil. "Propos recueillis par Denis Hussenot.

Coll. particulière.




Parmi les anciens élèves, on retrouve Louis Ganne ( 1862-1923) - photo à droite, avec son frère, portant l'uniforme de Saint-Nicolas -, compositeur et chef d’orchestre célèbre pour sa Marche lorraine et son opérette les Saltimbanques ; les fils de Joséphine Baker et aussi les comédiens Roger Carel et Alain Delon.


20 commentaires:

Anonyme a dit…

bonjour monsieur Keymeulen,

j'ai des photos de classe de mon père BIGAS HERAS JEAN Né en 1921 ayant fréquenté le collège saint nicolas dans les memes années que vous, peut etre l'avez vous connu ?
mon téléphone 06 89 57 89 04
cordialement

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je pense que c'est vous que j'ai eu comme surveillant dans les années 1970. A cette époque j'étais dans la classe du Frère Michel et Nounous était notre responsable d'internat. Je vous revois très bien avec vos stylos et votre petit carnet pour marquer les colles du week-end ......... Costume bleu petite cravate bleu et chaussures noires à fermetures éclaires. Je peux vous l'avouer maintenant j'avais réussi à vous voler votre petit carnet car mon nom était noté pour une colle ....... Mea culpa !!!!

Anonyme a dit…

Monsieur Jean Keymeulen est décédé le lundi 16 décembre 2013. Une très grande page se tourne. Il a été très entouré pour son dernier voyage, et a reçu les honneurs de son directeur actuel et du président des anciens de Saint Nicolas, ils en aurait été très fier! Ce Collège était toute sa vie! Merci à tous pour lui. De là haut, il nous sourit...

Anonyme a dit…

PascalFONTAINE. J'ai connu Jean Keymeulen en 6eme en 1975/1976. Je me souviens très bien de lui, d'André FAURE et Moïse LAURENT (décédé en 1985).
Son frère avait repris la boutique de graines et d'horticulture.

Anonyme a dit…

Bonjour, j'ai également connu le Frère Keymeulen, il était notre surveillant général en 6ème. Je me rappelle des punitions qu'ils mettaient "au frigo" et des tours de cours en tenant chacun un pan de sa gabardine durant la récréation de l'après déjeuner. Un homme bon qui remplaçaient l'éventuelle colle du samedi par ces fameux tours de cours.. Hervé Chaplain

Unknown a dit…

il y avait également une grainerie Rue du Faubourg du Pont neuf à Poitiers. Arnaud Charpentier

Unknown a dit…

Ayant fréquenté St Nicolas de 1954 à 1959 (1), j'ai apprécié Michel Keymeulen comme professeur de mathématiques en 7e A. Même déjà à cette époque il avait son fameux carnet où il notait les punitions avec un petit crayon.Malheur à celui qui qui n'avait pas exécuté les 50 lignes:"je ne battrai plus à la récré" il tapotait son carnet tout en pointant son doigt vers le fautif et déclarait avec son petit sourire narquois et amusant: "Ma punition" si on avait le malheur de se défiler avec : "J"ai pas eu le temps Monsieur" alors il répondait 100 fois pour demain".C'était efficace, mais il serait difficile de nos jours d'appliquer cette politique bon enfant.

C'était aussi un excellent professeur qui avait l'art de nous faire comprendre simplement la règle de trois ou la formule de la surface du cercle et tout ce qui était rébarbatif à nos âges: les trains qui se croisent ou les baignoires qui se vident !....

Habitant au Canada, Je ne l'ai jamais oublié et lui ai rendu visite à 3 reprises lors de mes visites en France. Evidemment tout avait changé: externat, décor, mixité etc... moi aussi du reste puisque j'aborde ma 74e année, oui la roue tourne !

Il est resté et restera un personnage irremplaçable même si il a été remplacé. Si le ciel existe j'aimerais l'y retrouver !...


(1) Il y avait les frères : Léon, Vincent, Nézar qu'on appelait les popos !Je me souviens aussi de Mr. Leleu.
Il me fera plaisir de suivre ce blog au fil des semaines à venir pour y découvrir d'autres témoiugnages.

Bonne continuation à cette institution St Nicolas qui fait du bon travail

Didier Aumond (precorbin@gmail.com)

Unknown a dit…


Dans mes souvenirs il etait surveillant general.Tres correct mais severe.

Durant mes passages a Paris je l'ai rencontre et j'ai garde un souvenir tres personel de sa silencieuse presence

Andre Karabinis
Promotion Bourvil 1970
Saint Nicolas de 1963-1970
Medecin-Athenes
karabinis291@hotmail.com

Unknown a dit…


On a une certaine nostalgie de cette époque ( 1954 à 1959)
A St-Nicolas les cours de récréation étaient divisées en 4 sections des petits aux grands.L'uniforme et la casquette s'achetaient à la Samaritaine et était obligatoire pour tous.
La discipline stricte car les internes redoutaient de ne pas retourner à la maison le dimanche et ainsi être condamnés à recopier des passages de livres.Un suveillant supervisait l'avancement toutes les heures pour ne pas qu'on se relâche !
Jean Keymeulen était très intuitif: quand il sentait que les élèves étaient énervés ou que l'atmosphère était électrique il nous conduisait dans la cour de récré pour nous faire faire plusieurs tours ce qui nous calmait et nous rendait tous attentif.
Il a été un maître complet qu'on ne retrouve plus de nos jours, eh oui c'était un autre temps
Au plaisir de lire d'autres témoignages
D.Aumond

Claude Laporte a dit…

je viens de regarder ces commentaires et me plonge dans le passé.Mon grand père a été élève ainsi que mon père et deux de mes frères.Quant à moi,j'ai été élève durant quatre ans et fut renvoyé du collège étant réfractaire et contestataire aux punitions.

Unknown a dit…

Bonjour à tous,
je m'appelle Thierry Drocourt, je suis de Dijon. Je n'ai pas fréquenté cette institution. C'est pourant un grand plaisir que je suis le témoignage de monsieur Keymeulen ainsi que tous les commentaires s'y rapportant. Ces souvenirs d'enfance et d'école sont tout ce qui nous construit et auxquels on se rattache parfois avec émotion et nostalgie.
Je suis auteur et travaille sur la biographie d'enfance d'Alain Delon qui a fréquenté cet établissement au milieu des années 1940 (au sortir de la guerre) Je suis donc à la recherche non seulement de témoignages dont il pourrait être le sujet mais également de photos personnelles de chacun d'entre vous que vous auriez gardé précieusement de la vie à l'intérieur de l'institution à cette époque. Une photo de classe de cette époque mais aussi du réféctoire, du dortoir, de la cours de récréation...me comblerait!!
je travaille également sur Buzenval et Igny..
N'hésitez pas à me joindre ou à me laisser un mail si des fois mon appel vous interpelle.
C'est avec une grande joie que je vous accueillerai.
Mon téléphone: 0629813410
Mail: drocourt.thierry@neuf.fr
Merci à chacun d'entre vous et au modérateur.:-))

Anonyme a dit…

Bonjour à tous,
je m'appelle Thierry Drocourt, je suis de Dijon. Je n'ai pas fréquenté cette institution. C'est pourant un grand plaisir que je suis le témoignage de monsieur Keymeulen ainsi que tous les commentaires s'y rapportant. Ces souvenirs d'enfance et d'école sont tout ce qui nous construit et auxquels on se rattache parfois avec émotion et nostalgie.
Je suis auteur et travaille sur la biographie d'enfance d'Alain Delon qui a fréquenté cet établissement au milieu des années 1940 (au sortir de la guerre) Je suis donc à la recherche non seulement de témoignages dont il pourrait être le sujet mais également de photos personnelles de chacun d'entre vous que vous auriez gardé précieusement de la vie à l'intérieur de l'institution à cette époque. Une photo de classe de cette époque mais aussi du réféctoire, du dortoir, de la cours de récréation...me comblerait!!
je travaille également sur Buzenval et Igny..
N'hésitez pas à me joindre ou à me laisser un mail si des fois mon appel vous interpelle.
C'est avec une grande joie que je vous accueillerai.
Mon téléphone: 0629813410
Mail: drocourt.thierry@neuf.fr
Merci à chacun d’entre vous et au modérateur.

Laigneau Richard a dit…

Quelle heureuse surprise. Tout cela fait ressurgir une grande nostalgie malgré une seule année passée en internat en 1959/1960. Mon uniforme a été mon premier qui plus est "sur mesures". Il a été taillé à la Belle Jardinière. C'était en 1959/1960, j’appartenais à la 3ème division. Ma plus grande fierté était de revenir à la maison le dimanche matin avec les deux croix épinglées à l'uniforme. La verte pour le français et la rouge pour l'arithmétique. Je me souviens aussi des promenades du jeudi au bois de Clamart et des dolmens . Ainsi que la course à pieds durant les séances sport dans les allées du grand jardin situé à l'arrière ainsi que la vieille piscine en plein air et toujours vide.
Le dortoir était au premier étage avec le "pion" qui avait son coin avec rideaux.
Un autre souvenir qui reste marqué, celle du prêt d'une ceinture pour ma blouse grise par un gars qui était pourtant un dur à cuire. Bel était son nom de famille. Cette ceinture manquante m'aurait valu une colle.
Mon voisin de table d'école se nommait Blanquette.
La fête en l'honneur des pères blancs m'a aussi beaucoup marqué.
La cabane à bonbons apportait quelques douceurs bienvenues.
Rien de bien transcendant mais si important pour un gamin d'une dizaine d'années. Au revoir camarades de Saint Nicolas

Unknown a dit…

Montréal le 1er avril 2020

Je profite de ce 1er avril pour vous dire qu'à cette époque nous avions accroché un gros poissons d'avril sur le dos de la blouse de M.Kemeulen, professeur de maths en 7eA  et au moment où il s'apprêtait à écrire au tableau tout le monde a éclaté de rire.Heureusement qu'il avait le sens de l'humour !
 On attribuait des tâches à certains élèves. Celui-là devait sonner la cloche au début et à la fin de la récréation.Celui-ci devait signaler l'heure du repas à 19h30 le soir, en tapant 3 coups avec une baguette sur la porte de chaque classe. Au réfectoire les professeurs et certains popos (surnom des frères) avait le privilège de manger sur une estrade ce qui leur donnait une vue plongeante pour mieux surveiller les élèves.L'ambiance était ponctuée d'une interminable musique, principalement "le beau Danube bleu"!....
Le levé se faisait à 6h45 précisément et pas question de flémmarder au lit sinon on en était extirpé immédiatement, sans ménagement.J'ai eu, dans mon séjour l'occasion de faire deux voyages organisés.L'un en Italie (Bas-en-Basset-Nice-Savona-Gênes et Milan).L'autre à Lourdes.
Mon uniforme avait aussi été acheté à la Belle Jardinière au Pont -Neuf.Le magasin Thierry était aussi recommandé.Seule ma casquette subsiste comme relique! ainsi que quelques bulletins hebdomadaires délivré par le professeur: Blanc écriture dorée: tableau d'honneur;vert: passable et un dernier:médiocre
Mes meilleurs souhaits à la ligue dea anciens de St-Nicolas et de son Institution.
Didier (séjour de 1954 à 1959 à St-Nicolas)

Unknown a dit…

Voici quelques liens photos qui font du bien:

http://copainsdavant.linternaute.com/e/college-saint-nicolas-36522?type=photos&page=9

https://www.google.com/search?sxsrf=ALeKk030vTzf-ba3I1n7WonHmUSeVOfjeA:1585779069889&q=1959-1960+St-Nicolas+Issy-les-Moulineaux&tbm=isch&source=univ&client=firefox-b-d&sa=X&ved=2ahUKEwjFqZyxn8joAhXJmHIEHZTDCtkQsAR6BAgIEAE&biw=1200&bih=648

D.A

Unknown a dit…

Bonjour à ceux qui ont fréquenté St-Nicolas (Issy-les-Moulineaux)

Quelqu'un a-t-il une idée du pourquoi on a donné le mot "popo" en terme familier pour désigner les frères des écoles chrétiennes.Ainsi on disait souvent "attention voilà le popo".Serait-ce un diminutif de police, je ne sais pas !
D.A

Anonyme a dit…

mon oncle Frère François-Xavier VINCENT a été aussi DIRECTEUR de l'ECOLE SAINT NICOLAS , je n'ai pas en tête quelle année et quand à quand , j'aimerai beaucoup revoir des photos de mon oncle a cette époque ,si quelqu'un l'a connu et possède des photos merci d'en faire part

Unknown a dit…

Pour faire suite à l'anonyme précédent, j'ai été pensionnaire de St-Nicolas de 1954 à 1959 (Issy-les-Moulineaux).J'ai connu le frère Vincent qui je crois à l'époque était responsable de la 2e ou 3e division.C'était un très bon frère, il nous a accompagné en colonie de vacances (Bas-en-Basset;Nice;Savona;Milan), j'en ai gardé un excellent souvenir.J'ai quitté l'institution en 1959, alors il se peut qu'il est été nommé directeur après mon départ.Je chercherai si j'ai une photo de frère Vincent.
Cordialement
D.Aumond (d.aumond@gmail.com)

Unknown a dit…

Bonjour tout le monde.
C'est incroyable, je viens de tomber par pur hasard sur ce blog, après avoir passé tant d'années à chercher des anciens.
Car, je suis un ancien élève, des années 1961/1965 plus ou moins une année... Je crois que c'était la promotion Churchill.

J'ai retrouvé tant de souvenirs à vous lire... Comme si c'était hier, un peu de mémoire en moins!

Je me souviens de mes camarades Boursier et Daudet, des Frères Léon, Michel...
Pour ceux à qui ça peut servir j'avais le matricule 732 (facile à retenir)...

J'ai eu la chance où la tristesse de voir notre Saint Nicolas en cours de destruction, alors que je passais à Issy pour mon travail. Devant mon émotion, le chef de chantier à eu l'extrême gentillesse de ma prêter un casque de chantier et me laisser me promener à l'intérieur... J'ai pu y voir les restes de notre dortoir, de l'économat, quelques classes... Quelles émotions...

Je pense que lorsque l'on "a fait Saint Nic", on ne peut pas l'oublier...

Mon nom est Patrick GRAUBY
et mon adresse mail est inscrite je pense sur ce message...
Je n'aurais jamais cru parler à des "survivants" de cette époque...

J'ai hâte de vous lire....

Très confraternellement, Patrick GRAUBY

Unknown a dit…

Je vois que mon adresse mail n'apparaît pas.
Je vous la donne donc ici:
isapat3@gmail.com