3 mai 2011

Lissagaray et la chute du fort d'Issy

Lissagaray. ©XDR
Prosper-Olivier Lissagaray (1838-1901), pendant toute la Commune, use autant de la plume que du fusil. Il crée dès le 18 mars 1871 l'Action, un journal dans lequel il défend les communards et condamne le gouvernement.  Puis, c'est autour du Tribun du peuple de sortir sans interruption du 17 mai au 24 mai. Il réussit à s'enfuir à l'étranger et cinq ans plus tard, en 1876, il publie son Histoire de la Commune de 1871, le premier ouvrage de témoignages sorti sur ces terribles événements.
Voici ce qu'il écrit sur les combats dans Issy et la chute du fort qu'il défendit jusqu'au bout, armes à la main. Nous sommes le 1er mai : "l'orgueilleuse redoute n'était plus un fort, à peine une position forte, un fouillis de terre et de moellons fouettés par les obus. Les casemates défoncées laissaient voir la campagne ; les poudrières se découvraient ; la moitié du bastion 3 était dans le fossé ; on pouvait monter à la brèche en voiture. Une dizaine de pièces au plus répondaient à l'averse des soixante bouches à feu versaillaises ; la fusillade des tranchées ennemies visant les embrasures, tuait presque tous les  artilleurs. Le 3, les Versaillais renouvelèrent leur sommation, ils reçurent le mot de Cambronne. Le chef d'état-major laissé par Eudes avait filé. Le fort resta aux mains vaillantes de deux hommes, l'ingénieur Rist et Julien, commandant du 141e bataillon - XIe arrondissement. A eux et aux fédérés qu'ils surent retenir, revient l'honneur de cette défense extraordinaire".
Le fort résista jusqu'au 9 mai.
Lissagaray défendit les barricades de Paris jusqu'au 24 mai. P.C.B.

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