13 juin 2013

Corentin Celton, fusillé au Mont-Valérien, en 1943

Alors que les membres de notre association se préparent à la visite des Petits-Ménages, découvrons qui est Corentin Celton, celui dont le nom a été donné - par décret du 9 février 1945 -  à la station de métro et à la maison des retraite, puis à l'hôpital rouvert en juin 2004.


Les Petits-Ménages, devenus l'hôpital Corentin-Celton.
Né le 18 juillet 1901 à Ploaré (Finistère), Corentin fait toute sa carrière dans l'Assistance publique : à l'hôpital Saint-Antoine puis à l'hospice des Petits-Ménages, à Issy-les-Moulineaux (à gauche). Mais sa mission de dirigeant syndicaliste est la plus forte, il se met donc en congé syndical. Dès 1925, il adhérait à la SFIC (Section Française de l'Internationale Communiste), l'ancien nom du Parti Communiste. Et jusqu'en 1939, il remplit plusieurs postes de dirigeant dans la fédération CGT des Services publics. Mobilisé en tant qu'infirmier à la 7e Armée dirigée par le général Frère, sur le front belge, il fait preuve d'un courage exemplaire qui lui vaut la Croix de guerre. Démobilisé à l'armistice, il retrouve son emploi aux Petits-Ménages. Mais la direction générale de l'Assistance publique le relève de ses fonctions pour cause d'appartenance au Parti communiste.

La chasse aux communistes est devenue une priorité pour le régime de Vichy, depuis que le gouvernement Daladier a interdit en septembre 1939 le Parti, considérant ses membres comme des "traîtres à la patrie", après la signature du pacte germano-soviétique d'août : le 23, à Moscou, en présence de Staline, les ministres des Affaires étrangères, Molotov et von Ribbentrop, signaient officiellement le Traité de non agression entre l'Allemagne et l'Union soviétique.
Une police anti-communiste, la SPAC, est créée par Vichy, sous la direction de Charles Detmar, un militant d'extrême-droite. Il organise une véritable chasse aux communistes, passés dans la clandestinité et la résistance. Ces derniers, arrêtés par la police française, sont livrés aux Allemands. C'est le cas de Corentin Celton qui, dans la clandestinité sous la fausse identité de Pierre Le Meur, organise les Comités populaires dans les Services publics, sert d'agent de liaison entre les syndicalistes hospitaliers.

Sur la tombe de Corentin Celton, au cimetière de Ploaré (Finistère). © XDR 
Arrêté le 10 avril 1942, condamné à trois ans de prison à Clairvaux, transféré par la Gestapo à Fresnes, rejugé le 20 décembre, il est condamné à mort et fusillé au Mont-Valérien le 29 décembre 1943. Il y aura 70 ans. Il est enterré au cimetière de Ploaré. Sur sa tombe, une plaque offerte par le Syndicat de l'Assistance publique de Paris (ci-dessus), porte les derniers mots de Corentin Celton : "J'ai lutté pour un monde meilleur et cela reste ma fierté. Il ne me coûte pas de mourir puisque j'ai la certitude que la France vivra". PCB


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