6 novembre 2011

Hommage aux Poilus de 14-18

Comme le rappelle M. Christian Poujols, président de la 46e section de l’Union nationale des combattants d’Issy-les-Moulineaux, "le clairon devait sonner  à la 11e heure du 11e jour du 11e mois de l'année 1918. J'ai été frappé par la répétition des chiffres car c'est le 11e jour du 11e mois de la 11e année de ce siècle que nous allons commémorer l'armistice de la Grande Guerre. "


Chaque année, la municipalité rend hommage aux poilus morts durant la Première Guerre Mondiale, place du 11 novembre 1918, où le 11 novembre 2008 fut inaugurée une stèle à leur mémoire, à l’occasion du 90e anniversaire de la fin du conflit (photo ci-dessus).
Dans l’église Saint-Etienne (voir Patrimoine), il existe également une trace de ce lourd combat matérialisé par un vitrail. Celui-ci représente un poilu, un aumônier militaire à ses côtés et dans l’angle supérieur droit la représentation d’une cathédrale en flammes. Il s’agit de celle de Reims, ville martyre dont le joyau gothique fut fortement endommagé dès 1914.

Le célèbre journaliste Albert Londres dans le quotidien Le Matin, édition du 29 septembre 1914, raconte : "Elle est ouverte. Il n'y a plus de portes. Nous sommes déjà au milieu de la grande nef quand nous nous apercevons avoir le chapeau sur la tête. L'instinct qui fait qu'on se découvre au seuil de toute église n'a pas parlé. Nous ne rentrions plus dans une église.
"Il y a bien encore les voûtes, les piliers, la carcasse mais les voûtes n'ont plus de toiture et laissent passer le jour par de nombreux petits trous ; les piliers, à cause de la paille salie et brûlée dans laquelle ils finissent, semblent plutôt les poutres d'un relais ; la carcasse, où coula le réseau de plomb des vitraux n'est plus qu'une muraille souillée où l'on ne s'appuie pas.
"Deux lustres de bronze se sont écrasés sur les dalles. Nous entendons encore le bruit qu'ils ont dû faire. Des manches d'uniformes allemands, des linges ayant étanché du sang, de gros souliers empâtés de boue, c'est tout le sol. Comment l'homme le plus catholique pourrait-il se croire dans un sanctuaire !..."
Pour en savoir plus sur Albert Londres : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/guerre_14-18/reims_albert-londres.asp

Pour le programme du 11 novembre à Issy-les-Moulineaux : http://www.souvenirfrancais-issy.com/
Texte et photos Alain Bétry

3 novembre 2011

Se souvenir - Jeu

Où se trouve cette plaque commémorative, rappelant la déportation de plusieurs enfants de juifs de notre commune ? Une façon de ne pas les oublier… Réponse jeudi prochain, le 11 novembre.



© A. Bétry

2 novembre 2011

Quelle bête tête ! - réponse


Cette belle tête sculptée se trouve 63 rue du Général Leclerc, au-dessus de la porte d’entrée de l'immeuble. Le sourire semble quelque peu narquois en faisant ressortir les pommettes. Mais que représente-t-elle ? Si l’on regarde distraitement, on a l’impression de voir une femme. Mais il y a des moustaches ! Et puis, ce visage est environné de pommes de pin. Elle symbolise une divinité gréco-romaine de la nature.
La pomme de pin est l’attribut de divinités féminines : sa personnification, la nymphe Pithys, la déesse Cybèle ou, plus connue, la déesse de l’agriculture Déméter chez les Grecs ou Cérès chez les Romains (à l’origine du mot céréale). Elle peut également caractériser une divinité masculine. Dans ce cas, il pourrait s’agir du dieu Pan mais sans sa flûte ; cela semble assez peu probant. Il reste la possibilité de Sylvain, le dieu romain de la forêt. A moins qu’il ne s’agisse d’un vainqueur des Jeux Isthmiques, non loin de Corinthe, en l’honneur du dieu de la mer Poseidon. Le gagnant était couronné de pommes de pin, ce qui est le cas pour cette tête sculptée. Texte et photo : P. Maestracci

30 octobre 2011

Les Lalu, mère et fille, investies dans la Commune

Sportive et dynamique, Christiane - la fille - nous attend au rez-de-chaussée du foyer-logement où habite sa mère Madeleine depuis 2003. 

Parisienne de naissance, Madeleine a passé son enfance et son adolescence dans le 18e arrondissement où elle s’est mariée. Sa famille travaille dans la restauration, sa mère est employée dans les cantines des écoles de la ville. Elle passe son certificat d’études, suit une formation professionnelle rue Ganneron, est inscrite dans la section de corseterie orthopédique. Elle travaille chez Bernardon rue de la Pépinière dans le 9e, un atelier d’une dizaine de personnes.
La famille habite La Garenne-Colombes dans les Hauts-de-Seine où Madeleine demeure jusqu’en 2003 avant de rejoindre sa fille à Issy-les-Moulineaux et d’emménager à la Résidence du Parc. Là, « on s’amuse », dit-elle. Il est vrai que Madeleine a des semaines bien remplies : informatique le lundi, chorale avec Mireille le mardi, goûter le mercredi, couture et tricot le jeudi, scrabble tous les soirs. Autre temps fort, le gâteau d’anniversaire mensuel : moment convivial fort attendu. Elle tricote des couvertures pour bébé en jouant sur les couleurs des laines et participe aux chants avec l’école La Fontaine toute proche. Elle est tout à fait ravie d’habiter Issy-les-Moulineaux. Quand elle en a envie, elle va voir les canards, les canetons et la tortue du parc Jean-Paul II ou prend le TUVIM (navette gratuite) pour faire ses courses près de la mairie. Au fur et à mesure de la conversation, le passé resurgit chez Madeleine, sous l’œil attendri de sa fille qui la chouchoute et veille discrètement sur son bien-être. 

Christiane ne s’est guère éloignée des bords de Seine où elle est née. Elle suit des études de comptabilité et de secrétariat au collège Paul Painlevé de Courbevoie, ce qui lui permet de travailler ensuite aux lycées de Courbevoie puis de Suresnes, avant d’aller à l’ENNA (Ecole Normale Nationale d’Apprentissage), dans le 16e arrondissement. A la création des IUFM, elle est nommée à sa demande au siège de Versailles. Elle réussit les concours successifs de la fonction publique et gravit les échelons d’une carrière qu’elle termine au CNEFEI (Centre National d’Education et de Formation pour l’Enfance Inadaptée) à Suresnes, au pied du Mont-Valérien. Ses rencontres professionnelles et ses contacts avec les handicapés lui ont beaucoup appris. Elle dit sa soif d’apprendre et de servir les autres : « Je suis une femme de devoir et d’action ». 

Elle se consacre à de nombreuses activités  et participe à des séjours sportifs (souvenirs de sa jeunesse) avec la MJC et à de la randonnée avec l’association Chemin d’Issy et d’Ailleurs.  Membre de la MJC/Espace Icare depuis 1974 (pour le dessin et la peinture), elle participe au chantier de la galerie Espace 31 et à celui d’une MJC au Sénégal. La vie culturelle, la notion de « ce qu’est un citoyen » lui ont été apportées grâce à la MJC dont elle occupe des fonctions importantes à titre bénévole. Elle a contirbué à la création de la première brocante rue de l’Egalité en 1985, limitée à ses débuts à une vingtaine de stands et devenue un temps fort de l’animation de la ville un dimanche de printemps.
Christiane Lalu a été conseillère municipale de 1983 à 2008. Son souci est de privilégier « les liens avec les gens » en étant très présente sur le terrain. Elle s’occupe du service Jeunesse et Sports avec énergie et passion. Elle part en Thaïlande en 2005 avec le Clavim et le comité de jumelage afin d’aider les victimes du tsunami. Cette expérience l’a marquée durablement.
Elle se trouve impliquée dans d’autres domaines : l’urbanisme, la ludothèque, la commission Handicap, la vie des femmes. « Tout doit nous intéresser » déclare-t-elle. Elle voyage beaucoup avec La Maison du Tourisme ; elle a énormément aimé la Chine mais a eu « le déclic pour l’Afrique et l’Inde ».
Elle est aussi un membre éminent du Conseil de quartier Centre Ville et du Comité de jumelage où elle s’implique avec son dévouement habituel. J. Brouillou et P. Maestracci

27 octobre 2011

Quelle bête tête ! - jeu

C'est avec cette magnifique sculpture que nous reprenons notre jeu le Nez en l'air afin de vous faire découvrir les merveilles de notre patrimoine. Notre ville regorge de ces bas-reliefs, plaques anciennes et autres objets architecturaux. Une photo en ligne le jeudi et la réponse le mercredi suivant. C'est parti pour un automne ludique !


© P. Maestracci


Une petite idée ? A jeudi prochain.

24 octobre 2011

La Brasserie des Moulineaux

L'entrée des usines. © Musée français de la carte à jouer.
C'est au 139 rue des Moulineaux (devenue avenue de Verdun), dans le quartier la Ferme-les Iles, que s'installe, en 1864 la brasserie de M. Vattel, rachetée en 1878 par la Société des Brasseries et Malteries de France. Et connue dans les années 1900 sous le nom de Brasserie des Moulineaux. Le site a été choisi pour son sous-sol : d'anciennes carrières utilisées comme caves de fermentation et de conservation ; et l'eau facilement utilisable grâce à un puits foré par l'entreprise Lippman, en 1893.

Coll. Cielmonsite.
Au fil des années et des agrandissements, l'usine s'étend alentour. Sa production double entre 1908 et 1918 et atteint une moyenne de 60 000 hectolitres par an. Le nombre d'employés augmente également passant de 120 en 1903 à 220, le maximum, en 1936, date à laquelle l'entreprise connaît de gros problèmes financiers qui entraînent sa fusion avec la brasserie Karcher en 1938 puis sa cessation en 1941.

Coll. Cielmonsite.
Plusieurs marques sortent des hangars : Bière des Moulineaux, Grütli, Grütli Pils, Bière bock, Bock supérieur, Grande Conserve. En 1900, à l'Exposition universelle de Paris, comme dans toutes les expositions précédentes où des concours permettent aux plus méritants d'obtenir une récompense, la Brasserie des Moulineaux gagne la médaille d'or. Après la Seconde Guerre mondiale, les bâtiments sont rachetés, transformés pour être finalement démolis en 1981. Des logements ont été construits à leurs emplacements. PCB

Il nous reste aujourd'hui des souvenirs inestimables grâce à un superbe site, dont sont extraits deux documents qui illustrent ce petit texte. Pascal, collectionneur d'anciennes bouteilles de bière, glane depuis dix ans tout ce qui touche au patrimoine brassicole français des années 1900. Il est à la recherche d'ailleurs d'une bouteille de la Bière du Grütli. Cherchez dans vos caves et laissez vos coordonnées ! Merci d'avance pour lui.
http://cielmonsite.pagesperso-orange.fr/biere/informations.htm

20 octobre 2011

Le siège éjectable du baron d'Odkolek au-dessus d'Issy

L'expérience au-dessus d'Issy. ©XDR
Grande première au-dessus du champ de manœuvres d'Issy-le-Moulineaux, le 12 décembre 1912 : un mannequin du poids d'un homme, équipé d'un parachute, est éjecté d'un avion en vol à l'aide d'un petit canon. Cette invention vient à point nommé après une année 1911 catastrophique pour l'aviation française. Sur 500 pilotes répertoriés, 34 ont trouvé la mort ! Conquérir le ciel, c'est bien mais pas à n'importe quel prix. 





Dans les hangars de la firme Astra. © Agence Rol.
Et c'est bien ce que pense alors ce génial inventeur - pas très connu - qu'est le baron Odkolek von Ujezd, un Viennois, officier de l'armée austro-hongroise qui a mis au point en 1893 les premières mitrailleuses automatiques. Il s'est installé dans les hangars de la firme de dirigeables militaires Astra, à Issy-les-Moulineaux, profitant des infrastructures en plein essor dans cette banlieue parisienne depuis que, le 13 janvier 1908, Henri Farman a réussi sur un biplan construit par les frères Voisin à effectuer le premier vol au monde motorisé maîtrisé.

Les essais. © Agence Rol.
Il travaille sur son projet en y incluant le parachute, déjà testé : dessiné par Léonard de Vinci en 1488, inauguré par André-Jacques Garnerin au-dessus du parc Monceau, à Paris, le 22 octobre 1797, expérimenté depuis un avion le 1er mars 1912 par le capitaine Albert Berry, au-dessus de Saint-Louis, aux États-Unis.

Ce 12 décembre 1912, c'est un succès total. Mais il faudra attendre encore trente-cinq ans et l'avion à réaction pour que l'usage de ce siège éjectable soit généralisé, sauvant ainsi la vie de nombreux pilotes. C'est le 9 juin 1948, en effet, que le lieutenant Robert Cartier, parachutiste d'essai de l'armée de l'Air, réalise la première éjection en vol sur le territoire français, à Brétigny.
En ce qui concerne l'utilisation du parachute, c'est en 1935 seulement que les premiers militaires français seront équipés et organisés. PCB

Pour en savoir plus sur l'histoire du parachutisme : Une aventure d'Hommes, les parachutistes http://www.atlante-editions.fr/uneaventuredhommes.html

16 octobre 2011

Des hommes préhistoriques dans la plaine d'Issy

Imaginez-vous ! Une forêt peuplée de cerfs et de sangliers. Des oiseaux chantent dans les futaies. Au loin, en bordure de Seine, à l'emplacement de l'actuel héliport, une fumée monte. Vous vous approchez silencieusement. Et vous entendez alors distinctement le bruit de pierres que l'on frappe l'une sur l'autre. Là devant vous, au lieu des immeubles modernes du Val de Seine, le long du périphérique, des hommes d'un autre âge affûtent leurs flèches.

Des fouilles archéologiques ont été entreprises, à partir de 2008,  rue Henry-Farman, à la limite du quartier Val de Seine et du 15e arrondissement de Paris, sur le site de construction d'un centre de tri de collectes sélective. Une découverte extraordinaire : c'est la deuxième fois (après les Closeaux, à Rueil-Malmaison) que l'on découvre, en région parisienne, des traces de chasseurs-cueilleurs du Mésolithique. Il y a 9000 ans, le climat est alors tempéré, la forêt a remplacé les steppes inhospitalières de l'ère glaciaire, le cerf et le sanglier ont succédé aux rennes et aux mammouths.Une équipe de préhistoriens de l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) a travaillé sur cet espace de 5000 mètres carrés, situé à l'origine le long de la Seine (qui coule aujourd'hui à 250 mètres du champ de fouilles). Des traces de ce bras du fleuve ont d'ailleurs été repérées sous l'héliport.

Percuteur en grès servant au débitage de lamelles
de silex (à dr.) et bloc de silex débité (à g.).
© Denis Gliksman, Inrap. 
Bénédicte Souffi, la responsable des fouilles, évoque la présence de plusieurs haltes de chasse temporaires : l'absence de structures d'habitat (trou de poteaux) plaide, en effet, pour une occupation de quelques jours seulement. Grâce notamment aux outils retrouvés : silex taillés (ayant servi à la confection de flèches - les chasseurs de cette époque utilisent l'arc), grattoirs et lames (ayant pu être utilisés pour le dépeçage du gibier et la préparation des peaux), elle peut conclure que ces peuplades venaient là pour trouver la matière première pour confectionner leurs outils. "Des fragments d'os permettront d'affiner la date de l'occupation et de déterminer quelles étaient les espèces chassées", confie-t-elle. On a même retrouvé des traces d'un foyer.
Hypothèse d'emmanchement des pointes de flèche
en silex sur une hampe. © Denis Gliksman, Inrap.

Pour en savoir plus, nous vous conseillons de vous rendre sur le site de l'Inrap :
http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Ressources-multimedias/Reportages-videos/Reportages-2008/p-2212-Paris-et-les-derniers-chasseurs-cueilleurs.htm