Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Margot. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Margot. Trier par date Afficher tous les articles

27 mars 2020

Cours de la Reine Margot à Issy-les-Moulineaux

Lors de la séance du Conseil municipal du jeudi 12 octobre 2017 deux choses importantes avaient été décidées :  la ville rendait hommage à la plus célèbre des Isséennes, Marguerite de Valois, la célèbre reine Margot, première épouse d'Henri IV, qui vécut à Issy de 1606 à 1615, en rebaptisant l'impasse Cloquet et en soutenant un grand projet hôtelier. Les choses avancent.

Cours de la Reine Margot
© PCB
L’impasse Cloquet change  de nom et devient, en 2019, Cours de la Reine Margot. Cette impasse Cloquet a eu longtemps mauvaise réputation malgré le voisinage de l’église Saint-Étienne. C’était un cul-de-sac peu attirant selon le témoignage d’habitants qui vivaient dans le quartier avant la dernière guerre, en particulier celui de Mme Éliane Tonnel-Marchand (à relire sur le site http://www.historim.fr/2017/10/eliane-tonnel-marchand-des-souvenirs.html ).

Cours de la Reine Margot. A gauche, l'église Saint-Étienne.
© P. Maestracci
Le mot de cours a été choisi pour remplacer celui d’impasse. Il fait sans doute référence au Cours-la-Reine, allée parisienne créée par la reine Marie de Médicis (la deuxième épouse de Henri IV) en 1616 entre les actuelles places de la Concorde et de l’Alma. Ce fut le lieu de promenade le plus couru de l’aristocratie. Le cours de la Reine Margot (ci-contre), lui, ne mesure même pas 100 mètres de long. Il longe le flanc sud de l’église Saint-Étienne qui fut jusqu’au XXe siècle la seule église paroissiale d’Issy. L’édifice actuel date du XVIIe siècle. Sur le trottoir opposé, il y a des logements sociaux dont l’entrée se trouve rue Jules Guesde. Une élégante maison à un étage ferme la perspective tout au fond, à côté d’une des entrées du chantier.

Domaine de la Reine Margot
Le futur Domaine de la Reine Margot - à la fois hôtel et restaurant de prestige -  se situe sur la propriété de la Solitude qui appartient à la Communauté des prêtres de Saint-Sulpice ; ceux-ci possèdent également le Séminaire, ancienne propriété de la reine Margot de 1606 à sa mort. La Solitude est louée à un groupe hôtelier par bail emphytéotique. Le Domaine de la Reine Margot se trouve paradoxalement sur un terrain qui ne fit jamais partie de la propriété de la reine mais qui la surplombe. Ce terrain fut acheté et bâti par les Sulpiciens au XVIIIe siècle. Cet ensemble, confisqué comme Bien national sous la Révolution, fut racheté en 1819 pour les Solitaires de la Congrégation, d’où le nom de La Solitude. Jusqu’à une époque très récente, ces bâtiments étaient utilisés comme maison de retraite pour les prêtres.

Entrée du chantier au fond du Cours de la Reine Margot. © P. Maestracci
Le projet en cours de réalisation a deux objectifs : la rénovation des bâtiments de la Solitude qui se dressent le long de la rue Minard (ci-dessous) et la construction de nouveaux édifices dans le jardin (ci-dessus). Le nom de La Solitude est occulté au profit de celui d’une reine toujours connue dans le monde entier, ce qui ne peut que plaire aux futurs touristes. P. Maestracci.

La rue Minard et, sur la gauche, la façade de La Solitude. © A. Bétry


25 mai 2018

La Reine Margot à l'honneur à Issy-les-Moulineaux

Marguerite de Valois, la célèbre reine Margot, fait partie de l'histoire d'Issy-les-Moulineaux, comme vous pouvez  le découvrir : http://www.historim.fr/search?q=Margot

La Reine Margot. © XDR
Historim regrettait qu'aucune rue, qu'aucun lieu porte son nom, rappelant ainsi son parcours dans note commune. ce sera bientôt chose faite. Lors de la séance du Conseil municipal du jeudi 12 octobre 2017 il a été décidé deux choses importantes.


Cours de la Reine Margot
L'impasse Cloquet, qui se situe le long de l'église Saint-Étienne et date du XVIIe siècle, sera baptisée Cours de la Reine Margot.


Hôtel de la Reine Margot
Le Foyer de la Solitude, situé 27 rue Minard, est un bâtiment un peu délabré, faisant partie du domaine des prêtres de Saint-Sulpice, installé dans la propriété que possédait la reine Margot à Issy. Voir notre article http://www.historim.fr/2011/02/le-pere-bonnet-et-la-solitude.html

Un complexe hôtelier 4-5 étoiles et une école d'application sous l'enseigne Ferrandi, qui prendra le nom de Hôtel de la Reine Margot, verra le jour d'ici deux ou trois ans.

La Solitude, côté jardin, futur Hôtel de la Reine Margot. © A. Bétry
C'est l'architecte Jean-Michel Wilemotte qui est à la manœuvre. 40 chambres seront aménagées dans l'ancien bâtiment de la Solitude et 30 chambres supplémentaires seront installées dans un bâtiment qui sera construit dans les jardins. L'hôtel accueillera également un restaurant gastronomique. Avec l'arrivée de l'enseigne Ferrandi, Issy-les-Moulineaux se positionne comme un haut-lieu de la gastronomie et de l'hôtellerie. Car un autre grand nom est déjà là. À suivre. PCB

13 octobre 2023

Domaine de la Reine Margot - de la Solitude à un hôtel 5 étoiles

Le 21 septembre 2023, par une belle fin d'après-midi, était inaugurée en grande pompe le Domaine de la Reine Margot, un hôtel 5 étoiles exploité par la marque MGallery du groupe Accor. Chambres luxueuses, spa, hammam et salle de fitness, restaurant gastronomique, jardins… un complexe hôtelier qui a su conserver le patrimoine de ce lieu historique, la Solitude, qui fut pendant des années la maison de retraite des prêtres du Séminaire Saint-Sulpice.

Le maire André Santini coupe le ruban donnant accès au Domaine,
en compagnie de Sébastien Bazin, PDG du groupe Accor. © PCB

Après des mois de travaux, sous la direction de l'architecte Jean-Michel Wilmotte, le Domaine ouvre enfin ses portes, une belle occasion pour Historim de constater que les bâtiments historiques que nous avions eu la chance de visiter en compagnie du Supérieur du foyer de la Solitude, le Père Bonnet, décédé en début de cette année, ont été conservés. En bien !

La Reine Margot. ©XDR

Rappelons que dans ce Domaine de  la Reine Margot, la reine Marguerite de Valois,  l'épouse du futur Henri IV (ci-contre), plus connue sous le nom de "reine Margot", n'y vécut pas. Elle demeura, certes, à Issy de 1606 à 1615, date de son décès, mais dans une superbe propriété située à l'emplacement du Séminaire Saint-Sulpice, juste à côté de la Solitude. 

On va vous donner quelques exemples de transformation des bâtiments, à commencer par l'extérieur avec l'entrée de la chapelle (ci-dessous).

La chapelle de la Solitude, avant. © A. Bétry
La chapelle du Domaine de la Reine Margot, après. © PCB

Puis le bâtiment principal (ci-dessous).

Avant. © A. Bétry

Après. © PCB
Quant à l'intérieur de la chapelle, avec ses nombreuses sculptures et ses vitraux, tout a été conservé… devenant un confortable lounge bar (ci-dessous).

Avant. © A. Bétry

Après. © PCB

Les jardins (ci-dessous) ont été aménagés en verger et en potager pour que le chef gastronomique Jean-Philippe Perol puisse y trouver de bons produits pour satisfaire ses clients.

Le verger. © PCB
Le jardin potager. © PCB


Enfin, tout proche de l'entrée, on retrouve le souvenir des terribles combats de la Commune  qui, en 1871, détruisirent la plus grande partie des bâtiments du XVIIe siècle : la célèbre Notre-Dame des Bombes (ci-dessous).

Avant. © PCB

Après.© PCB
L'ouverture est prévue le 24 octobre… et vous pourrez alors profiter des bons petits plats du restaurant prénommé "le Marguerite 1606" ! PCB.

17 novembre 2024

Sur les pas de la reine Margot


Ce samedi 16 novembre, jour de la sainte Marguerite, nos Historimiens avaient rendez-vous aves
Florian sur les pas de la reine Margot. Ce circuit avait pour objet de signaler l’importance qu’a pu avoir la Reine Marguerite de Valois dans la vie d’Issy à son époque, le début du XVIIe siècle - comme elle l’a encore de nos jours ainsi qu’en témoigne la fameuse « Servitude de la Reine Margot » stipulant « qu’il ne soit rien élevé arbres et bâtiments au-dessus de dix pieds » sur la propriété qui s’étend de l’autre côté de l’ancienne Grand’rue (actuelle rue du Général-Leclerc). Il y a quelques années, à l’occasion de la construction de la résidence Les Hespérides en 1998, cette servitude a en effet été rappelée fort à propos par la Compagnie de Saint-Sulpice qui en était devenue titulaire... 

Dans le parc du Domaine de la Reine Margot (hôtel 5 étoiles) © M. Julien. 


En route vers le Musée. © M. Julien
Le parcours nous a permis de littéralement mettre nos pas dans ceux de la Reine puisqu’il a emprunté une des plus anciennes rues d’Issy : la rue Minard (autrefois rue de la Glaisière) qui conduisait de l’antique « voie des hautes eaux » à la place de l’église Saint-Etienne, au cœur du vieil Issy.

Au cours des trois étapes principales qui jalonnaient la visite : le Séminaire de Saint-Sulpice ; le Domaine Reine Margot et le Musée Français de la Carte à Jouer. Sont ainsi soulignés les liens étroits qu’avait entretenus avec notre commune ce personnage hors du commun dont la conférence donnée par Didier Le Fur lors des dernières Journées du Patrimoine nous a appris à mieux connaitre la personnalité, plus riche et complexe qu’on ne le croit habituellement.

Florian à l'intérieur du Séminaire. © M. Julien

Samedi le propos, centré sur notre ville, s’est tout d’abord arrêté sur les circonstances de la venue à Issy de cette grande princesse de la Renaissance, en s’étendant sur l’acquisition qu’elle avait faite auprès de la famille Vaudétard de deux vastes propriétés appartenant l’une, l’actuel Séminaire, à Jean, « Orfèvre du Roi, Bourgeois de Paris », et l’autre, la future propriété des Conti, à son père, François.

Sur chaque site, pour satisfaire la curiosité de chacun, les bâtiments et leurs extensions, les jardins et leurs aménagements ont été décrits jusque dans leurs détails les plus significatifs, en se prêtant parfois au jeu de la lecture des documents d’époque, toujours pittoresques.
Ainsi a été rendu plus concret le cadre dans lequel s’est déroulée la vie isséenne de la Reine Margot. Les épisodes les plus connus en ont tout particulièrement été rappelés, notamment les visites que lui rendaient les membres de la famille royale : Henri IV 
et le futur Louis XIII, pour ne citer que les plus illustres.

Il convient pour conclure de remercier les responsables des trois établissements qui nous ont accueillis, sans lesquels évidemment ce parcours n’aurait revêtu qu’un intérêt incontestablement bien moindre. Florian Goutagneux.


Mosaïques de Patrick Laforge. © D. Hussenot


Et pour terminer cet après-midi, un arrêt au marché de l'Art isséen, qui se tient au Musée, pour découvrir les mosaïques de notre Historimien Patrick Laforge.

13 mai 2024

Grands propriétaires et noms isséens

 Dès le Moyen Âge, on connaît le nom de riches propriétaires, nobles ou ecclésiastiques à Issy et aux Moulineaux.

Si certains noms subsistent, il faut reconnaître que c’est une minorité.
Commençons par les noms qui n’ont pas été retenus.
Le roi mérovingien Childebert 1er n’apparaît pas directement mais le nom de la rue Clotilde est celui de sa mère, épouse de Clovis. 

Bâtiment de l’entrée de la propriété des Conti. 
Actuelle Galerie d’histoire du 
Musée Français de la Carte à Jouer, 
rue Auguste-Gervais. 




Le nom des princes de Conti, branche cadette des Condé et des Bourbons est juste cité sur la plaque de la rue de la Glacière. C’était une grotte conservant la glace toute l’année pour les menus princiers. Elle dépendait de  la vaste propriété des Conti de 1699 à 1776, entre l’actuelle rue Auguste-Gervais et le parc Henri-Barbusse. Le financier Nicolas Beaujon possédait deux fiefs isséens (la Gentillesse et le Bois-Vert, nom d’un actuel chemin). Il fit construire une magnifique demeure (à l’emplacement de l’Hôtel de ville) avant de la vendre en 1784 pour acheter l’Hôtel d’Évreux (Palais de l’Élysée) et créer un hôpital à son nom à Paris, rue du faubourg-Saint-Honoré. Deux maréchaux d’Empire ont possédé des propriétés ; la Ferme aux Moulineaux appartint à Berthier, prince de Neuchâtel et de Wagram, et l’ancienne propriété de Beaujon à Mortier, duc de Trévise. La famille de Menou, comte d’Empire, acheta l’ancienne propriété de La Haye.


À l’inverse de ces noms oubliés, des rues et des bâtiments ont été choisis pour perpétuer le souvenir de grands propriétaires. La plus illustre des Isséennes, la Reine Margot a une rue à son nom depuis quelques années. Cette première épouse du roi Henri IV est venue à Issy en 1606 chez Jean de La Haye qui possédait le fief Vaudétard. Séduite par le terrain en face de la demeure de celui-ci, elle le lui acheta. Cette partie du fief correspond à l’actuel Séminaire Saint-Sulpice ainsi qu’au parc Saint Jean-Paul II. La rue Vaudétard se trouve à proximité. 


Cours de la Reine Margot. 

Les vantaux du porche (non visible) de l’église Saint-Étienne sur la gauche furent offerts par Louis XIV et sa mère, d’où les fleurs de lys gravées sur le bois. 

Au fond du cours, c’est l’entrée du Domaine de la Reine Margot, hôtel 5 étoiles et restaurant Marguerite 1606, références à la Reine et à l’année de sa venue à Issy.


Un peu plus loin sur les hauteurs, le cours de la Reine Margot (ancienne impasse Cloquet) fait ironiquement écho au Cours-la Reine créé en 1616 sur la rive droite de la Seine par Marie de Médicis, seconde épouse de Henri IV. 

Le nom de certaines familles existe encore dans les noms de la Villa Marguerite et de la rue Delahaye (famille qui a reçu la reine Margot).

Les noms de deux communautés ecclésiatiques sont mis en valeur. Childebert 1er donna à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés des terres du Quartier latin à Issy en 558, date de sa mort. L’île Saint-Germain en perpétue le souvenir. Les Chartreux, à qui le chanoine Jean de Meudon donna la Ferme au XIVe siècle, sont évoqués dans le nom d’écoles, d’un gymnase et d’une médiathèque entre le tram et le quai. La Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice hérita de l’ancien  domaine de la Reine en 1676 pour former de futurs prêtres, c’est l’actuel Séminaire Saint-Sulpice, rue du Général-Leclerc.

Texte et photographies : P. Maestracci

18 septembre 2024

Journées du Patrimoine : la reine Margot en vedette !

 Comme tous les ans Historim s'investi dans les Journées du Patrimoine. Au programme cette année :

- Samedi 21 septembre - Visite des Archives de l’Eglise de France (exposition sur les 100 ans de la Fédération française de l’Eglise).
35 rue du Général-Leclerc ; horaire 10h-18h ; accès libre sans inscription préalable ; accompagné par notre Historimien Denis.
 

La reine Margot. © XDR

 - Dimanche 22 septembre
Rendez-vous cet après-midi au Musée français de la carte à jouer, 16 rue Auguste-Gervais, pour découvrir la reine Margot, personnage mythique de la ville d’Issy-les-Moulineaux qui s'installe dans la ville en 1606. 

-   15 h : conférence de l’historien Didier Le Fur, historien spécialiste des XVe et XVIe siècles.
-   16h15 : spectacle musical avec Pascale, Gérard et Aurélien, autour de Henri IV, de la reine Margot… et de ses excès : des fêtes, des amants, de bons repas  !

Venez nombreux… vous ne serez pas déçus. Entrée libre.
 

16 décembre 2020

Les traditions de Noël à Issy - La dinde de la reine Margot

 "Fêtons Noël comme il viendra, et ne ronchonnons pas. L'essentiel est de le fêter… ", écrivait Colette dans son livre les Quatre saisons, publié à partir de 1929  : "La fête est un état d'esprit plutôt qu'une frairie". 

Christophe Colomb. © XDR
Et quoi de mieux pour fêter Noël en ces jours moroses que la traditionnelle dinde, appelée à son arrivée en Europe dans les cales des caravelles de Christophe Colomb (ci-contre) : la poule d'Inde. Il la décrit comme "une grosse poule avec des plumes comme une sorte de laine" (ci-dessous). Rappelons que le navigateur espagnol pensait avoir débarqué, en 1492, en Inde !

La dinde devient vite un mets recherché par les nobles. Marguerite de Navarre (1492-1549) en élève dans son château d'Alençon ; au cours d'un banquet organisé par Catherine de Médicis (1519-1589), 70 dindes sont servies. 

Au siècle suivant, la dinde est au menu de toutes les grandes tables… dont celle de la reine Margot,  sans aucun doute, Isséenne de 1606 à 1615. Comme elle le sera certainement d'ici quelques mois à la table gastronomique du Domaine de la Reine Margot, cet hôtel 5 étoiles installé à l'emplacement de la propriété de la reine Margot. A cette époque, on sert la dinde, farcie de pigeonneaux, de palais de bœufs ou de truffes…


Au XIXe siècle, la dinde devient le plat traditionnel de la nuit de Noël… Le marquis de Cussy (ci-dessous), préfet du palais de l'empereur Napoléon Ier, auteur de l'Art culinaire, nous donne cette recette de dinde qu'il surnomme "dinde des artistes" :

"Faites un hachis de veau, de poulet, de perdrix, si vous en avez, ajoutez-y un quart de chair à saucisses ; faites cuire dans une eau bien salée, où vous avez introduit une feuille de céleri, quinze ou vingt beaux marrons de Lyon que vous pilerez et récurez en bouillie avec votre hachis. Joignez-y un bon boudin de table, que vous hacherez avec le reste. Mettez un bouquet de persil au centre de cette farce, que vous introduirez dans le ventre de votre dinde ; rétrécissez autant que possible l'orifice intérieur, dans lequel vous fourrerez un morceau de beurre salé et poivré ; mettez votre dinde à la broche, et ne l'en retirez que lorsque jailliront de son corps, comme d'un volcan, de petits jets de fumée qui indiqueront qu'elle est cuite à point”.

Une bonne idée pour ce réveillon 2020… autorisé. Voici quelques autres possibilité d'accompagnement  : du riz sous forme de risotto à la truffe ou aux morilles, et une purée à base de courge, de panais ou de céleri. Bon souper ! PCB

9 janvier 2015

Marguerite de Valois, la célèbre Isséenne

La jeune reine, peinte par Clouet.© XDR
On la surnomme la reine Margot (1553-1615), depuis qu'Alexandre Dumas en a fait l'héroïne d'un de ses romans, en 1854. Fille de souverain, elle est la septième enfant de Henri II et de Catherine de Médicis. Soeur de trois rois de France : François II, Charles IX, Henri III ; femme du futur Henri IV qu'elle épouse le 18 août 1572, elle scandalise par ses excès. Tant et si bien que son mari la relègue en Auvergne pendant dix-huit ans jusqu'à ce qu'elle accepte, en 1599, de se démarier - tout en conservant son titre de reine.

C'est en septembre 1606, fuyant la peste parisienne, qu'elle s'installe à Issy, dans une maison avec jardin (voir http://www.historim.fr/2011/02/la-reine-margot-en-son-logis.html).


Le nymphée. Séminaire Saint-Sulpice
d'Issy. © A. Bétry
Elle dessine le parc et fait installer des statues : des Vénus, des Muses, des Amours en marbre ou en pierre et se fait construire un nymphée, une grotte dont les murs sont couverts de coquillages, conservé en l'état dans le parc du Séminaire d'Issy.. Elle transforme les jardins. Elle y tient des salons champêtres, organise des ballets, aime se recueillir dans la petite chapelle.
Les critiques vont bon train : elle se farde trop, a pris du poids et lance la mode de vertugadin pour cacher ses rondeurs. Gédéon Tallemant des Réaux, gazetier fort connu mais qui ne connut pas personnellement la reine, raconte : « Elle devint horriblement grosse, et avec cela elle faisait faire ses carrures et ses corps de jupes beaucoup plus larges qu’il ne le fallait, et ses manches à proportion. Elle avait un moule [forme destinée à soutenir une coiffure très élevée] un demi-pied plus haut que les autres, et était coiffée de cheveux blonds, d’un blond de filasse blanchie sur l’herbe. »

Satires et bons mots font les beaux jours de la cour.
« Tu n’as que trop suivi les rois / et l’infidèle espoir dont tu fais ton idole : / quelque bonheur qui seconde tes vœux. / Ils n’arrêteront pas le temps qui toujours vole. / Et qui d’un triste blanc va peindre tes cheveux…/ Il faut quitter le séjour des mortels », écrit François Maynard, disciple du poète François Malherbe, mais aussi avocat puis secrétaire de la reine.

La reine sur ses vieux jours, Nicholas Hilliard.
© XDR.

La reine Marguerite est présente à la basilique Saint-Denis, le 13 mai 1610, lors du sacre d’Henri IV et de sa seconde épouse Marie de Médicis. Puis elle rentre à Issy le lendemain pour fêter son cinquante-septième anniversaire. Avec du soleil, des amis, la musique, le bon vin et le chanteur Villars son favori, surnommé "le roi Margot" toujours aussi prévenant. 
C’est ce jour-là que Henri IV est assassiné. Et qu’un cavalier surgit au Petit Olympe, à Issy, à 17 h pour lui apprendre la triste nouvelle.
Le 8 juillet, Margot s’efforçant de se montrer diplomate avec la veuve, l’invite à Issy pour sa première sortie après le deuil et lui offre « une collation magnifique et somptueuse ». Elle meurt en 1615. PCB

Pour en savoir beaucoup plus, n'oubliez pas, rendez-vous lundi 12 janvier, 18h30 
à la Résidence du Parc


17 décembre 2023

Le Domaine de la Reine Margot - une visite royale, 15 décembre 2023

Richard Fontana. © PCB 
Une quinzaine d'Historimiens ont rendez-vous en cette fin de matinée dans cet hôtel 5 étoiles, situé dans les Hauts d'Issy. Ils vont visiter cet endroit historique en compagnie de Richard Fontana (ci-contre), attaché commercial et événementiel du Domaine de la Reine Margot. 

La reine Margot n'est autre que Marguerite de Valois (1553-1615), la première épouse du roi Henri IV, installée à Issy en 1606. D'ailleurs, on peut admirer son portrait tout au fond de la salle de réception (ci-contre). Marguerite habitait dans une très grande propriété, composée de deux domaines ; le premier qui s'étendait de l'actuel Séminaire Saint-Sulpice à l'église Saint-Étienne, englobant l'actuel parc Saint-Jean-Paul II…où nous sommes ! et le deuxième, surnommé le Petit-Olympe, le futur château des Conti.

L'hôtel est composé de deux édifices : l'ancienne Solitude, la maison de retraite des séminaristes Saint-Sulpice, classée monument historique, entièrement restaurée et aménagée ; et le nouveau bâtiment, œuvre de l'agence d'architecture, Wilmotte et Associés (ci-dessous).

L'ancienne Solitude. © PCB

Le nouveau bâtiment. © PCB

Chambre avec terrasse. © PCB
Nous sommes reçus dans la salle de réception, au rez-de-chaussée du nouvel édifice. Direction au sous-sol vers le spa, la salle de massage et la piscine… Tout est en bois, calme, appelle à la déconnexion. Tout comme les chambres, au nombre de 83. Nous avons la chance d'en découvrir une, au 3e étage avec terrasse donnant sur Paris et la tour Eiffel (ci-contre) !

La chapelle-bar à rhums. © PCB

Puis, nous traversons le jardin vers les bâtiments historiques, notamment la chapelle, désacralisée bien sûr, transformée en bar à rhums (ci-contre), meublé de confortables canapés. Statues et vitraux ont été conservés… mais certains Historimiens sont un peu choqués de cette nouvelle attribution !

Après avoir descendu quelques marches, nous voici dans la salle à manger (ci-dessous) de ce restaurant gastronomique tenu par le chef Jean-Philippe Pérol. Là encore, la reine Margot est présente, puisque le restaurant s'appelle "le Marguerite 1606"… 1606 étant la date à laquelle elle arrive à Issy ! 

La salle à manger. © PCB



Certains regardent les menus, font même des réservations, discutent avec le personnel, tout à notre écoute. Richard nous explique que le verger et le potager, dans le jardin en contre-bas dans lequel on peut se promener, fourniront les cuisines ! Ainsi se termine cette visite tout à fait exceptionnelle.

Un grand merci à notre guide Richard et à tout le personnel du Domaine. Une seconde visite privée aura lieu en janvier… PCB

Et toujours cette impression de plénitude ! © PCB

23 septembre 2024

Les Journées du patrimoine 2024 d'Historim… en photos

© Denis Hussenot

 Le samedi 21 septembre, c'était la visite du Centre national des Archives de l'Eglise de France… un succès ! Le public était nombreux à découvrir ce lieu, installé à Issy-les-Moulineaux depuis cinquante ans.

© Denis Hussenot
Merci à Valentin, responsable des Archives, 
et à notre Historimien Denis.

Et le dimanche 22 septembre, la reine Margot est à l'affiche avec une conférence et un spectacle musical au Musée français de la carte à jouer....  140 personnes sont présentes.

La conférence débute avec une petite vidéo faite par Franck Ferrand, justifiant son absence ce jour-là. 




" Bonjour à tous. J'avais proposé à Patsy qui a longtemps dirigé la rédaction d'Historia, d'être des vôtres à Issy pour évoquer la reine Marguerite de Valois, mais hélas, au moment où vous regardez ce petit message, je suis au milieu de l'Atlantique sur  un grand navire…  J'ai un peu moins de scrupule à ne pas être là car celui qui va vous en parler, non seulement est un grand historien, connaisseur du XVIe siècle, mais en plus un homme d'une qualité extraordinaire ; c'est en plus un merveilleux ami.  C'est Didier Le Fur "



Place donc à Didier Le Fur (ci-dessous) qui, durant une heure, va nous raconter la vie de celle que l'on connaît, à Issy, sous le nom de reine Margot, qui vécut dans notre ville de 1606 à sa mort. 

Didier Le Fur au Musée français de la carte à jouer, le 22 septembre 2024. © M. Julien

Puis, ce fut au tour de nos trois artistes, habitués des Journées du patrimoine d'Historim, à savoir Pascale, Gérard et Aurélien (ci-dessous) à l'accordéon.

Spectacle musical. © M. Julien

C'est une autre facette de la reine Margot que l'on découvre là, une femme cultivée mais pleine d'excès. Belle, elle  cultive les amants ; dans sa propriété isséenne, le Petit Olympe, elle aime faire la fête, danse et mange… un peu trop ! Alors les chansons illustrent cette facette de la reine : "Déshabillez-moi",  "Brave Margot" ou "la Femme chocolat". 
Comme toujours, le public aussi nombreux dans la salle que sur les hauteurs, muni des refrains les plus connus, chante avec enthousiasme.

Bref ce fut une belle journée. Rendez-vous l'an prochain !          PCB

 Au Musée © M. Julien


9 février 2024

Domaine de la Reine Margot - visite 2

Des Historimiens ont encore eu le plaisir de visiter ce domaine sous la neige, le 19 janvier 2024, grâce à l’accueil chaleureux de Margaux et de Stéphane que nous remercions pour leur patience et leur courtoisie.


En contrebas, la véranda du restaurant Marguerite 1606
À l’arrière-plan se détache le clocher de l’église Saint-Étienne


Après une rapide présentation des lieux, la visite a commencé par la chapelle (ci-dessus) dont les portes en bois sculpté de chaque côté, les statues et les multiples statuettes, les vitraux ont été particulièrement admirés. Cette chapelle est dorénavant aménagée en lieu de dégustation de rhums. 

Tout proche d’elle, l’accès au restaurant Marguerite 1606, se fait en descendant l’escalier en plein air. Le nom rend hommage à la Reine qui vint fuir la peste à Issy en 1606. Malgré l’horaire précédent de peu le service, le chef Jean-Philippre Perol, a pris quelques minutes pour nous parler avec flamme de sa cuisine, de son potager et de ses recettes variant avec les saisons. Merci à lui aussi. Le travail de ses équipes est d’ailleurs visible de la salle. Lors de ce moment de partage, le soleil d’hiver illumine la salle. En résonance avec le jardin potager, des salles de réunion portent le nom de plantes aromatiques comme mélisse ou sarriette.

Le groupe emprunte un passage souterrain pour accéder à l’hôtel créé par le cabinet d’architecture Wilmotte et Associés. Le décor est sobre et de belle qualité avec des détails au plafond et sur le tapis d’entrée évoquant la reine Margot. Dans les couloirs, on peut lire des citations avec l’orthographe et la calligraphie du XVIe siècle.  Au rez-de-chaussée, au fond du couloir, se trouvent une piscine, un spa, des salles de massage et de yoga.


Collerette.

Chaque chambre est ornée d’une collerette en papier sous verre (ci-contre) évoquant une fraise, collerette tuyautée en lingerie qui complétait les riches parures de l’époque. Il a fallu un an de travail aux artisans d’origami pour créer toutes celles du domaine…

La visite s’est poursuivie dans une des chambres disposant d’une vue sur le quartier de la Défense. Outre les chambres, trois suites sont prévues dont la Suite Eiffel au dernier étage de l’hôtel avec une vue panoramique. Deux autres sont en cours d’aménagement dans les anciens locaux du XVIIIe siècle : la Suite Chapelle avec une fenêtre sur la chapelle elle-même et la Suite Margot avec vue sur Paris.


Vue sur Paris. Au fond, la tour Eiffel.

Les Historimiens remercient tous les membres du personnel qu’ils ont croisés et qui se sont mis à leur disposition. 

 Texte et photographies :P. Maestracci

5 avril 2020

La reine Margot… aux fourneaux

Ce sont les vacances…mais, malheureusement, vous ne pourrez pas partir le "nez en l'air" dans les rues de la ville. En revanche, quelques articles, on l'espère, vous divertiront quand même !

Historim a déjà consacré un certain nombre d'articles à Marguerite de Valois (ci-dessous), cette reine hors du commun qui, rappelons-le, s'installa à Issy, fuyant… l'épidémie parisienne de peste noire de 1606 ! Elle y vécut jusqu'à sa mort en 1615.

Reine Margot. © XDR
On sait beaucoup de choses sur sa vie quotidienne. Elle faisait très attention à sa santé et prenait deux bains par jour, mélangeant du lait d'ânesse à l'eau… accentuant ainsi la blancheur de sa peau à laquelle elle tenait absolument. La baignoire est alors en bois, la baignoire en métal n'apparaissant que vers 1650, uniquement à la Cour ou chez les aristocrates ! Elle se parfume avec un mélange raffiné de jasmin, d'ambre et de musc.

Elle aime bien manger aussi, même si on doute fort qu'elle était aux fourneaux. On peut dire qu'elle a "un bon coup de fourchette"… un instrument qui apparaît sur les tables françaises en 1574, grâce à Henri III. Mais la fourchette aura du mal à s'implanter ! Le couteau et la cuillère complètent la table…  On déguste les mets dans une assiette en porcelaine ; en revanche pas de verre individuel avant le milieu du XVIIIe siècle ! Pas terrible en temps d'épidémie !

Bartolomeo Scappi (1500-1577). ©XDR

Mais que trouve-t-on au menu à cette époque ?
Du foie de volaille, des escalopes de veau, du poulet, parfois du poisson. Et puis aussi du gratin de champignons, un gâteau d'aubergines et des petits pois à la crème. Et bien d'autres mets encore !
Enfin en dessert, des beignets de vent, une crème fraîche en tarte et des poires confites au vin - dont voici la recette, extraite de l'Ouvrage sur l'Art de cuisiner (1570), du célèbre cuisinier italien Bartolomeo Scappi (ci-contre)



Les poires confites au vin

Ingrédients. Il faut 4 belles poires ; 160 g de sucre ; 120 g de beurre ; 1⁄2 verre de vin rouge ; 1⁄2 verre d'eau de rose (si vous en trouvez) ; 1 petit morceau d'écorce de cannelle.

Préparation. - Mélanger le vin, l'eau de rose, le beurre et le sucre. - Ajouter la cannelle et porter à ébullition. - Pendant ce temps, éplucher les poires, enlever le cœur et couper en 4 quartiers. - Plonger les fruits dans le sirop bouillant, baisser le feu au minimum et laisser pocher pendant 15 à 20 minutes jusqu'à ce que les poires deviennent roses et translucides. Et c'est fini ! 

Ouvrage sur l'Art de cuisiner. © XDR
Voici de quoi vous régaler ! Mais attention aux excès. Sachez que notre reine Margot aimait temps la bonne chair que les années passant, elle prit du poids… et pour cacher ses rondeurs, portait une grande robe bouffante, le vertugadin.  PCB