5 octobre 2023

L'Arménie et Issy - une longue histoire

En 1923, des rescapés du génocide arménien de 1915, s'établissent à Issy pour y travailler dans les nombreuses usines isséennes, dont celle de Gévelot évoquée lors des récentes Journées du patrimoine. D'ailleurs pas moins de 12 articles sur le site d'Historim racontent cette histoire, donnant la parole à de nombreux témoins. 

Monument franco-arménien, rue de la Défense, Issy, 30 avril 2023. © A. Bétry

La communauté arménienne de plus de 3 000 membres est bien implantée à Issy, avec plusieurs associations, des écoles, un Monument franco-arménien où se déroule, tous les ans, un dépôt de gerbes en souvenir du génocide (ci-dessous). 

Rappelons qu'Issy-les-Moulineaux est jumelée avec la ville d'Etchmiadzine, inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco : http://www.historim.fr/2012/12/etchmiadzine-larmenienne-patrimoine.html
Issy possède aussi deux églises arméniennes : l'église apostolique et l'église évangélique dans laquelle les Historimiens ont eu la chance d'être reçus par le pasteur Joël Mikaelian en décembre 2022 (ci-dessous).

L'église évangélique arménienne d'Issy. © PCB

C'est ce même pasteur qui a donné une interview sur Europe 1, il y a deux jours, pour montrer une nouvelle fois, à l'occasion des événements récents dans le Haut-Karabakh, la solidarité de la communauté arménienne de la ville d'Issy-les-Moulineaux. 120 000 Arméniens environ ont du quitté leur pays, le Haut-Karabakh, sous la menace de leur voisin, l'Azerbaïdjan (carte ci-contre) et se réfugier en Arménie. 
La demande est forte en nourriture, en produits de première nécessité et en médecins. 

Qu'aurait dit Joseph Kessel qui, en 1975, écrivait : "Je me souviens très bien que, même dans l'horreur de la Première Guerre mondiale, la tragédie arménienne de 1915 a soulevé en moi une profonde émotion. Le mot génocide n'avait pas encore cours à cette époque, mais j'ai senti alors tout ce qu'il a signifié plus tard" ? PCB 

2 octobre 2023

Histoire de rue - La rue Lazare-Carnot

Profitez de ces belles journées estivales pour vous promener en ville et partir à la découverte de rues que vous ne connaissez peut-être pas.

La rue Lazare-Carnot, à Issy.

Petite rue tranquille des Hauts d’Issy, longue d’environ 200 mètres, la rue Lazare-Carnot (ci-contre) joint en pente douce la rue Jules-Guesde à la rue Georges-Marcel Burgun. Le nom de Lazare Carnot est donné à l’ex-rue du Puits pour rendre hommage à « l’organisateur de la Victoire », sous la Convention.


La rue est bordée de chaque côté par une alternance de maisons, plus ou moins grandes, et d’immeubles de 4 à 5 étages, le plus souvent (ci-dessous). La grande porte de l’immeuble ancien, au numéro 23, est peinte en vert vif et est surmontée de deux panneaux vitrés. 


Une maison, un immeuble du côté impair.
L’aménagement de la rue à sens unique a gardé la conception ancienne d’une rue sans trottoir et avec écoulement des eaux pluviales au milieu de la chaussée. Les zones piétonnières et les places de stationnement sont disposées en  quinconce.

Lazare Carnot
par François Boucher
Lazare Carnot (ci-contre), né en 1753 en Côte-d’Or, est mort en 1823 à Magdebourg en Allemagne. D’abord ingénieur militaire, il se lance dans la vie politique sous la Révolution. Député de l’Assemblée législative puis de la Convention, il vote la mort du roi Louis XVI et devient membre du Comité de salut public. A ce titre, il réorganise les armées françaises et inspecte les frontières menacées car la France est en guerre depuis 1792 contre une coalition (Autriche, Prusse, Royaume-Uni et Espagne) sans compter les conflits intérieurs (royalistes, Vendéens). Ainsi, le 22 vendémiaire an II (16 octobre 1793), à Wattignies (ci-dessous), l’armée commandée par Jourdan, secondé par Carnot, bat l’armée autrichienne qui assiégeait Maubeuge. La ville de Wattignies s’appelle maintenant Wattignies-la-Victoire !

Lazare Carnot à la bataille de Wattignies. in Henri Martin, Histoire de France illustrée

Après la chute de Robespierre en thermidor an II (juillet 1794), sa carrière politique subit des hauts et des bas. Ministre de la guerre sous le Consulat, il est hostile à l’Empire en 1804 et  prend sa retraite. Mais il revient se battre en 1814 : promu général de division, il est chargé de la défense d’Anvers. L’année suivante pendant les Cent-jours, il revient au gouvernement comme ministre de l’Intérieur. Après Waterloo, il s’exile à Varsovie puis en Allemagne à Magdebourg où il meurt en 1823. Ses restes entrent au Panthéon en 1889 pour le centenaire de la Révolution française. 

Mélange d'architecture, côté pair de la rue Lazare-Carnot.

Spécialiste de géométrie, Lazare Carnot devient deux fois membre de l’Institut pour en être radié deux fois :  en 1797, par les Thermidoriens et, en 1816, par Louis XVIII. Ces maisons individuelles (ci-dessus), situées du côté pair, à l'architecture contemporaine côtoyant des meulières de la Belle Époque, ne lui auraient certainement pas déplu !

Notons que Sadi Carnot, son petit-fils, président sous la IIIe République, est assassiné à Lyon, en 1894, par un anarchiste. Bonne promenade. 
Texte et photographies : P. Maestracci


28 septembre 2023

Parcours historique aux Moulineaux

Ce samedi matin 23 septembre, les Historimiens se sont donnés rendez-vous dans le quartier des Moulineaux pour prolonger la Journée du patrimoine consacrée à l'usine Gévelot. Cette entreprise, rappelons-le, s’est installée aux Moulineaux en 1825 pour y produire des munitions jusqu’au terrible incendie de 1973.
Le parcours commence devant l’entrée de l’ancienne école Paul Bert datant de 1904, (intégrée au collège Victor Hugo) qui faisait face à l’usine. Celle-ci était délimitée par l’avenue de Verdun et les rues Paul-Bert, Aristide-Briand et Docteur-Lombard. Cet espace est maintenant occupé par des immeubles résidentiels et un centre commercial.

Vue de l'usine Gévelot après l'incendie de 1973. © Bernard D.

Après un bref historique de l’entreprise Gévelot, l’incendie du 11 juillet 1973 est évoqué, enrichi par les photographies (ci-dessus) et le témoignage de Bernard D., voisin de l’usine ainsi que ceux de Suzy, infirmière qui soigna les pompiers à l’hôpital Corentin-Celton, et de Michel qui a vu l’incendie de loin.

Le portail de l'usine.
L’ancien portail de l’usine (à gauche) se trouvait juste en face de la gare des Moulineaux dont la ligne fut ouverte en 1889 pour l’Exposition universelle. Il fut démonté lors de la démolition des bâtiments de l’usine, après 1980, et remonté dans le parc de la Résistance où se trouve aussi  une grosse emboutisseuse Gévelot exposée dans une vitrine. 

L'une des deux sculptures.
La sculpture métallique (à droiteque l'on peut voir sur le pilier gauche du portail, est formée de nombreux symboles : tête de lion, armes, casque mais aussi des rameaux d’olivier, l'arbre symbole de Paix.
La sculpture sur l’autre pilier est décorée de feuilles de chêne, symbole de force. Cela fait penser au proverbe latin : se vis pacem para bellum (Si tu veux la paix, prépare la guerre). 

Par ailleurs, Françoise a indiqué que du personnel Gévelot résidait au 90 rue du Gouverneur-Général-Éboué. D’autres logements se trouvaient un peu plus près de l’usine. 

Borne kilométrique.
On découvre également dans le parc de la Résistance une borne kilométrique (ci-contre).
Avenue de Verdun, on passe devant les Serres municipales qui remplacent d’anciennes brasseries. 

La visite continue vers le quartier de la Ferme au-delà de la rue Jean-Pierre-Timbaud. Cette Ferme existait déjà au Moyen Age et l’Historimienne Nicole nous a précisé son emplacement exact car elle venait y chercher du lait. La ferme a existé jusque dans les années soixante. Une autre Historimienne, Muriel, a évoqué l’explosion au gaz dans la maison du 4 bis, rue du Viaduc, il y a une trentaine d’années. 

Bel immeuble, à l'angle de la rue Paul-Besnard. 

Le parcours s’achève rue Pierre-Miquel qui rend hommage à un résistant mort en déportation et qui habitait dans cette ancienne rue de Meudon ; sa maison existe toujours. A l’angle de cette rue et de celle du Docteur-Vuillième, on peut admirer un très bel immeuble art déco, tout comme celui qui se situe à l’angle des rues Jean-Pierre-Timbaud et Paul-Besnard (ci-dessus). Il se trouve tout près de l’emplacement de la Ferme.
Merci aux Historimiens et aux autres témoins qui ont enrichi cette visite. Le partage des informations est essentiel pour toujours mieux connaître l’histoire issséenne. Texte et photographies P. Maestracci.

23 septembre 2023

Retour d'un pape en terre de France

Pendant deux jours, - les 22 et 23 septembre - le pape François (ci-dessous) était à Marseille, saluant Notre-Dame-de-la-Garde, et officiant, au stade Vélodrome, une messe réunissant près de 60 000 fidèles. 


Le pape François dans les rues de Marseille,
23 septembre 2023. © PCB
 
On nous a dit et répété que cela faisait 500 ans qu'un pape n'était pas venu à Marseille, que c'était donc exceptionnel pour la ville… mais pas un nom, pas une explication sur cette présence il y a si longtemps. Alors nous avons enquêté. Et voilà le résultat de nos recherches.

Le pape Clément VII (1478-1534),
à Marseille en 1533. © XDR

Le nom : il s'agit du pape Clément VII (ci-contre

L'explication de sa présence : il est venu à Marseille le 28 octobre 1533 assister au mariage de sa jeune nièce Catherine de Médicis avec l'un des fils de François Ier, Henri II.


Et pourquoi cela nous intéresse-t-il ? Quel rapport avec l'histoire et le patrimoine d'Issy-les-Moulineaux… 
 
Eh bien voilà. Catherine de Médicis et son époux Henri II eurent plusieurs enfants, dont Marguerite de France (1553-1615), surnommée, la Reine Margot (ci-dessous). 

Marguerite de France, la Reine Margot, par Clouet.

Elle épouse le futur Henri IV, s'installe à Issy en 1606 dans une magnifique propriété qui deviendra le Séminaire Saint-Sulpice… et dont l'un des bâtiments la Solitude vient de se transformer en hôtel cinq étoiles, le Domaine de la Reine Margot ! Mais cela est une autre histoire, on vous en reparlera bientôt ! PCB

21 septembre 2023

Une navette écologique sur la Seine, d'Issy à Boulogne

Encore deux week-ends pour profiter de cette balade fluviale, à bord du catamaran à propulsion solaire Felix De Azara (ci-dessous). Il peut embarquer 49 personnes, c'est écologique… et gratuit !

Le Felix De Azara. © XDR

En pratique, l'embarcation circule les samedis et dimanches de 11 h à 18 h. Premier départ à 11 h depuis le Port Victor, quai du Président-Roosevelt à Issy-les-Moulineaux. Une continuité pour la ville, habituée depuis toujours aux transports fluviaux http://www.historim.fr/2016/01/le-port-dissy-et-ses-berges.html

Un quart d'heure plus tard, débarquement à Sèvres, si vous le souhaitez, pour visiter la Manufacture de porcelaines. Puis arrivée au Port Legrand à Boulogne-Billancourt.

Cette découverte touristique, qui se terminera le samedi 30 septembre, est une démarche du département des Hauts-de-Seine. Espérons qu'elle se renouvellera, et pourquoi ne pas envisager des navettes régulières tous les jours comme nouveau moyen de transport ! PCB

18 septembre 2023

Journées du Patrimoine 2023 - un succès !

  Il a fait beau en ce week-end de septembre, idéal pour de nouvelles découvertes. Ainsi, Historim vous entraîne des archives religieuses au monde ouvrier de l'usine de munitions Gévelot. Et ce fut un succès.

Samedi 16 septembre.
Nous voici, comme l'an passé, au Centre national des Archives de l'Église de France, le CNAEF, mais cette année en bonne compagnie. 

A gauche, Mgr Rougé, André Santini, Fabienne Liadzé. 
A droite : Valentin Favre. ©PCB
Pour fêter le cinquantenaire de la création du CNAEF, M. le Maire André Santini est présent, ainsi que l'évêque de Nanterre Mgr Rougé et Fabienne Liadzé, maire adjointe à la Culture (ci-dessus).

Lettres des prisonniers 
de guerre. © PCB

Valentin Favre, le directeur du CNAF, est là, avec nos deux Historimiens Denis et Michel. pour présenter une belle exposition sur Saint-Jacques de Compostelle, la collection des Cœurs Vaillants et faire découvrir avec émotion, dans ces boites en carton, les lettres de prisonniers de la guerre de 1940 (ci-contre). 

Ce sont près de 150 personnes qui ont, de 10 h à 18 h, passé les portes de cette institution de l'Église, souvent méconnue. Merci à tous.



Dimanche 17 septembre
Changement d'atmosphère en ce début d'après-midi, toujours bien ensoleillé. Rendez-vous au Musée d'Issy pour une immersion dans l'usine de munitions Gévelot, détruite par un terrible incendie, suivi de nombreuses explosions, le 11 juillet 1973, il y a tout juste cinquante ans !


Galerie d'Histoire de la ville : Pascale montre la photo de l'usine 
après l'incendie. À droite, la célèbre pointeuse. © PCB

14 h. Première découverte dans la Galerie d'Histoire de la ville, où se trouve un objet mythique : la pointeuse de l'usine (ci-dessus). Notre Historienne Pascale est là pour vous accueillir. Elle fait revivre, grâce à des témoignages d'Alain Lévy, de Suzy Pavan, la vie à l'usine, puis cette fameuse explosion, des faits que vous avez déjà découverts sur le site d'Historim. Trois photos de l'usine avant, puis après l'explosion, montrent les dégâts. Merci à leur auteur, Bernard Delorme qui, malheureusement, ne pouvait pas être présent.
 
15 h. Nous voici dans la grande salle du Musée pour écouter la conférence de Félix Torres, auteur et éditeur d'un beau livre illustré sur l'usine : Gévelot 1820-2020, ouvrage qu'il dédicace (ci-dessous).  
On apprend ainsi qu'à l'origine il s'agit d'une histoire familiale. Puis avec la guerre de 1914, l'usine devient le grand centre de productions de munitions, avec aux machines, ces ouvrières qui prennent très vite le surnom de "munitionnettes".

Félix Torres, en pleine conférence. © PCB

La paix revenue, la production change : les munitions deviennent cartouches de chasse ; puis, de nouvelles techniques voient le jour, notamment dans l'automobile. Après l'incendie et les explosions de 1973, l'usine isséenne peine à se relever… en 1984, le site isséen est vendu. Mais l'entreprise Gévelot, elle, continue en province, et même à l'étranger, de se développer.

Gérard, Pascale et Aurélien © PCB


16 h 15. Place à notre habituel spectacle musical avec notre trio : Pascale, Gérard et Aurélien à l'accordéon, sur la terrasse du Musée (ci-contre). Les chansons refont l'histoire du monde ouvrier… certaines connues sont reprises en chœur. 

 


Et l'on termine ce récital par l'Hymne aux Sapeurs Pompiers, ces hommes du feu qui eurent fort à faire en ce 11 juillet 1973 ! 

Quelle belle journée. Vous étiez nombreux et toujours aussi enthousiastes. 


Sur la terrasse du Musée. © PCB
Un grand merci à tous ceux qui ont organisé, participé, aidé au succès de ces deux Journées du Patrimoine. PCB


14 septembre 2023

Demandez le programme ! Journées du Patrimoine - 16/17 septembre 2023

Historim est de nouveau mobilisé pour ce week-end des Journées du Patrimoine. 

L'entrée de l'usine Gévelot. © XDR

Samedi 16 septembre : de 10 h à 18 h, visite des Archives de l’Église de France, qui fêtent les 50 ans de leur installation à Issy-les-Moulineaux. Exposition autour de Saint-Jacques de Compostelle.  Accès libre. Adresse : 35 rue du Général-Leclerc.

Dimanche 17 septembreà l'occasion des 50 ans de l'explosion de l'usine de munitions Gévelot, le 11 juillet 1973, l'après-midi sera consacré à l'histoire de cet établissement. 
Au programme : - 14 h, témoignages dans la Galerie d'Histoire de la ville (Musée française la carte à jouer).
                            - 15 h, conférence de Félix Torres, auteur-éditeur d’un superbe ouvrage Gévelot (1820-2020) qu’il dédicacera, au Musée.
                            - 16 h 15, spectacle musical avec notre trio : Pascale, Gérard et Aurélien à l'accordéon, sur la terrasse du Musée.

Et profitez de ce week-end pour découvrir le parcours Ile Saint-Germain, dont les huit panneaux, auxquels Historim a participé, racontent l'histoire http://www.historim.fr/2023/08/parcours-dans-lile-saint-germain.html

 
Alors, venez nombreux ; on vous attend. PCB

10 septembre 2023

Forum et Rencontre des écrivains isséens en photos - 8 et 9 sept. 2023

Ce furent deux belles journées de rencontres, d'échanges, de découvertes… et bien chaudes !

Le Forum, comme toujours, rassembla de nombreuses associations, dont Historim dont le stand était bien décoré. Comme d'habitude, le maire M. André Santini, y fit sa visite (ci-dessous). Le public était nombreux, surtout que cette année, étaient présents notre députée Claire Guichard, et le tout nouveau ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal.

Samedi 9 septembre 2023, 11 h,  au Forum. ©PCB

Puis, le samedi après-midi se tenait à la Médiathèque du Centre-Ville (ci-dessous), la rencontre avec les auteurs isséens… et, une nouvelle fois, M. le Maire vint y saluer ces écrivains, parfois dessinateurs aussi. 

La Médiathèque du Centre-Ville. ©PCB

Les 17 auteurs isséens. ©PCB

La visite du Maire. © PCB

Place maintenant aux Journées du Patrimoine. PCB