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3 mai 2026

Paris vu de la butte des Moulineaux

Tableau d’Antoine Guillemet, 1897 

Cette huile sur toile de grand format est exposée au musée d’Orsay.  Le titre d’origine sur le cadre est un sobre Paysage ; il est devenu depuis plus explicite. Le tableau rentre par achat dans les collections nationales en 1974.
Le peintre Antoine Guillemet (1842-1918) fut l’élève de Corot, Daubigny et Courbet ; 
il fut ainsi initié à la peinture de plein air qui devint possible au cours du XIXe siècle grâce à l’invention, en particulier, des tubes de peinture. Ce paysagiste fut influencé ensuite par le mouvement impressionniste.


Le paysage représenté sur ce tableau offre une vue plongeante sur la capitale peinte au loin. Au premier plan, donc sur la butte des Moulineaux, un espace naturel herbu est parcouru par un sentier et un petit ruisseau. Un petit troupeau de moutons est en train de paître. Le relief dissimule en contrebas sur la droite les Moulineaux rattachés à Issy depuis 1893 ainsi que l’usine de munitions Gévelot.

La vallée de la Seine n’a que peu de rives aménagées car c’est encore largement une zone inondable. Un viaduc en pierre en travers du fleuve est parcouru par une ligne ferroviaire soulignée par la fumée d’une locomotive à vapeur.

En contrebas sur la droite, au-delà d’un vaste champ, on devine une route bordée de quelques maisons mais pas la ville isséenne.

Sur l’horizon, se détachent les grands monuments parisiens comme la tour Eiffel, l’ancien palais du Trocadéro, la butte Montmartre, etc.

 

P. Maestracci

 

21 octobre 2025

De Vaugirard à Issy, octobre 2025

Cette visite historimienne constitue une première car c’est un roman écrit par une auteure isséenne qui en est à l’origine : Marie-Mad Martineau a écrit Monter à Paris-Vaugirard (Éditions Assyelle) en mars 2025. Son héroïne Édith monte à Paris dans les années soixante-dix et s’installe dans un immeuble à l’angle des rues de Vaugirard et de la Convention. La visite commence à cet endroit par la lecture faite par l’auteure des extraits du roman portant sur la découverte de ce carrefour et de sa vie.



Suit une présentation par Pascale du village de Vaugirard qui faisait partie du fief d’Issy avec la plaine de Grenelle jusqu’au XIIIe siècle. La voie principale en direction de la Porte de Versailles était bordée de propriétés ecclésiastiques appartenant depuis le XVIIe siècle aux Sulpiciens ou aux Jésuites. Une première église Saint-Lambert se trouvait à l’emplacement de la place Henri Rollet ; elle fut remplacée au XIXe siècle par une autre plus au nord. De l’autre côté de la rue, le jardin de l’hôpital de Vaugirard jouxte l’université Sorbonne-Paris II-Assas.
Puis la rue de Vaugirard passe sous la Petite Ceinture, ligne ferroviaire construite sous le Second Empire et restée utilisée jusque dans les années quatre-vingt avant de devenir un lieu de promenade. 
Les Fortifications datant de Louis-Philippe se trouvaient Porte de Versailles ; le passage se faisait entre deux bastions. Elles furent démolies après la Première Guerre mondiale et remplacées par des bâtiments comme ceux du Parc des Expositions. Un morceau du mur de Berlin, tombé en 1989, trône sur l’esplanade avec, en toile de fond, la tour Triangle en voie d’achèvement.


C’est en parcourant l’avenue Ernest Renan que notre Édith tombe en arrêt devant le panneau d’Issy-les-Moulineaux : elle n’avait jamais franchi les Portes de la capitale ; un autre monde s’ouvrait à elle…
La visite continue rue Renan, donc en changeant de ville et de département jusqu’à ce que l’auteure Marie-Mad Martineau stoppe devant la Manufacture des Tabacs encore en activité dans son livre alors que, depuis, l’ensemble a été réhabilité en logements, commerces et bureaux.


Le parcours s’achève au 42 de la rue devant la petite tour Eiffel décrite dans le livre dont la lecture est vivement recommandée.





Un grand merci à l’auteure qui a enluminé la visite par des extraits bien choisis et a fort utilement complété ce texte.


P. Maestracci 
Photos Michel Julien

26 juin 2025

Issy-les-Moulineaux, quartier Corentin Celton - Les Varennes

Ce quartier tient son nom de Corentin Celton, fusillé pour fait de résistance et d’un lieu-dit. Il est limitrophe de Paris XVe, de Vanves et du quatier Centre Ville.
La visite commence rue Claude Matrat, ensemble résidentiel des années 30 où vécut le général Glavany jusqu’en 2017.
La rue Renan suit le tracé de l’ancienne voie romaine Paris-Dreux, dans le prolongement de la rue de Vaugirard. Plusieurs immeubles au début de la rue datent de la Belle Époque ou des années 1920/30 lors de la démolition des fortifications de Paris. Plus loin, un passage couvert donne accès au parc et à l’école des Varennes qui ont remplacé une imprimerie qui datait du XIXe siècle, et qui fonctionna jusque dans les années 1960/70. Autre usine, la Manufacture des Tabacs a cessé son activité en 1978 mais ses bâtiments ont été conservés et réhabilités.

Arrêt devant le périphérique et la tour parisienne Triangle
de 180 mètres de hauteur en construction.


Rue Séverine, l’actuelle église Saint-Benoît se trouve sur un cimetière mérovingien sur lequel se sont succédés des établissements religieux au cours des siècles. De l’autre côté de la rue, des logements ont remplacé une ancienne partie de l’hôpital.
L’ancien jardin de celui-ci a été ouvert au public et se trouve entre la chapelle Saint-Sauveur et l’ancienne entrée de l’hôpital rue Guynemer.
Dans la rue Guynemer, ont été construites des usines d’aviation puis les bureaux de SEV Marchal et Thomson CSF ; il s’agit depuis quelques années de ceux de la Poste et de Nestlé.
La visite continue vers l’hôpital Corentin Celton (ex-Petits-Ménages) complètement rénové avec son parvis éponyme et la place Paul Vaillant-Couturier.
Rue Renan, la tour Eiffel de 1892 est au numéro 42.
Rue du Général Leclerc, le bâtiment municipal Savary, ex-école communale, abrite des bureaux et des salles.
La visite s’achève place de la Fontaine où passait le ru (ruisseau) de Vanves.
 
Merci aux Historimiens qui ont enrichi la visite de leurs judicieuses remarques : Brigitte, Françoise, Rania, Michel et Pierre etc. ainsi que Norbert pour son texte sur Thomson CSF. 
P. Maestracci - photo M. Julien

21 mars 2025

Maires et noms isséens

Les municipalités sont créées sous la Révolution française. C’est le cas d’Issy séparé des Moulineaux jusqu’en 1893. La commune fait partie du département de la Seine jusqu’en 1968, année de création du département des Hauts-de-Seine.

 Hôtel de Ville inauguré en 1895 par Henri Mayer. Cette portion de la rue Renan est devenue rue du Général Leclerc après la guerre.


Depuis 1790, trente-six maires ont dirigé la commune dont le dernier en date, M. André Santini, bat largement le record de longévité. Cinq maires ont exercé des mandats séparés par une ou plusieurs années tels Nicolas Bargue, Georges-Christ Minard sous Louis-Philippe puis sous la IIIe République, Henri Mayer, Justin Oudin et Fernand Maillet sous la IVe République.

Porte de l’immeuble, 42 rue Renan avec le nom du maire Mayer sur le linteau


Seuls neuf maires, en fonction depuis la seconde moitié du XIXe siècle, ont donné leur nom à une rue ou à une place, dans le quartier de l’Hôtel de Ville le plus souvent. Sous la IIIe République, ce sont Édouard Naud, Charlot, Georges-Christ Minard, Henri Mayer et Auguste Gervais. 
Henri Mayer (1894-1903) inaugure l’actuel Hôtel de Ville en 1895, il exerce un nouveau mandat de 1908 à 1911. Il est aussi le propriétaire d’un magasin 42 rue Renan dont le nom À la tour Eiffel est symbolisé par une enseigne métallique toujours en place depuis 1892. Quant à Justin Oudin, son nom est donné à des écoles maternelle et élémentaire.


Avenue Victor Cresson. Le nom du maire mort en déportation fut donné au début de l’avenue de Verdun.






Après la Seconde Guerre mondiale, le nom de Victor Cresson, mort en déportation, est donné à une partie de l’axe principal isséen reliant la Porte de Versailles à Meudon. On honore Jacques Madaule et Bonaventure Leca sur leur place respective. Le nom de Raymond Menand est lui, attribué à un mail dans le quartier de l’Hôtel de Ville.

                    


Buste de Bonaventure Leca dans le square éponyme/ Le seul maire dont le buste est dans un jardin public. 


Un grand merci à la SEM Issy Media (dirigée par M. Éric Legale) pour la liste des maires dans le Guide pratique d’Issy-les-Moulineaux paraissant chaque année.




Mail Raymond Menand maire de 1973 à 1980, prédécesseur de Mr André Santini. 
Ce mail débouche sur le Conservatoire Niedermayer.

 

Texte et photographies  P. Maestracci

6 juillet 2024

Gustave Eiffel, parcours isséen

Le 20 juin 2024, le point de départ démarre au 42 rue Ernest Renan, sous la petite tour Eiffel de la commune. La visite commence par un rappel de la biographie de Gustave Eiffel et des liens entre celui-ci et notre cité d'Issy-les-Moulineaux.


Petite tour, 42 rue Renan


La petite tour Eiffel est installée en surplomb au 1er étage du bâtiment date de 1892, trois ans après son modèle qui est environ à quatre kilomètres à vol d’oiseau. Elle est d’ailleurs classée Monument historique depuis 1988. C’est l’enseigne d’un magasin de vêtements appartenant à Henri Mayer, maire à deux reprises.
Le parcours emprunte le boulevard Gambetta qui croise la petite rue Henri Mayer. Le boulevard finit sur la place Victor Hugo où se trouve une table d’orientation émaillée dont images et textes bilingues ont été conçus par la présidente d’Historim. 



Le thème en est le premier kilomètre en circuit fermé de Henri Farman en 1908 sur le champ de manœuvres.

Table d’orientation
consacrée à Henri Farman

Ce terrain isséen de plusieurs dizaines d’hectares en zone inondable était une zone maraîchère. Il fut réclamé par l’Armée qui avait perdu le Champ de Mars dès 1887 pour laisser place à la tour Eiffel et le Palais de l’Industrie pour l’Exposition universelle de 1889. Le terrain est acheté en 1891 et les maraîchers expropriés. Alors que la tour Eiffel devait être démontée au bout de 20 ans, le sujet fut rapidement oublié. Le terrain est donc définitivement rattaché à la ville de Paris et devient une extension du XVe arrondissement. Au début du XXe siècle, l’Armée permit d’y faire les débuts de l’aviation comme Farman en 1908. Devenu l'héliport de Paris, on lui adjoint en 2021 le nom du général Valérie André, résidente isséenne.
Le boulevard des Frères Voisin (ex-partie du boulevard Gambetta) porte le nom d’avionneurs dont l’usine se trouvait à l’emplacement de l’actuel Palais des Sports.  
Enfin, le parcours s’achève dans une ancienne zone industrielle qui est maintenant celle d’immeubles d’habitation et surtout de bureaux. A la station Val-de-Seine du tram T2 et du RER une ancienne halle de style Eiffel a été remontée près du siège social d’Orange où elle se trouvait à l’origine à la fin du XIXe siècle. Elle abrite désormais les halles Biltoki. A noter qu’en regardant Paris de la station du tram, on aperçoit au loin la tour Eiffel. Fin du parcours !


Halles Biltoki, ex-Halle Eiffel

 Texte et photographies : P. Maestracci

16 juin 2024

Des tours vues depuis Issy

Le relief isséen est caractéristique du nom du département des Hauts-de-Seine avec une partie de son territoire dans la vallée, ancien lit du fleuve et les coteaux qui vont jusqu’à Meudon. Une position dominante permet d’apercevoir souvent les tours lointaines du paysage urbain. L’axe de certaines rues dessine un cadre pour une vision des tours avec la capitale et sa proche banlieue en arrière-plan.

Tour Eiffel depuis la rue Minard
En descendant la rue Minard, il est possible d’identifier à coup sûr la tour la plus célèbre du monde, la tour Eiffel, érigée en 1889 sur le Champ-de-Mars. Une réplique, miniature et un peu plus récente, se trouve 42 rue Renan. 

Toujours rue Minard, en regardant un peu plus vers la droite, la tour Montparnasse détache sa silhouette compacte sur le ciel. Ce fut une décision prise en 1958 lors du retour au pouvoir du Général de Gaulle avec la destruction de l’ancienne gare, la construction d’un centre commercial et d’une tour haute de 210 mètres (2e hauteur après la tour Eiffel à Paris) devant la gare placée en arrière. Une rénovation de la tour est d’ailleurs prévue. 

Vue sur la Tour Montparnasse



Les nombreuses tours du quartier d’affaires de la Défense sont repérables de loin.

Ce quartier a été décidé aussi en 1958 en empiétant sur plusieurs communes : Courbevoie, Nanterre et Levallois-Perret. L’adresse postale est pourtant Paris-La Défense. 

L’origine de ce nom vient d’une statue de Barrias érigée en 1883 sur le rond-point de Courbevoie pour commémorer la défense courageuse de Paris lors de la guerre de 1870 contre les Prussiens. 

Depuis 1958, les tours visibles de la place de l’Étoile se sont multipliées.



Une tour plus proche est celle du Groupe Accor à la limite entre deux départements et deux villes : Paris et Issy-les-Moulineaux. C’était à l’origine une tour Bouygues. On peut la voir de plusieurs lieux dont la rue du Moulin de pierre.


Depuis la rue du Moulin de pierre
Enfin, de hautes grues Porte de Versailles soulignent la construction de la tour Triangle qui a déjà plusieurs étages. Son projet décidé sous la mandature de Bertrand Delanoé fut longtemps remis en cause mais la décision finale a créé un chantier spectaculaire. Les grues sont visibles de la rue Renan et de la rue Parmentier. 

La tour Accord












Texte et photographies : P. Maestracci






 





17 mai 2024

Constant Pape

Visite privée historimienne

Le groupe est d’abord courtoisement accueilli par M. Denis Butaye, directeur du Musée qui fournit de précieuses informations sur l’exposition et les autres animations prévues jusqu’à l’été.

Accueil du Musée à l'exposition Constant Pape
Ensuite, Mme Charlotte Guinois, commissaire scientifique de l’exposition, présente celle-ci comme «  une invitation à une découverte de petits maîtres » dont Constant Pape est l’un des plus brillants représentants. La commune possède trois peintures léguées par Georges-Marcel Burgun ainsi que trois grands formats achetés par le maire Auguste Gervais et conservés à l’Hôtel de Ville.

Constant Pape est né à Meudon en 1865. Il veut se consacrer à la peinture et est influencé par les artistes Guillemet et Louis Français. Il expose au Salon des Artistes français de 1886 à 1920. Il s’installe avec son atelier à Clamart ; peintre, il est aussi restaurateur de peintures et « d’arts graphiques »; voire encadreur pour ses tableaux de petit format.
Dès l’entrée de l’exposition, son buste en plâtre, son portrait et des photos de famille permettent de mieux le connaître. Sa première œuvre (collection particulière) « baignée de lumière » date de 1890 et a comme motif un arbre couché. La série des pochades, peintures sur bois de 14 x18 cm, permet de voir la banlieue, y compris la crue de la Seine en 1910.
 


Charlotte Guinois, commissaire et guide de l'exposition.

Constant Pape a participé à plusieurs concours de décors de mairie comme celles de Vanves, Fresnes ou Noisy-le-Sec. Il fut finaliste mais sans gagner. Les thèmes sont souvent ceux de paysages.

Il peint plusieurs grands formats comme Paris vu de la butte des Moulineaux en 1897. On voit la Seine et l’ancien Trocadéro mais pas la tour Eiffel cachée par un arbre.

 L’exposition présente les trois grands formats, appartenant aux collections isséennes. Constant Pape a peint  la Vieille carrière à Issy-les-Moulineaux de 1905 (198 x 130) près de la Porte de Versailles où l’on extrayait la terre pour les « briques de Vaugirard. » La Seine à Issy-les-Moulineaux (167 x 212) date de 1907. Les Brillants à Meudon (210 x 173) de 1913 ont « un premier plan extrêmement fougueux ». Cette œuvre valut à son auteur la Médaille d’or du Salon des artistes français. L’exposition se termine avec La Fête à Meudon (1900, 73 x 80. donation Burgun) qui met en valeur le tir de chasse sur volatiles aux Jeux Olympiques de 1900 (en lien avec un stand de tir isséen pour des pigeons vivants...)
Un grand merci à Madame Guinois qui nous a présenté avec un grand professionnalisme chaleureux cette superbe exposition. Celle-ci sera prolongée à l’automne à Meudon.
Un catalogue commun présentant l’ensemble de l’œuvre de Constant Pape est déjà disponible à la librairie du Musée.     
P. Maestracci - (photographies A. Bétry)

3 mai 2024

Educap City 2024 - Historim à la tour Eiffel !

Au 33 rue Ernest-Renan, en face de la tour Eiffel, Historim tient un stand Educap City ce samedi 4 mai, de 10 h à 16 h. Venez nous rendre visite et donner un coup de main à notre Historimienne Pascale…Cette petite tour Eiffel, de 2 mètres de hauteur, date de 1892. Elle a été classée au titre des Monuments historiques le 20 janvier 1988.


Ce rallye civique et sportif réunit à Issy-les-Moulineaux, pour la 11e  fois, près de 1 000 enfants de 9 à 12 ans.  Mais ce sont 11 régions de France, 40 villes, 50 000 enfants, 250 écoles, 600 partenaires qui participent cette année à cette journée.

Bonne journée à tous. PCB
Une image de la version 2023 d'EDUCAP CITY - place des Tilleuls ©A.Bétry



9 février 2024

Domaine de la Reine Margot - visite 2

Des Historimiens ont encore eu le plaisir de visiter ce domaine sous la neige, le 19 janvier 2024, grâce à l’accueil chaleureux de Margaux et de Stéphane que nous remercions pour leur patience et leur courtoisie.


En contrebas, la véranda du restaurant Marguerite 1606. 
À l’arrière-plan se détache le clocher de l’église Saint-Étienne


Après une rapide présentation des lieux, la visite a commencé par la chapelle (ci-dessus) dont les portes en bois sculpté de chaque côté, les statues et les multiples statuettes, les vitraux ont été particulièrement admirés. Cette chapelle est dorénavant aménagée en lieu de dégustation de rhums. 

Tout proche d’elle, l’accès au restaurant Marguerite 1606, se fait en descendant l’escalier en plein air. Le nom rend hommage à la Reine qui vint fuir la peste à Issy en 1606. Malgré l’horaire précédent de peu le service, le chef Jean-Philippre Perol, a pris quelques minutes pour nous parler avec flamme de sa cuisine, de son potager et de ses recettes variant avec les saisons. Merci à lui aussi. Le travail de ses équipes est d’ailleurs visible de la salle. Lors de ce moment de partage, le soleil d’hiver illumine la salle. En résonance avec le jardin potager, des salles de réunion portent le nom de plantes aromatiques comme mélisse ou sarriette.

Le groupe emprunte un passage souterrain pour accéder à l’hôtel créé par le cabinet d’architecture Wilmotte et Associés. Le décor est sobre et de belle qualité avec des détails au plafond et sur le tapis d’entrée évoquant la reine Margot. Dans les couloirs, on peut lire des citations avec l’orthographe et la calligraphie du XVIe siècle.  Au rez-de-chaussée, au fond du couloir, se trouvent une piscine, un spa, des salles de massage et de yoga.


Collerette.

Chaque chambre est ornée d’une collerette en papier sous verre (ci-contre) évoquant une fraise, collerette tuyautée en lingerie qui complétait les riches parures de l’époque. Il a fallu un an de travail aux artisans d’origami pour créer toutes celles du domaine…

La visite s’est poursuivie dans une des chambres disposant d’une vue sur le quartier de la Défense. Outre les chambres, trois suites sont prévues dont la Suite Eiffel au dernier étage de l’hôtel avec une vue panoramique. Deux autres sont en cours d’aménagement dans les anciens locaux du XVIIIe siècle : la Suite Chapelle avec une fenêtre sur la chapelle elle-même et la Suite Margot avec vue sur Paris.


Vue sur Paris. Au fond, la tour Eiffel.

Les Historimiens remercient tous les membres du personnel qu’ils ont croisés et qui se sont mis à leur disposition. 

 Texte et photographies :P. Maestracci

20 décembre 2023

L'avion de chasse de Gustave Eiffel

Gustave Eiffel, dont on célèbre cette année le centième anniversaire de la mort (le 27 décembre), est un personnage bien connu d'Issy-les-Moulineaux. On y admire la petite tour Eiffel, classée Monument historique, au 42 rue Ernest-Renan ; on y découvre aussi la magnifique Halle Biltoki, dite Eiffel, qui abrite, au pied des bureaux d'Orange, un magasin gourmand. 

Gustave Eiffel à sa table de travail, en 1913. © XDR
Et puis, comment ne pas évoquer le célèbre champ de manœuvres, transféré du Champ de Mars à Issy, à l'occasion de la construction de la Tour Eiffel, à Paris. Devenu terrain d'aviation, il transforme Issy-les-Moulineaux en berceau de l'aviation… 

Dessins de l'avion L.E. d'Eiffel.
Gustave Eiffel, inventeur hors norme, s'intéresse très tôt à l'aviation, dès 1902 lorsqu'il adhère à l'Aéro-Club de France… un côté méconnu du personnage, révélé dans le numéro de novembre 2023 d'Historia, dont le dossier lui est consacré. Ainsi, en 1917, il dessine (ci-contre) le premier avion de chasse monoplan, dénommé l'Avion L.E. (Laboratoire Eiffel). C'est une invention révolutionnaire, un monoplan à ailes basses qui devrait pulvériser les records de vitesse et d'altitude. Le 16 mai 1917, il en dépose officiellement le brevet d'invention.
Le prototype (ci-dessous) est prêt en mars 1918 et fait son premier essai sur le terrain de Villacoublay. Le deuxième essai, le 27 mars, s'avère catastrophique : l'appareil se brise à l'atterrissage et le pilote est tué. 

L'avion de chasse L.E. © XDR

C'est ainsi que se termine l'histoire aéronautique de Gustave Eiffel… mais non ses inventions révolutionnaires qui seront dans les années à venir repris par de grands constructeurs d'avions. PCB

17 décembre 2023

Le Domaine de la Reine Margot - une visite royale, 15 décembre 2023

Richard Fontana. © PCB 
Une quinzaine d'Historimiens ont rendez-vous en cette fin de matinée dans cet hôtel 5 étoiles, situé dans les Hauts d'Issy. Ils vont visiter cet endroit historique en compagnie de Richard Fontana (ci-contre), attaché commercial et événementiel du Domaine de la Reine Margot. 

La reine Margot n'est autre que Marguerite de Valois (1553-1615), la première épouse du roi Henri IV, installée à Issy en 1606. D'ailleurs, on peut admirer son portrait tout au fond de la salle de réception (ci-contre). Marguerite habitait dans une très grande propriété, composée de deux domaines ; le premier qui s'étendait de l'actuel Séminaire Saint-Sulpice à l'église Saint-Étienne, englobant l'actuel parc Saint-Jean-Paul II…où nous sommes ! et le deuxième, surnommé le Petit-Olympe, le futur château des Conti.

L'hôtel est composé de deux édifices : l'ancienne Solitude, la maison de retraite des séminaristes Saint-Sulpice, classée monument historique, entièrement restaurée et aménagée ; et le nouveau bâtiment, œuvre de l'agence d'architecture, Wilmotte et Associés (ci-dessous).

L'ancienne Solitude. © PCB

Le nouveau bâtiment. © PCB

Chambre avec terrasse. © PCB
Nous sommes reçus dans la salle de réception, au rez-de-chaussée du nouvel édifice. Direction au sous-sol vers le spa, la salle de massage et la piscine… Tout est en bois, calme, appelle à la déconnexion. Tout comme les chambres, au nombre de 83. Nous avons la chance d'en découvrir une, au 3e étage avec terrasse donnant sur Paris et la tour Eiffel (ci-contre) !

La chapelle-bar à rhums. © PCB

Puis, nous traversons le jardin vers les bâtiments historiques, notamment la chapelle, désacralisée bien sûr, transformée en bar à rhums (ci-contre), meublé de confortables canapés. Statues et vitraux ont été conservés… mais certains Historimiens sont un peu choqués de cette nouvelle attribution !

Après avoir descendu quelques marches, nous voici dans la salle à manger (ci-dessous) de ce restaurant gastronomique tenu par le chef Jean-Philippe Pérol. Là encore, la reine Margot est présente, puisque le restaurant s'appelle "le Marguerite 1606"… 1606 étant la date à laquelle elle arrive à Issy ! 

La salle à manger. © PCB



Certains regardent les menus, font même des réservations, discutent avec le personnel, tout à notre écoute. Richard nous explique que le verger et le potager, dans le jardin en contre-bas dans lequel on peut se promener, fourniront les cuisines ! Ainsi se termine cette visite tout à fait exceptionnelle.

Un grand merci à notre guide Richard et à tout le personnel du Domaine. Une seconde visite privée aura lieu en janvier… PCB

Et toujours cette impression de plénitude ! © PCB

8 novembre 2023

Jean Ors - constructeur de parachutes à Issy-les-Moulineaux

Jean Ors vers 1920. 

Nous avons déjà évoqué ce parachutiste, inventeur-entrepreneur, installé avant-guerre à Issy (ci-contre). Nous complétons ce premier article (http://www.historim.fr/2013/12/jean-ors-un-parachutier-isseen.html), en présentant le volet de l'entrepreneur isséen, après réception de nouveaux documents transmis par un parent, le général de Launet, que nous remercions. 

Du pilote au parachutiste

En 1911, à l’âge de 35 ans, il obtient son brevet de pilote - n° 382 - à l’école Blériot de Pau. Après quelques exhibitions en province, il se consacre à la question du parachute, qui va devenir l’œuvre de sa vie, peut-être née de son souci de diminuer le grand nombre de décès accidentels d’aviateurs grâce à une « bouée aérienne ».

En 1913, il crée son premier parachute, d’un diamètre de 9 mètres, constitué de 32 faisceaux de soie japonaise naturelle. Par souci de sécurité, il positionne au centre de son système un empilement de cerceaux formant ainsi une sorte de cheminée où l’air s’engouffre et déploie rapidement la toile, évitant au surplus l’emmêlement des suspentes.
Il teste à plusieurs reprises son invention avec des mannequins, qu’il jette ainsi équipés d’une plate-forme de la Tour Eiffel (ci-dessous). Ses tests sont tous concluants mais il souhaite prouver la qualité du système en l’expérimentant lui-même.

Le système Ors, au pied de la Tour Eiffel.

Cet essai en « réel » se déroule à Juvisy le 12 février 1914 et s’avère très concluant. Il dépose un brevet en juin mais la guerre l’oblige à interrompre ses expériences. Son statut durant le conflit reste un mystère. Si la presse d’après-guerre le présente comme ayant été lieutenant aviateur, les archives de la Gironde indiquent un passé de hussard, sans mention d’aviateur, puis sa réforme le 30 août 1914, confirmée en juin 1915.


On retrouve Jean Ors après l’armistice en partance pour les États-Unis afin de faire la propagande de son modèle. Sautant en parachute à plusieurs reprises près de New York, il obtient le grand Prix du concours international d’Atlantic City et le Prix L. Bennett. 
De retour en France, il reçoit également en 1920 et 1925 plusieurs Prix en Belgique. Avec déjà dix-sept sauts à son actif et axant délibérément sa propagande sur les sauts de meeting, il voit peu à peu son parachute adopté par beaucoup de parachutistes d’exhibition. Mais son objectif principal reste la sécurité des aviateurs eux-mêmes, qui progresse trop lentement à son goût.

L’entrepreneur

Plan cadastral du 9 rue Kléber, à Issy.
Demeurant 27 rue de Chambéry à  Paris, dans le 15e arrondissement, jusqu’au début des années 20, il recherche un atelier, qu’il trouve à Issy-les-Moulineaux au 9, rue Kléber (téléphone : 192), où il s’installe avec son épouse Marie Couvert, pour confectionner ses prototypes puis lancer la future production (ci-contre).

La surface totale est de moins de 1 000 m2, se répartissant entre l’habitation et les bureaux, donnant sur rue et aujourd’hui disparus, et, plus en arrière, un grand atelier sous hangar, dont il reste une façade intégrée dans une restructuration réalisée en 2003. Ces photos anciennes (ci-dessous) en sont un témoignage.

9 rue Kléber, Issy. A g. habitation, bureaux et à l'arrière l'atelier. A dr. les travaux de 2003.

En 1922, Jean Ors propose le parachute-siège avec système d’ouverture automatique et pliage dans un sac - d’abord rond (ci-dessous) puis rectangulaire - permettant aux pilotes et aux passagers d’un avion de s’asseoir sur l’équipement. Il est testé avec succès à Toulouse par le Tchécoslovaque Stanka et remporte plusieurs fois le premier prix des concours Nieuport-Astra.


À l’issue du concours officiel de 1924 du service technique de l’aéronautique (dont le laboratoire de test se situe à Issy-les-Moulineaux), trois parachutes Ors sont enfin homologués : sac dorsal rectangulaire, sac siège et sac rond (ci-dessous). 

Parachutes Ors, 1922-1924.

Concours de circonstance, en janvier 1925, le pilote Henri Pitot doit la vie sauve à son parachute Ors lors d’un vol d’essai d’un nouvel avion, comme on peut le lire dans Les Ailes du 8 janvier 1925.

Mais, en 1925, au moment où le ministère des Armées lance enfin ses premières commandes de parachutes pour les aviateurs, Jean Ors voit sa santé décliner. Il décède le 4 février 1926, à l’âge de 50 ans, à Issy-les-Moulineaux, faisant l’objet d’articles très élogieux dans la presse aéronautique (Les Ailes, L’aéronautique).

Après sa mort, sa veuve poursuit l’activité commerciale naissante, apparaissant dans les publicités sous la dénomination de « veuve Jean Ors, constructeur ». Désormais, il y a bien la mention tant espérée : « Fourni actuellement aux Forces aériennes » (ci-dessus et ci-dessous). 
Au début des années 30, sa veuve quitte Issy-les-Moulineaux pour Bordeaux, sans que l’on sache à quelle date l’atelier cesse ses activités.                  Jacques Primault.


Rendez-vous sur le site le 12 novembre, 18 h, pour découvrir les exploits d'une jeune parachutiste, Denyse Collin, équipée d'un Ors, sautant sur le terrain  d'Issy-les-Moulineaux.

5 juillet 2023

Issy-les-Moulineaux Architecture - Épisode 5 : Les bâtiments industriels

Voici le dernier épisode, avant les vacances d'été, de cette série dédiée à l''architecture dans notre commune d'Issy-les-Moulineaux. Place aux bâtiments industriels.

Pendant le Moyen Age et les siècles suivants, il n’y eut qu’un village autour de l’église Saint-Étienne et le domaine de la Ferme aux Moulineaux avant la construction de belles propriétés le long de la route prolongeant l’actuelle rue de Vaugirard. Mais au début du XXe siècle, apparaissent les premières usines, comme on peu le voir (ci-dessous) sur cette carte postale.

Vue du quai d'Issy. Au loin, la Tour Eiffel.

En 1825, la première usine (sur 3 000 mètres-carrés, puis sur 7 hectares) est construite dans le quartier de la Ferme. Il s’agit de Gévelot, Société française de Munitions, fermée en 1992.  

Portail Gévelot.

Notez d'ores et déjà que le dimanche 17 septembre, lors des Journées du patrimoine, l'usine sera mise à l'honneur. Rendez-vous dès 14 h au Musée français de la carte à jouer. En attendant, vous pouvez toujours aller en admirer la porte d’entrée, déplacée rue du Docteur-Lombard, lors du réaménagement du quartier (ci-contre).


Tout près avenue de Verdun, une brasserie est créée en 1864 par la Société Industrielle de Brasserie et Malterie ; l’usine est même électrifiée en 1903. La Brasserie des Moulineaux abrite aujourd'hui les serres municipales, avenue de Verdun (ci-dessous).


Les serres municipales, ex-Brasserie, avenue de Verdun.

La révolution industrielle favorise l’apparition de nombreuses autres usines dans tous les quartiers de la plaine car on éloigne de Paris les activités polluantes, bruyantes et dangereuses telles l’électricité, la chimie etc. De plus, les débuts de l’aviation au début du XXe siècle sur le champ de manœuvres ont favorisé l’implantation d’usines aéronautiques (Frères Voisin, Caudron puis SEV Marshall etc.) tout autour du terrain. 

La banlieue maraîchère se transforme alors en banlieue industrielle. Mais après les Trente Glorieuses, la ville s’est métamorphosée avec la tertiarisation de l’économie et la construction de nombreux logements. 


Si la plupart des usines ont disparu, certains bâtiments ont été transformés en logements comme la Manufacture des Tabacs, rue Ernest-Renan, créée en 1904 sur une surface de 17 000 mètres-carrés, et fermée en 1978. Les murs d’enceinte ont maintenant disparu. 

La Manufacture des Tabacs. Carte postale.

Le bâtiment de trois étages à droite sur la photo (ci-dessus) a été aménagé en appartements, une crèche est hébergée dans les deux pavillons de l’ancienne entrée et le bâtiment de l’administration a été conservé tel quel. Quelques commerces dont un restaurant, nommé La Manufacture, sont installés sur l’esplanade. 


Il en est de même pour les laboratoires pharmaceutiques Jacques Logeais (ci-dessous), que l'on doit à l'architecte Jacques Delaire, situés au 71, avenue du Général-de-Gaulle. Fondés en 1936, ils ont fermé dans les années 2000 et sont transformés en immeubles d'habitation.


Ex-laboratoires pharmaceutiques Logeais.


D’autres ont changé d’activités comme la Halle de style Eiffel, entreprise à l’origine de construction électrique, transformée en Halles d’Issy Biltoki dans le quartier Val-de-Seine. 


Les bureaux Sodexo, quai de la Bataille-de-Staingrad.

À l'emplacement de l’usine qui fabriquait les Chars AMX (Atelier des Moulineaux), quai de la Bataille-de-Stalingrad, se dressent aujourd'hui les bureaux de la société Sodexo (ci-dessus),


Transformateur électrique.
Mais il y a toujours actuellement des installations industrielles comme le grand transformateur électrique à l’angle de la rue Henri-Farman et du boulevard Gallieni (ci-contre), et le poste de Source de Haute Tension, ex-EDF, géré par Enedis 10-18 rue Charlot.



Le traitement des ordures autrefois brûlées dans la TIRU (Traitement Industriel des Résidus Urbains) est assuré par l'Isséane depuis 2009, un peu plus près de Paris quai du Président-Roosevelt (ci-dessous).


L'Isséane, quai du Président-Roosevelt.

Dans un futur proche, une station de production d’hydrogène vert est prévue sur un terrain délimité par la ligne de RER, la rue de Vaugirard et le quai de la Bataille-de-Stalingrad. Comme quoi, Issy-les-Moulineaux, attire toujours les industriels.

Texte et photographies : P. Maestracci