19 janvier 2013

Frameries, une terre franque, en plat pays

Blason de la ville
"D'or à l'aigle bicéphale  . de sable"
Alors que certains de nos compatriotes quittent la France pour migrer vers la Belgique, découvrons notre ville jumelle : Frameries, située juste de l'autre côté de la frontière, dans le Borinage, en pays wallon. Elle est jumelée avec Issy-les-Moulineaux depuis 1979.

Son histoire
Les cinq localités qui furent réunies en 1977 pour former cette ville de 21 000 habitants remontent loin dans le temps. On en trouve les premières traces écrites au XIIe siècle, mais  on sait qu'elles furent occupées très tôt par les Romains - puisqu'une route y passait - , puis par les tribus franques. En 1142,  le comte Baudouin IV concède des terres aux Templiers. Au XIIIe siècle, on y exploite déjà le charbon, une des principales ressources de la région. Et en 1691, on compte déjà 120 puits d'extraction en activité, le charbon étant exporté jusqu'en Flandre.

Son âge d'or minier
Le XIXe siècle voit l'exploitation à grande échelle de la houille, dans le bassin de Mons-Borinage. L'empereur Napoléon y est pour beaucoup : par la loi du 21 avril 1810 il organise les nouvelles conditions d'exploitation de charbon et institue "la propriété perpétuelle des concessions".  L'Etat se réserve le choix des concessionnaires. Entre 1860 et 1870, le Borinage est le plus grand centre minier d'Europe et fournit les trois quarts des besoins français.

Les puits 11 et 12, entre les deux guerres. © XDR

Le déclin et la mémoire
C'est après la Première Guerre mondiale que le déclin débute. Les puits vont fermer les uns après les autres. En 1920, la Compagnie des Charbonnages belges possède 11 puits en activité dont plusieurs à  Frameries. Le puits n°11, au lieu-dit Crachet Picquery (ci-dessus), s'arrête définitivement le 16 juillet 1960. Le n°12, le 28 décembre de la même année. Le chevalement du n°11 est classé en 1989.
Puis l'architecte Jean Nouvel transforme le site en Parc d'aventures scientifiques et de société, le PAAS (ci-dessous) - un musée des sciences interactif dans un parc de 28 hectares.  PCB

Le PAAS.
Pour en savoir plus :
http://www.pass.be/
http://www.patrimoine-minier.fr/belgique_borinage/index.html

15 janvier 2013

Les crayères d'Issy-les-Moulineaux

G. Touchard-Lafosse. © XDR.
Georges Touchard-Lafosse (1780-1847), tout à la fois journaliste, éditeur et antiquaire, publie en 1834 un ouvrage fort intéressant : Histoire des environs de Paris qui nous apprend beaucoup sur notre ville en ce début du XIXe siècle. Concernant l'activité industrielle, il insiste notamment sur "L'industrie la plus fructueusement exercée dans ce village est l'exploitation du blanc de Meudon ou d'Espagne ; les principales maisons qui se livrent à ce genre de spéculation sont dirigées par madame veuve Berthaut Soulange, MM. Demarne, Fausiée, Franquet, Lenormand et Parquet."


Blanc de Meudon. ©XDR
Arrêtons-nous un instant sur cette activité, qui remonte au temps préhistorique. Nos ancêtres en extrayaient le silex noir nécessaire à leur armement. En Ile de France, ce sont les communes de Meudon, Bougival, Louveciennes, Port-Marly et Issy qui sont directement concernées car, à cet endroit-là, la couche de craie affleure la surface, en permettant l'exploitation artisanale à ciel ouvert. Jusque dans les années 1800, où elle devient souterraine. A Issy, les carrières se situaient dans la zone comprise entre le fort, la place Léon Blum et le chemin de Saint-Cloud. De cette craie, on obtient le fameux blanc de Meudon, toujours commercialisé, et la chaux. Les entreprises sont petites : 8-10 personnes ; le travail le plus pénible est celui du piqueur qui attaque la craie à la pique. Les femmes moulent les pains de blanc de Meudon et les enfants s'occupent du transport. La notoriété du blanc de Meudon dépasse bientôt les  frontières de l'hexagone. A Meudon, les galeries se développent sur plus de 8 kilomètres.

Carrières de blanc de Meudon à ciel ouvert,  133 av. de Verdun. XIXe s.
© Topic Topos
Et à Issy, la crayère Bibille et Fayard (ouverte en 1826, à l'emplacement actuel du 141-143 avenue de Verdun) et l'établissement Demarre (créé en 1840, à l'emplacement actuel du jardin botanique et qui s'agrandit en rachetant en 1887 la Société des Blancs Minéraux à Meudon) deviennent connus du monde entier. L'exploitation devient industrielle. Une société peut produire jusqu'à 10 000 tonnes de blanc par an et employer jusqu'à 50 ouvriers.

Blanquetterie ou séchoir à blanc de Meudon, Issy.
© archives IGC.
En 1826, une usine de chaux hydraulique s'installe aux Montquartiers. En 1862, devenue la société Schacher, Lettelier et Cie, elle s'agrandit et exploite des carrières souterraines qui s'étendent jusqu'à Meudon. Non sans danger pour l'environnement. Le succès est tel qu'il va conduire à la construction des 8 kilomètres de la ligne de chemin de fer des Coquetiers (actuel ligne 4 du tramway francilien) entre Aulnay-sous-Bois et Bondy, lancée le 7 août 1875… bien loin d'Issy ! Voilà pourquoi. Il s'agit de concevoir une ligne de transport de marchandises desservant un maximum d'usines. Le maire d'Aulnay, Dominique de Gourgues, et l'ingénieur Louis-Xavier Gargan patron de la société Scacher-Lettelier et Cie (nous voici revenus à Issy !), en sont les initiateurs : ce dernier a besoin du gypse de la forêt de Bondy pour ses usines de chaux, de plâtre, de briques et de ciment.  La terre extraite des carrières servira à remblayer les talus.

L'exploitation cesse dans les années 1930. Les carrières sont transformées en champignonnières, puis en caves à vins et à bière. La brasserie des Moulineaux (voir rubrique Industries) s'y installe. Cette carte postale (à gauche) montre les fûts de bière entreposés dans les galeries. Aujourd'hui les crayères sont réputées grâce à Yves Legrand qui s'y installe en 1975, au lieu dit du Chemin des Vignes (113 avenue de Verdun), et les Crayères des Montquartiers (141 avenue de Verdun), à l'emplacement de Bibille et Blanchard (ci-dessous) !                                                PCB

L'entrée des Crayères des Montquartiers, à Issy-les-Moulineaux.  © XDR.

Pour en savoir plus, une exposition se tient au musée de Nogent-sur-Marne, Industrie en banlieue parisienne, du 12 janvier au 9 juin.

12 janvier 2013

Charles Camoin peint Issy-les-Moulineaux

"Le plus impressionniste des fauves", comme on surnomma Charles Camoin (1879-1965), est très proche de Manguin, Marquet et Matisse , avant de se laisser gagner par la peinture de Paul Cézanne.
Peu connu du grand public, plus de 1800 peintures ont été recensées, dont cinq toiles sur notre ville, qu'il découvre en se rendant chez son ami Matisse dans sa maison d'Issy (voir rubrique Histoire-Personnages).

Parmi elles, Maisons à Issy-les-Moulineaux (ci-dessous), une huile sur carton réalisée vers 1902, vendue aux enchères chez Me Tajan, en juin 2012, à un collectionneur privé. Le village aux maisons blanches et ocre est perdu dans les arbres et les vignobles.

© XDR

Et le Pont à Issy-les-Moulineaux, (ci-dessous), exécuté en 1910,  également dans une collection particulière. La Seine a retrouvé son lit après les terribles inondations qui ont touché la région pendant le mois de janvier.

© XDR.
Encore une fois, le charme d'Issy-les-Moulineaux est à l'honneur. PCB

Pour en savoir plus sur cet artiste, un site fort intéressant existe. N'hésitez pas à y aller :
http://www.charles-camoin.com/

9 janvier 2013

Yves Legrand, un vigneron à Issy-les-Moulineaux

Yves Legrand est plus que cela. Il est aussi philosophe et grand sportif !


Yves Legrand dans ses vignes isséennes. © P. Maestracci
Vigneron. Avec ses enfants, il dirige de main de maître Le Chemin des Vignes. Issu d’une famille isséenne depuis précisément un siècle (il a fêté ce centenaire comme il se doit - voir rubrique Actualités), il y travaille depuis 1974, date de la transformation de carrières en « lieu de vie » où Bacchus est dignement célébré. Son travail le passionne car il privilégie « telle action à un moment donné ». Pour lui, « on est des acteurs de sa propre vie ». Il insiste sur l’importance du « ressenti dans un milieu vivant » et explique la symbolique du vin, de la vigne : le végétal a besoin du minéral et de l’eau pour une formidable transformation. Il rend hommage à René Le Bacon, archiviste talentueux de la confrérie Saint-Vincent (voir Histoire des associations).
En dehors de ses caves, sa vue préférée  est la perspective de l’église Saint-Étienne, vue de la rue de l’Abbé Grégoire.

Philosophe. Si on l’interroge sur son vin préféré, la réponse fuse : « je ne l’ai pas encore goûté ! ». Il concède pourtant qu’un vin peut se révéler extraordinaire quand il est lié à un moment extatique. Autre souvenir gustatif à propos d’une boisson hors du commun : du lait caillé conservé dans une peau de chèvre offert par des Touaregs lors d’une randonnée dans le Sahara.

Sportif. Yves Legrand considère qu’il faut « enrichir le don de la vie » et qu’il vaudrait mieux se consacrer au travail et à l’effort. C’est ainsi qu’il a participé avec des copains plusieurs fois à l’UTMB (Ultra Trail du Mont-Blanc). Il ne s’agit rien de moins que d’une course de 166 kilomètres avec 9000 mètres de dénivelée ! En juin dernier, pour varier, il a été concurrent de l’Iron Man, épreuve inhumaine qui se compose de 3,8 kilomètres en natation, 180 kilomètres en vélo et un marathon (42,195km) final. Il arrive au bout « sans être abîmé car on va chercher au fond de soi-même ». [Sans commentaire !]. 

Un restaurant, dans un cadre bucolique. © P. Maestracci
Issy-Guinguette, 113 bis avenue de Verdun, le restaurant de Yves Legrand, où le vin coule à flots.
Sur l’enseigne (ci-dessus), on distingue au premier plan une belle serveuse et à l’arrière-plan des clients attablés et un violoniste perché sur un tonneau. Cela illustre ce qu’est une guinguette qui est forcément en banlieue : un cabaret où l’on boit et l’on danse. Le vin, le guinguet, non soumis à l’octroi, est moins cher pour les consommateurs.
L’origine du mot guinguette n’est pas limpide. Si le mot apparaît dès 1697, c’est pour désigner un quartier de Paris, donc cela ne concerne pas la banlieue. Pour Yves Legrand, le terme provient du guinguet, vin « sautillant » et par extension, aigrelet ; cela serait lié au verbe « guinguer » (sauter) et à une danse ancienne, la gigue. Notons que le vieil adjectif guinguet signifie aussi étroit (comme un débit de boissons). En tout cas, une guinguette est un lieu festif.
N. Rousset et P. Maestracci.

6 janvier 2013

Années 1920 - Issy à travers le journal Vanves-Malakoff (suite)


Lendemain de fêtes. Le 15 janvier 1921, dernier écho des manifestations qui se sont déroulées durant les Fêtes, organisées par des associations, aussi dynamiques que celles d’aujourd’hui. Tout est charmant et énorme, comme d’habitude !

L'entrée des Petits-Ménages, dans les années 1930. © Notrefamille.com
« A l’occasion de la nouvelle année, l’Isséenne offrait à ses membres honoraires le 28 décembre au Mignon-Palace une soirée artistique qui fit la joie de tous les pensionnaires des Petits Ménages. (carte postale ci-dessus).
Après une partie concert aussi charmante que variée, le rideau se leva sur une pièce en un acte du répertoire du Grand Guignol : « le carnaval de Puce et de Plock » de Marcus Bernard et Moriss où les acteurs : Mlles Bourgeot, Delrieux, Borré, Condon et Pontet, MM. Marney, Frouin Orry et Varda, la plupart débutants, menèrent à bien le dénouement.
Le bal de nuit paré, masqué et costumé eut un succès énorme.
La salle des fêtes de la mairie avait été décorée d’une façon charmante.
Une quête au profit du monument aux morts d’Issy rapporta 82,50 francs. »

Une fois les fêtes passées, la vie continue et il faut, par exemple, penser à occuper les garçons pour qu’ils ne traînent pas dans les rues (les petites filles restent à la maison !). Le lointain prédécesseur du CLAVIM !  « Sous les auspices de la Caisse des Écoles, il vient d’être créé dans la commune un patronage municipal de garçons dénommé Cercle des écoles laïques d’Issy-les-Moulineaux.
Le Cercle fonctionnera régulièrement à dater du 30 janvier prochain, à l’école des garçons, 41 avenue de Verdun, les dimanches et jours fériés de 14h à 18h pour les enfants de plus de 13 ans ou plus jeunes appartenant à la 1re classe d’une école, et le jeudi de 8h à 11h et de 13h à 17h pour les enfants d’au moins 6 ans. » (journal du 29 janvier).

1921 toujours. La guerre de 1914 n’est terminée que depuis trois ans et le souvenir est très vivace dans les esprits. Les associations ont une activité très soutenue, qu’elles aient été créées après 1870 (le Souvenir Français, ci-dessous) ou après 1918 (Union des démobilisés). 

« Le Souvenir Français : réunion au café de la mairie 2 avenue de Verdun pour adhérer à l’association nationale du Souvenir Français et former à Issy un comité. Élection du Bureau : président M. St Martin*. » (journal du 22 janvier) * M. St Martin est alors le directeur de la maison de retraite des Ménages.
« Union des démobilisés : l’AG aura lieu à la mairie d’Issy, salle des commissions. Il a été distribué aux sociétaires en 1920 300 francs de secours pour décès, maladies et naissances.

La société a offert, pour les 11 écoles de la commune, 22 livrets de Caisse d’Epargne de 10 francs pour les orphelins de guerre les plus méritants » (journal du 26 février).
A suivre JP.

3 janvier 2013

Allégorie - Réponse




Ce médaillon de pierre représente L’Architecture. Facilement identifiable : la femme porte en diadème une façade de temple antique avec colonnes et fronton triangulaire ; et tient un compas dans la main droite. On la trouve au niveau du premier étage sur la façade latérale d’un beau pavillon en meulière 27 bis avenue Victor Cresson. Il abrite de nos jours le Centre municipal de Santé, l’Espace Santé Jeunes ainsi que l’association Étincelle qui s’adresse aux femmes victimes d’un cancer.
Deux autres médaillons sont visibles sur la façade principale.


Sur la gauche, on découvre la Musique, symbolisée par une femme à la lyre.



Plus ambigu est le médaillon à droite : la femme tient un vase sculpté dans les mains. C’est plus que probablement l’allégorie de la Peinture. En fait, c’est peut-être une référence à la peinture sur porcelaine en hommage à la Manufacture de Sèvres, distante de quelques kilomètres.

Il est à noter que des travaux de rénovation ont probablement fait disparaître un quatrième médaillon, il serait logique que ce soit celui à la gloire de la sculpture. En tout cas, il n’est pas visible de l’extérieur.
Ce pavillon imposant peut être qualifié de Pavillon des Arts même si son utilisation actuelle rend hommage à Esculape, Hippocrate et à leurs lointains successeurs ! Texte et photos P. Maestracci

31 décembre 2012

Bir Hakeim - 1942-2012

Cette année 2012 a marqué le 70e anniversaire de la bataille de Bir Hakeim. Le lundi 7 mai, notre commune laissait la parole au capitaine de vaisseau Guy Crissin qui, dans la salle multimédias de l’Hôtel de Ville, donnait une conférence :  « Rommel face à la résistance française à Bir Hakeim ».
Historim tient à rappeler l’histoire de cette période.

© A. Bétry
Monument au maréchal Koenig, porte Maillot, à Paris. 28 mai 2012. © A. Bétry
Le 27 mai, au cours de sa grande offensive vers Le Caire et Suez, Rommel se heurte à Bir Hakeim, dans le sud libyen, bastion méridional du dispositif de la VIIIe Armée, installée sur la position de El Gazala. C'est pour lui une question de vitesse, car, dans quelques jours, des convois britanniques de renforts et de matériel parviendront en Égypte, et feront pencher la balance en faveur de nos Alliés. Ces quelques jours qu'il veut gagner pour anéantir son adversaire, Rommel va les perdre devant Bir Hakeim.
Ce point d'appui, en plein désert, est confié aux Français de Koenig. Pendant quinze jours, ils résistent farouchement à tous les assauts, infligeant à l'ennemi des pertes sévères et faisant des avancées de la forteresse un véritable "cimetière de chars". Le 3 juin, ils rejettent un ultimatum de Rommel. Deux autres restent sans réponse. Le 11 juin, alors qu'elles sont encerclées, et seulement après en avoir reçu l'ordre, nos troupes se fraient, de nuit, un passage à travers les lignes italo-allemandes et rejoignent le gros de l'Armée britannique installé plus en arrière, méritant ainsi d'être citées par un communiqué du haut-commandement britannique au Moyen-Orient, émis le 14 juin 1942 :

© A. Bétry
Tombe du maréchal Koenig au cimetière
de Montmartre. 28 mai 2012. © A. Bétry
« Les Nations unies ont contracté une lourde dette de gratitude et d'admiration envers la première Brigade française et son vaillant chef, le général Koenig ».


« Général Koenig,
 Sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil » 

C'est par cette phrase que le général de Gaulle salue les exploits des Forces françaises libres dans le sud libyen.
Quelques mois plus tard, le 8 novembre 1942, nos Alliés américains débarquent au Maroc et en Algérie. Ils viennent soutenir humainement et matériellement nos armées dans leur phase de réunification. A.B.

Pour en savoir plus :
http://www.france-libre.net/date-clefs-de-la-france-libre/bir-hakeim/anniversaire-bir-hakeim.php



28 décembre 2012

Boire un petit coup… dans les rues d'Issy

A la veille du réveillon, voici un petit aperçu d'un certain nombre de publicités, les réclames d’alors,  peintes il y a plusieurs décennies sur des murs-pignons bien visibles lorsqu’on parcourait la rue principale en venant de Paris. Rappelons que pendant longtemps les amateurs venaient en banlieue, notamment à Issy-les-Moulineaux, dans des guinguettes y boire le vin local peu onéreux qui échappait au droit d’octroi parisien. Boire un petit coup c'est agréable… mais, attention, avec modération !!!

Ici en l’occurrence, il s’agit d’apéritifs. Même si les intempéries ont délavé les réclames, elles restent visibles sur le palimpseste qu’est le mur du 11 bis rue Renan où plusieurs réclames furent successivement peintes. La dernière pour Cinzano, avec les trois couleurs primaires bleu, rouge et jaune complétées par du blanc, sont encore assez nettes (ci-dessus).
Sur le mur du 37 rue Renan, des travaux ont dissimulé le B majuscule du nom de l’apéritif (Byrrh) sous un conduit de cheminée (à droite). 
Autre type de boisson plus faiblement alcoolisée et produite à Issy-les-Moulineaux, la bière des Moulineaux, dont la brasserie sur le coteau était localisée avenue de Verdun (voir rubrique Industries) . Elle a été fondée en 1850 puis exploitée avec 120 ouvriers au début du XXe siècle par la Société Industrielle de Brasserie et Malterie. Elle produisait alors 60 000 hectolitres par an. Dans les années 1920, 220 ouvriers y brassent la bière Grütli. Cette bière est encore consommée après la Seconde Guerre mondiale comme en témoigne cette publicité (ci-dessous) qui date des années 1950. 

Collection privée.

Carte postale ancienne. Collection R.P.
De nombreux débits de boissons et de tabac permettaient d’étancher les soifs et de savourer une bonne petite cigarette, produite peut-être à la Manufacture des Tabacs toute proche. Deux exemples parmi d’autres : 
À la Civette d'Issy (à gauche) se situait à l’angle du boulevard Gambetta et de la rue du Général Leclerc. On peut lire sur le store une réclame pour la bière isséenne Grütli « bière de luxe ». Ce vaste café-tabac est remplacé de nos jours par un commerce de restauration rapide. 


Carte postale ancienne. Collection R.P.
L’autre exemple est celui d’un Tabac, localisé à l’angle du boulevard Galliéni et de l’avenue de 
Verdun au carrefour de Weiden (à droite). Lui aussi a disparu et a été remplacé par une pharmacie.
P. Maestracci