12 mars 2016

Robert F… 46 ans de chaussures !

© A. Bétry
La famille
Issu d’une famille rescapée du génocide arménien de 1915, Robert Fermanian (ci-contre) est né en 1939 en Algérie où ses parents s’étaient réfugiés après la Turquie et Athènes. Son père, bottier, aidé de sa mère piqueuse de tiges, tenait un atelier de fabrication de chaussures sur mesure. Durant toute son enfance, Robert vécut dans ce milieu de cuir, mettant même la main à la pâte. Mais sa nature sportive l’orientait davantage vers le football… au point de venir à Paris en 1956 pour y tenter une carrière footballistique ! Bien qu’assez doué pour ce sport, il fut contraint de l’abandonner pour des raisons familiales.
En 1968, suite à son mariage avec Olga, déjà Isséenne, Robert F. s’installe à Issy et décide, tout naturellement, de se lancer dans le commerce de chaussures pour hommes et femmes. C’est ainsi qu’en 1969, en lieu et place d’une agence du « Gaz de France », avenue Victor Cresson, en plein Centre Ville, il ouvre son magasin de chaussures.
La maison de luxe « Dior et Jourdan » lui propose de favoriser son installation à Issy. Mais les contraintes de la grande marque, sa soif d’indépendance et les conditions locales peu favorables à un commerce de luxe (Issy est encore une ville à majorité ouvrière), lui font refuser l’offre.

La boutique
Intérieur de la boutique.
Il appelle son magasin « Robert F»… F comme Fermanian mais aussi comme Frère, en souvenir de son frère aîné, mort pour la France en Algérie, en 1956. Il faudra trois bonnes années pour un véritable démarrage du commerce. En 1978, son épouse le rejoint au magasin pour l’aider dans le choix des modèles. Ils parcourent alors l’Italie (Milan, Venise, Florence) pour y trouver leurs fournisseurs : Siltana, Rosetti, Paluso.

En 1980, lors des élections municipales, Robert F. participe auprès de la communauté arménienne à la campagne électorale d’André Santini, qui remporte la mairie face à son adversaire Guy Ducoloné. Robert devient un représentant incontournable des Arméniens d’Issy. Il parraine la construction de l’église Apostolique arménienne et crée le club arménien de football.

C’est alors que la ville se développe et que « les grandes surfaces » s’installent à Issy ! … créant l’inquiétude chez les commerçants de proximité. Aussi, en 2008, pour les défendre se crée l’Association « Issy Mairie Commerce » (IMC) dont Robert F devient le président. Plusieurs événements (marchés du terroir, des producteurs, braderies, antiquaires) sont organisés par l’IMC pour animer le centre ville.

Aujourd’hui, après quarante-six ans d’existence, la boutique « Robert F » est très fréquentée par une clientèle toujours fidèle, à la recherche de grandes marques italiennes ainsi que Church ! Il est le plus ancien commerce de la ville. Denis Hussenot.

La boutique Robert F… avenue Victor Cresson, à Issy.

8 mars 2016

Conférence Matisse, les années isséennes

La maison de Matisse (1909-1919), avenue Charles de Gaulle, Issy.
Une fois encore, notre Historimienne Pascale va nous entraîner à la découverte des dix années que le peintre Henri Matisse a passé à Issy. Il s'agit bien d'une conférence et non - comme annoncé par mégarde dans le Point d'appui de mars - d'une exposition et, encore moins, d'un vernissage !




4 mars 2016

Odette, Isséenne depuis plusieurs décennies (suite)

Voici, comme promis, la suite du témoignage d'Odette, toujours aussi souriante…

Odette. Ph. P. Maestracci
La résidence Matrat-Voisembert
Depuis juin 1943, Odette habite avec sa famille dans la résidence Matrat-Voisembert, un ensemble de bâtiments construits dans les années Trente, avant-gardistes pour l’époque et destinés à une clientèle choisie (ci-dessous). Les toits plats étaient prévus pour servir de solarium. Les appartements au nombre de deux par palier avec des portes à double battant, sont grands et disposaient d’une lingerie qui pouvait servir de chambre.
Façades des immeubles années Trente. © XDR
En effet, bon nombre de familles de militaires habitaient là car ils étaient proches du ministère de l’Air et desServices techniques des constructions navales (et son bassin des carènes, construit par Perret) un peu plus loin vers la Seine. Les ordonnances des officiers occupaient ces chambres et disposaient d’une douche et de toilettes installées de part et d’autre des passerelles à l’arrière des immeubles. Un renfoncement sur les passerelles permettait d’installer un petit brasero à proximité des douches. Il est à noter que le ministère de la Défense inauguré en 2015 est toujours aussi proche de la résidence !
La résidence abrita également avant-guerre, une colonie de Russes « blancs », comme dans d’autres immeubles de la commune.

Les commerces
Au rez-de-chaussée des rues Matrat et Voisembert, de nombreux commerces permettaient de vivre quasiment en autarcie. Rue Matrat : le cabinet médical d’un ORL, un coiffeur au n°1, une épicerie au 5. Rue Voisembert : au n°1 un marchand de journaux et une boucherie, une grande épicerie au 3 , une pharmacie au 5. À l’angle des rues Matrat et Georges Marie, une crémerie Le Cercle Bleu et une boulangerie (qui existe encore). Tout près, un serrurier de la rue Georges Marie travaillait pour les résidents. Enfin, il y avait au sous-sol une pompe à essence et un garagiste qui réparait et lavait les voitures.
Ces commerces ont disparu et les boutiques des deux rues remplacées par des appartements lors du ravalement il y a quelques années. D’autre part, il n’y a plus d’odeur ni de poussière de tabac dans les appartements depuis la fermeture en 1978 de la très proche Manufacture des Tabacs inaugurée en 1904.

Le quartier après-guerre
Il y eut longtemps un marchand de charbon, « un bougnat », à l’angle des rues G. Marie et Hartmann. Un immeuble résidentiel occupe son emplacement. Un peu plus loin, un pavillon en meulière rue Gabrielle d’Estrées fut occupé par la violoniste Ginette Neveu morte tragiquement en 1949 dans un accident d’avion aux Açores qui fit périr aussi Marcel Cerdan.

Rue Ernest Renan.
À l’angle des rues Ernest Renan et Oradour-sur-Glane se trouvait « une Halle aux grains » qui avait « une porte énorme », sorte d’entrepôt à proximité du pavillon de l’octroi. Ce bâtiment servit ensuite à stocker les moquettes placées dans les halls du Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Il est remplacé par un vaste hôtel de nos jours. Aux numéros pairs de la rue Renan, il y avait ensuite un café, une boulangerie et une auto-école.
Une clinique existait rue de la Villa Marguerite et juste à l’angle, un bazar remplacé par un restaurant puis au-delà une boucherie chevaline et l’imprimerie Desfossés. De l’autre côté de la rue Renan, entre le square Fournieret la rue du Quatre-Septembre, il y eut l’entreprise Javel-La Croix, d’abord été remplacée par le bureau des Eaux et Forêts (ministère de l’Agriculture) puis un cabinet d’experts-comptables. À côté, une école d’apprentissage du bâtiment était installée square Fournier. La rue Foucher Lepelletier desservait des jardins ouvriers et l’imprimerie Desfossés, tous remplacés par des immeubles et des jardins d’agrément. Rue du Général Leclerc, face à l’Hôtel de Ville et à l’emplacement du Centre administratif, se tenait « la cour des miracles avec des vieilles baraques et des rues comme au Moyen-Âge ».


Eglise Saint-Benoît. ©XDR
La paroisse Saint Benoît
Odette a connu l’ancienne chapelle où, du fait de son statut, aucune célébration de mariage ni d’enterrement ne pouvait se dérouler. Le bâtiment aux gros pylônes était vétuste ; il y pleuvait. La cour était en terre. La chapelle fut démolie en 1971 et remplacée par une église moderne en sous-sol, une vaste cour dallée encadrée par des salles (ci-contre). Le père Guesdon en fut le premier curé lorsque la chapelle fut remplacée par une église. Il est à noter que furent prévus des logements pour les prêtres.
Odette aida le père Lefort pour le pré-catéchisme et les ventes de charité devenues Journées d’amitié, toujours organisées chaque année le dernier week-end de novembre. De longues années et pour cette occasion, Odette prépara le petit-déjeuner pour ceux qui assistaient à la messe de 7 heures du matin. Elle fut responsable du textile pendant vingt-et-un ans. Un grossiste près de la place de la République vendait du linge de maison. Il fallait aller chercher les cartons huit jours avant la vente, préparer le linge pour l’exposer et rapporter les éventuels invendus la semaine suivante. Odette apporta aussi son aide pour déballer les bibelots et objets vendus dans les salles consacrées à la brocante.
Avec son groupe, Odette étudie la Bible tous les 15 jours. Après l’Ancien Testament, c’est l’étude du Nouveau Testament. D’autre part, une séance mensuelle de réflexion porte sur la question : « À quoi sert un chrétien ? ». Il y a le Rosaire une fois par mois chez l’une ou l’autre des participantes. La méditation précède la récitation du chapelet. Enfin, il y a un Chapelet en octobre puis en mai. Cela pendant 4 jours du mardi au vendredi.

Saint Benoît. © XDR
C’est avec reconnaissance que je remercie Odette qui a très chaleureusement accepté de me recevoir pour narrer ses souvenirs heureux ou plus douloureux. Merci aussi à Madame Colette Provôt qui m’a fait rencontrer la formidable Odette. P. Maestracci

26 février 2016

Odette, Isséenne depuis plusieurs décennies

Origines
Odette, toujours souriante. Ph. P. Maestracci
Issue d’une famille parisienne, Odette (ci-contre) porte, outre les prénoms de ses grands-mères, celui choisi par son parrain. Sa famille a habité le 16e arrondissement où elle est née, puis les 6e et 1er arrondissements. Elle est baptisée et fait sa communion à l’église Saint-Roch. Elle fréquente l’école Sainte-Marie près de l’église Notre-Dame des Champs puis le cours Sainte- Geneviève, 35 rue Saint-Roch.
Andrée, sa maman « formidable », a reçu une éducation soignée avec cours de piano et de broderie. Elle se marie et a deux enfants, Odette et Maurice. Devant travailler, elle devient employée de bureau à la Standard Oil ( S O ou Esso) rue de la Tour des Dames (9e arrondissement) avant une mutation à Lyon. L’oncle d’Odette, quant à lui, était dessinateur et travailla aux catalogues du Bon Marché, célèbre magasin du 6e.
Odette commence à travailler à la librairie Carusse, à Lyon, puis au comité de Ravitaillement à Villeurbanne pour la région de Bourg-en- Bresse. Ce comité dépendait du bureau des statistiques (nom officieux du ministère de la Guerre).

Arrivée à Issy-les-Moulineaux en pleine guerre
Odette et sa famille arrivent en juin 1943 dans un appartement de l’ensemble Matrat-Voisembert. Il y avait des logements disponibles dans cette « zone rouge », placée sous la menace des bombardements alliés en raison de la proximité des usines Renault à Billancourt, à quelques kilomètres seulement à vol d’oiseau. Il y avait eu un bombardement allemand en juin 1940 avec une bombe qui tomba dans la cage d’ascenseur de l’immeuble au 7 rue Matrat. Une bâche de protection restera en place jusqu’en 1951, date à laquelle il y eut des réparations lors de la mise en vente d’appartements.


Tickets de rationnement J3
(pour les adolescents). Août 1944.
Un pain, conservé
depuis août 1944.
Lors des alertes, les résidents descendaient se réfugier au 2e sous-sol où avaient été aménagées des alvéoles formées de pierres en guise de protection. Celles-ci existent toujours mais ont été regroupées dans un coin du sous-sol ! Il était possible d’aller d’un immeuble à l’autre lors du couvre-feu en passant par les parkings. Odette se souvient qu’un berger allemand en aboyant donnait l’alerte avant toute sirène. Il vivait dans un pavillon (disparu) à l’angle de la rue Renan et du square Fournier. Il pressentait l’arrivée des bombardiers et s’exprimait bruyamment. Les canons de DCA installés dans les terrains de sport à l’emplacement du grand hall du Parc des Expositions faisaient trembler le haut des immeubles Matrat-Voisembert. Régulièrement, les soldats allemands patrouillaient avec des chiens rue du Quatre-Septembre, à l’intérieur du Parc des Expositions qu’ils avaient bien entendu réquisitionné.Le froid était intense dans les appartements et Odette partait à vélo chercher du bois dans la forêt de Meudon pour les petits poêles installés sur les passerelles joignant les appartements. La cuisine se faisait en plein air et en bavardant. « C’était vraiment sympa ». Les tickets de rationnement (ci-dessus à gauche), indispensables pendant l'Occupation, restent en vigueur jusqu'en 1949.


Brassard d'Odette et fascicule
de la Crois-Rouge.
Odette rejoint les équipes d’urgence de la Croix-Rouge (ci-contre, son brassard) dont le local se situait 17 rue du Général Leclerc. Elle participe aux opérations humanitaires lors de la Libération pendant l’été 1944 tant dans le quartier isséen de la Ferme qu’à Paris. Il y eut un effroyable bombardement allié sur le quartier de la Chapelle dans le 18e arrondissement. Le « sol a ondulé » comme s’en souvient Odette. Des jeunes sont montés sur les toits en terrasse des immeubles Matrat-Voisembert ; malgré la distance, l’incendie était visible à l’autre bout de la capitale. L’équipe isséenne de la Croix-Rouge fut chargée de déblayer les décombres du quartier meurtri.
Odette a accompagné également des proches reconnaître les corps des victimes suppliciées par les Allemands à la morgue de l’hôpital des Petits-Ménages (actuel Corentin Celton), rue Séverine. En effet, les Allemands occupant les Services techniques des constructions navales (et son bassin des carènes, construit par Perret),  près de la place Balard dans le 15e, y avaient créé un centre de torture. Odette parle des « gens fusillés et jetés dans la Seine ». Dans une salle, elle a vu des poteaux coupés ou cisaillés par les balles utilisées lors des exécutions. Des bandeaux pleins de sang jonchaient le sol. Un courant électrique traversait le corps de victimes assises sur des bancs. La trace de mains des suppliciés était incrustée sur les murs comme « un tableau immense ».


Travail et famille
La paix revenue, Odette travaille dans un service officiel de statistiques dans un hôtel particulier, rue de Monceau dans le 7e. Elle passe ensuite au ministère du Ravitaillement dans un bureau dédié à la tomate puis dans un autre consacré au café. Dans ce service, là encore dans un hôtel particulier rue Roquépine, elle s’occupait du standard téléphonique et de l’accueil des professionnels parmi lesquels le représentant de Lefèvre-Utile (biscuits Lu de Nantes) et le torréfacteur Vandamme qui fabriquait aussi des gâteaux..

Odette rencontre Roger qui était comptable chez ESSO. Les bureaux se trouvaient alors avenue des Champs-Élysées à l’angle de la rue Balzac avant leur transfert en 1969 à la Défense où ce fut la première tour (démolie et remplacée de nos jours).
À propos de son mariage, Odette a ces phrases merveilleuses : « j’ai eu beaucoup de chance » et « on a beaucoup ri ». Le couple a deux filles, devenues médecins. L’aînée, mère de 4 garçons et grand-mère de 3 petits-enfants est toujours isséenne et vit non loin de sa maman. La cadette qui a une fille et 2 garçons vit en province. Quand elles étaient petites, Odette les promenait dans un petit jardin porte de Versailles, seul espace vert dans le quartier. Les deux filles allèrent au Petit cours Marmagnant, en contrebas de la rue du Quatre-Septembre, entre les rues Eugène Baudouin et de l’Université. Les cours étaient centrés sur « l’orthographe, la dictée et le calcul ». Cela n’empêchait pas les enfants de jouer aux « gendarmes et aux voleurs » dans la cour de récréation ! Par la suite, ses filles ne purent aller au lycée Michelet encore réservé aux garçons et fréquentèrent le lycée Camille Sée dans le 15e. P. Maestracci
Photos collection familiale. A suivre le 4 mars, 18 h.

22 février 2016

Paul Drezet et la MJC - Souvenirs, souvenirs…

Dès sa création en 1966, j’ai été membre de la MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) et j’ai poursuivi cet engagement jusqu’à la fin des années 1990. J’y ai été membre élu du Conseil d'administration pendant seize (ou dix-sept ans). J’ai donc connu les locaux de l’avenue du Général Leclerc, puis ceux de l’avenue Jean Jaurès (ancien bâtiment à vocation religieuse) enfin ceux qu’elle occupe actuellement, au 31 Boulevard Gambetta (ci-dessous).

Le bâtiment , inauguré en 2006, aest l'œuvre de l'architecte Jean-Michel Wilmotte.
Plusieurs souvenirs personnels marquants sont stockés dans ma (petite) mémoire centrale.

1° Le premier directeur, Michel Arbonier, m’avait chargé de l’aider dans le suivi des comptes de notre association. À chaque Assemblée générale, j’exposais le rapport financier (casquette « trésorier ») et donnais mon avis sur la régularité et la sincérité des comptes( casquette mode « commissaire aux comptes » ) ! La MJC, se structurant en arrivant dans ses locaux actuels, a recruté un comptable qui m’appelait au secours, quasiment tous les quinze jours car il constatait une « dérive » des dépenses !

J’ai participé à l’organisation d’un tournoi de judo pour enfants et adolescents (il y avait une activité judo qui marchait bien à la MJC), dont l’idée revenait à l’un des professeurs de judo de la maison. Ce tournoi qui a eu lieu au gymnase du stade Jean Bouin a réuni plus de 200 judokas venant de clubs de la région et d’autres, une bonne vingtaine d’un quartier de Marseille venus en autocar avec leurs entraîneurs et autres accompagnateurs. Le tournoi s’est terminé par des spectaculaires démonstrations de sports de combat par des sportifs de haut niveau. Tout le monde avait beaucoup aimé cette manifestation.

En 1983/84, la MJC a eu besoin de recruter une personne pour l’accueil. La direction a reçu plusieurs candidatures et m’a demandé mon avis. J’ai proposé de recruter Philippe Renaud qui a très bien réussi et qui a dépassé nos plus folles espérances. En effet, il m’a proposé d’organiser chaque vendredi soir puis un samedi sur deux à partir de 1986, des concerts de musique rock, avec deux groupes à chaque fois, le public en départageant l’un des deux qui était invité à revenir le vendredi suivant. Je passe sur le pouvoir de conviction que j’ai dû inventer pour faire admettre le projet au Conseil d’Administration, auprès des voisins et à la Mairie (mais je retiens avoir apprécié le soutien des deux représentants de la municipalité, Madame Hélène Decaux et Monsieur Richard Calmel). Ce fut une réussite ! 


Ce « spectacle-concert participatif » appelé Farenheit a connu les honneurs de la presse (l'une des affiches ci-dessus). Il fallait retenir souvent sa place, y compris à la FNAC à Paris ! Entre 1984 et 1993, il y a eu environ 500 groupes de rock qui sont venus ; chaque année, 5 000 spectateurs étaient présents. EN 1988, le 100 ème concert s’est déroulé au Zénith, avec 7 000 personnes, 10 groupes de rock et le soutien du Ministre de la Culture, Jack Lang ! Beaucoup de groupes de rock s’y sont fait connaître : La Mano Negra, Les Garçons Bouchers, Les Innocents, Chihuahau, Les Portemanteaux, Les Hillbillies etc. Philippe est devenu l’agent de certains d’entre eux. 
La réussite de ce projet montre que cela correspondait à un vrai besoin. Les différents directeurs de la MJC et le Conseil d’Administration l’ont soutenu et ont été convaincus. Cette réussite, outre les représentants de la Mairie cités, doit beaucoup à Claude Rejon, longtemps vice-présidente de la maison sans qui rien ne se serait passé de cette si belle façon ! Bien sûr, au départ, il y avait Philippe et son projet, entre nous, quand même surprenant quand je l’ai entendu pour la première fois !
http://www.historim.fr/2015/06/lextraordinaire-aventure-de-fahrenheit.html


Enfin, je n’ai pas été d’accord sur le changement de nom de la MJC : quand la question est venue en Conseil d’Administration, j’ai proposé un autre nom… Mais Icare qui s’était élevé et qui avait voulu côtoyer le Soleil, est tombé ! Le logo (ci-contre) est formé des deux lettrines E et I suggérées par une ligne sinueuse pour les deux initiales de l’Espace Icare. Il est apposé sur l’affiche extérieure rappelant les nombreuses activités proposées. Le gâteau dessiné au-dessous symbolise les festivités prévues cette année!
Je suis cependant heureux de constater que notre Espace a choisi l’envol vers la Sagesse ! Paul Drezet


L’Espace Icare est l’ancienne MJC dont Paul Drezet évoque les souvenirs marquants. Le nom d’Icare rappelle irrésistiblement le fils de Dédale, ingénieux auteur du labyrinthe du palais du roi Minos en Crète. Père et fils s’en sont évadés dans les airs, grâce à des ailes faites de plumes collées à la cire. C’est à rapprocher évidemment  du tout proche terrain d’aviation, devenu l’Héliport de Paris. Si Icare s’est trop rapproché du Soleil, ce qui a fait fondre la cire des ailes et a provoqué sa chute et sa noyade, l’Espace Icare, lui, fête cette année ses 50 ans d’existence et poursuit son envol.  Depuis 2009, il gère aussi l’Espace Manufacture et y présente de très belles expositions de photographies.
Sous la direction de Jean-Philippe Brun, cinquante événements sont programmés de février à juin pour célébrer ce demi-centenaire. Á l’intérieur, le hall d’accueil avec le bureau d’information sert également de galerie d’exposition à des artistes variés et talentueux. À droite, un renfoncement avec des sièges et un bar permet une halte appréciée en particulier par les familles attendant les enfants qui pratiquent une activité à l’Espace Icare. Juste à gauche de l’entrée, un accès vers la salle de spectacle bien insonorisée au sous-sol. Toute la musique peut s’y déployer sans mesure ni gêne pour le voisinage. (Photos de  P. Maestracci).


Pour en savoir plus : 01 40 93 44 50 ou www.espace-icare.com

17 février 2016

La Mémoire du champ d'aviation d'Issy-les-Moulineaux

Comme nous vous l'avons annoncé au Forum en septembre dernier, comme nous l'avons évoqué lors de la conférence de Jacques Primault sur le premiers grands avionneurs (Nieuport, Caudron, Voisin) en novembre, le grand projet d'Historim pour l'année 2016 a pour thème : 

la Mémoire du champ d'aviation d'Issy-les-Moulineaux.

Il n'existe aujourd'hui que deux supports rappelant l'histoire aéronautique de notre commune :

- un monument dédié au 1er km fermé par Henry Farman, en 1908 (ci-dessous).


- une plaque commémorative de l'aviateur roumain Trajan Vuia (ci-dessous).

© Michel Julien
Cette histoire est souvent méconnue des Isséens. D'où ce projet, partagé par le Musée français de la carte à jouer (qui devrait mettre en valeur leur patrimoine aéronautique) et les deux comités de quartiers concernés. Il s'agirait, dans un premier temps, d'implanter 4, 6 ou 8 panneaux d'information historique (avec photos et textes en français et en anglais) autour de l'ancien terrain d'aviation.
Affaire à suivre - nous vous tiendrons au courant, bien entendu. PCB

En attendant, pour ceux qui n'étaient pas à la conférence du mois de novembre, une vidéo qui vous raconte tout. Un grand merci à René qui a enregistré et fait le montage !

13 février 2016

Didier… l'Espace d'Hommes

Vous avez été nombreux à nous demander d'ouvrir une rubrique sur les plus anciens commerces de notre ville. Notre historimien Denis y travaille. 
Et voici son premier article !



1964. La famille Naouri (Jean-Pierre, son épouse institutrice et leurs enfants) arrive d’Algérie. Jean-Pierre a toujours « baigné dans le textile ! Son père était tailleur à Bône (aujourd’hui Anaba, à une centaine de kilomètres d’Alger) et lui-même a travaillé dansune société belge de vente de couvertures, toujours en Algérie.
En 1965, Jean-Pierre achète le fonds de commerce situé au 37 rue Ernest Renan (ci-dessus), dans le quartier Les Varennes, à Issy-les-Moulineaux, alors occupé par une quincaillerie et composée d’un petit magasin, d’un hangar (servant de réserve) et d’une « cabane » dans une courette. Écoutant son « gêne textile » et profitant de la grande mode, à l’époque, du prêt à porter, il ouvre un magasin de vêtements pour hommes et femmes, qu’il nomme « Didier », prénom de son fils.
Après avoir habité » Suresnes, la famille Naouri s’installe en 1967 au 5 Bld Voltaire, tout proche du magasin, devenant définitivement isséenne. Les affaires marchent alors très bien, permettant dans les années 1970-73 des agrandissements des locaux.

En 1990, leur fille Pascale (à droite) succède à son père et assure la gérance du magasin. D’importants travaux de décoration sont entrepris, modernisant et embellissant le magasin (seuls les rideaux bleus des cabines d’essayage resteront d’origine !!!) Mais, à partir de 1992, la très forte concurrence des grandes surfaces rend les affaires plus difficiles. Le déclin progressif des détaillants « multimarques » s’accentue, conduisant en 1999 à la fermeture du rayon féminin pour ne conserver que « l’espace d’hommes ». 
Le 12 décembre 2006, à midi, un incendie d’origine accidentelle, mobilisant de nombreux pompiers et ameutant tout le quartier, détruit une grande partie du magasin. Il faudra six mois de travaux pour lui rendre son aspect initial et relancer le commerce.
En 2015, le cinquantième anniversaire du magasin est célébré en présence de Monsieur le Maire André Santini, faisant de l’Espace d’hommes l’un des plus anciens commerces de la ville. Denis Hussenot

Pour suivre le quotidien de la boutique :

9 février 2016

Le stand de tir d'Issy-les-Moulineaux

Triste souvenir que ce stand de tir - dit stand de tir Balard - installé sur le champ de manœuvre d'Issy-les-Moulineaux, créé en 1938 pour l'entraînement des policiers parisiens. Il y avait deux stands : l'un de 200 m, l'autre de 50 m.

A la Libération en août 1944, le stand de 50 m, occupé pendant la guerre par les nazis, est "redécouvert", par le commissaire de police Henri Danty et le photographe Roger Schall. Le rapport du commissaire  est on ne peut plus clair :
" - 3 poteaux d’exécution criblés de balles, dont l’un est presque sectionné par les balles, sur lesquels sont accrochés des bandeaux et des cordages (destinés aux suppliciés) ;
- 6 poteaux rasés, sectionnés par les balles et 6 poteaux neufs, rangés le long du mur
- un mur recouvert d’amiante qui portait des centaines de traces de mains,
- des cercueils contenant chacun plusieurs corps…
 - des fours, dont on peut imaginer qu’ils pouvaient servir pour brûler les corps des martyrs, qui n’ont jamais été retrouvé."
Le photographe prend quelques clichés, dont celui-ci :


Le premier massacre eut lieu le 6 juillet 1942. 143 personnes y furent torturées et, ou, fusillées. 
Le stand de tir d'Issy-les-Moulineaux est détruit le 24 juin 1964, pour cause de travaux. Une plaque commémorative, portant les noms des 143 victimes (ci-dessous), se trouve 6 avenue de la porte de Sèvres, dans le 15e arrondissement, témoin de ces horreurs. PCB.