9 mai 2017

8 mai 2017 - Commémorations à Issy

Dépôt de gerbe au Monument du Maréchal de Lattre, en Centre Ville,
par  deux "anciens" de la Seconde Guerre mondiale,  Robert Dubot
et Robert Choffé,  tous deux dans leur  94e année. © A. Bétry

7 mai 1945, Reims… la Seconde guerre mondiale est terminée, la reddition de l'Allemagne est signée. Un grand jour commémoré dans toutes les communes françaises… le 8 mai ! Staline est furieux : il exige une nouvelle capitulation à Berlin, occupé par les Soviétiques. Dans la nuit du 8 au 9 mai, c'est chose faite. Le général de Lattre de Tassigny (il n'est pas encore maréchal) signe l'acte de capitulation pour la France.


Commémoration du 8 mai 2017, Square Bonaventure Leca, devant la plaque aux Veuves et Orphelins de guerre.
© A. Bétry

À Issy-les-Moulineaux, en ce 8 mai 2017, les écoliers étaient porte-drapeaux (ci-dessus). Une belle passation du souvenir entre les "anciens" et la jeune génération. PCB


Fanfare de la Police nationale, place de la Mairie. © A. Bétry









7 mai 2017

1973 : explosion à l'usine Gévelot. Suzy se souvient

Historim a consacré plusieurs articles à l'explosion de l'usine Gévelot, le 10 juillet 1973 : conférence, témoignages de pompiers, photos…  Voici le témoignage de Suzy, alors  infirmière à l’hôpital Corentin Celton. Aujourd'hui elle est  bénévole d’associations comme le CIB et membre du Conseil Communal des Aînés.

Suzy Pavan, ancienne infirmière.
Le 10 juillet 1973, elle était de garde et finissait son service à 23 heures. De retour chez elle un peu plus tard vers minuit d’après ses souvenirs (en réalité quelques minutes plus tard), elle entend une explosion provenant de l’entreprise de munitions Gévelot, rue Aristide Briand. 
Du coup, le 11 au petit matin, elle retourne à l’hôpital où il n’y avait pas « d’infirmière aux urgences ». D’autres membres du personnel revinrent aussi prêter main-forte car c’était « un champ de bataille ». Beaucoup de pompiers étaient blessés. Suzy utilisa un portemanteau, faute de mieux, pour soutenir les tubes de perfusion. Elle retira des visages de nombreux éclats de bois, prépara les victimes pour le bloc opératoire ou pour leur transfert vers d’autres hôpitaux. Elle se souvient « des membres écrasés » des blessés aux visages noircis par les fumées de l’incendie et qu’on n’avait pas eu le temps de nettoyer. Texte et photo P. Maestracci

Retrouvez sur le site 


2 mai 2017

Le port d'Issy-les-Moulineaux

Alors que depuis fin 2015, les travaux vont bon train pour l'aménagement des berges et du port d'Issy, voici ce qui avait été envisagé dans les siècles passés. Et nous l'avons échappé belle ! Certes, nous avons bien subi une grande crue en 1910 (et une petite en 2016) mais si le projet de créer une rade sur la plaine de Grenelle et jusqu’à nos portes avait vu le jour, le visage de notre ville aujourd’hui ne serait pas celui que nous connaissons.

Un canal de la Manche à Paris
En fait, cette idée de rade s’inscrivait dans un projet plus vaste datant du XVIIIe siècle, celui de rendre la Seine navigable aux grands vaisseaux par l'ouverture d'un canal qui irait de la Manche – au départ de Cherbourg – à Paris, bref, de créer un vrai port aux portes de Paris. Ce projet est d’abord présenté à Louis XVI, mais il est vivement combattu par les architectes, qui le regardent comme « capable d'entraîner la ruine de la capitale par la filtration de l'eau salée à travers le terrain calcaire qui sert de base à Paris ».
Dans son  Tableau de Paris, publié en 1781 (1000 chapitres en 12 volumes !), un certain Louis Sébastien Mercier revient à plusieurs reprises sur le projet, qu’il fait partir cette fois de Dieppe.

Des projets fous sous Napoléon
Lucien Lambeau, dans son Histoire des Communes annexées à Paris en 1859 (ci-contre) écrit : « A diverses reprises, on tenta d’utiliser la plaine de Grenelle. Naudy Perronnet soumit à Napoléon 1er un projet pour transformer la plaine en une rade - ou naumachie - pour la manœuvre de navires destinés aux élèves d’une école polytechnique à créer ». Cette proposition, qui aurait pour effet d’inonder la plaine de Grenelle et le bas d’Issy (voir ci-dessous le plan dessiné par Girardet et lithographié par Joumatz) s’inscrit dans un autre projet d’urbanisme, qui lui non plus ne verra jamais le jour, celui d’une « cité Impériale » bâtie sur la colline de Chaillot.


Le comte de Las Cases, dans le tome IV du Mémorial de Sainte-Hélène, s’attribue l’idée, écrivant « qu'il présenta à Napoléon, en 1811, un plan pour transformer le Champ de Mars en une naumachie qui eût servi d'ornement au Palais du roi de Rome, et qu'on aurait creusée suffisamment pour recevoir de petites corvettes destinées à l'instruction d'une école de marine installée à l'École militaire » (tableau ci-dessous).


Mais Naudy Perronnet revendique l’idée dans un ouvrage publié en 1825, précisant l'avoir proposée lui-même à l’empereur en 1812, avec cette seule différence qu'il établissait sa rade ou son bassin dans les plaines de Grenelle, de Vaugirard et d’Issy. Napoléon aurait répondu : « L’idée est bonne et l’intention excellente, mais il faut que cela passe par les mains de maîtres expérimentés ». Une belle façon d’enterrer le projet.

Paris, port de mer
En 1825, sous l’impulsion du baron Charles Dupin, polytechnicien et ingénieur naval, une brochure intitulée Paris port de mer a pour but de démontrer, à nouveau, l’intérêt du projet, s’agissant cette fois d’un canal destiné à permettre à des navires de 800 tonneaux de rejoindre Paris.

En 1865, sans doute portée par le percement du canal de Suez, l’idée d’un tel chantier ressurgit à la parution d’un livre de Victor Fournel écrivain, journaliste et historien, intitulé Paris nouveau et Paris futur (ci-contre). Sans doute excellent historien – aujourd’hui oublié - mais moins habile pour prédire l’avenir, il écrit : « Ce projet, qui pouvait jadis paraître une utopie, est tombé aujourd'hui dans le domaine des gens pratiques, et il est probable qu'il ne se passera pas bien longtemps avant qu'il s'exécute. »

Mais déjà fin XIXe, il est évident qu’un tel projet d’urbanisme n’est plus réalisable sur les plaines de Grenelle, de Vaugirard et d’Issy, accueillant désormais de nombreuses entreprises, des logements, une usine électrique et la voie ferrée Paris-Versailles. Toutefois, l’idée d’un port à l’ouest de Paris sera reprise après la Première guerre mondiale, pour être implanté cette fois à Gennevilliers, dans une zone encore très agricole.

Ouf !
Si le projet de Mercier avait vu le jour à Issy fin XVIIIe, inondant la plaine entre la Seine et l’axe actuel Renan-Leclerc-Cresson, l’histoire de la ville en eût été changée : pas de passé industriel (l’usine Gévelot, la Blanchisserie de Grenelle, la biscuiterie Guillout, Ripolin, les usines d’aviation…et les sièges sociaux d’aujourd’hui), la ligne de chemin de fer Paris-Versailles devant trouver un autre chemin, le périphérique construit sur pilotis, et, surtout, l’histoire de l’aviation française ne prenant pas son envol à Issy ! Jacques Primault






27 avril 2017

Hôpital Corentin Celton - démolition des bâtiments des années 1930

Historim vous informe régulièrement des changements du paysage urbain d'Issy-les-Moulineaux. Dans notre rubrique Quartiers, vous trouverez des photos, témoins de bâtiments aujourd'hui disparus. En ce moment même, notre Historimien Michel participe à la campagne photographique organisée dans le cadre de l'aménagement du projet Cœur de Ville (ancien CNET). Et voici, un nouveau témoignage concernant l'Hôpital Corentin Celton, dans le quartier Centre-Ville, détruit en février 2017.

Bâtiments Vassal avant démolition. A droite, l'entrée de l'hôpital pour
les ambulances, rue Séverine.
Les Petits-Ménages, installés dans la commune en 1863 pour accueillir des personnes âgées, s’agrandissent au XXe siècle en raison de besoins croissants. Le legs de Mme Vassal décédée en 1925 permet la construction de nouveaux bâtiments. L’ensemble s’appelle l’aile Vassal (ci-dessus) du nom de la bienfaitrice. La construction en deux étapes jusqu’en 1936 se fait entre l’ancienne partie des Petits-Ménages et la rue Séverine. Les bâtiments forment un H le long de cette rue. Ils ont trois étages et les murs extérieurs sont en briques jaunes avec une frise rouge au dernier étage. Ils disposent de chambres individuelles ou de chambres doubles pour les couples. Un des pavillons réserve 40 chambres pour les anciens travailleurs des Petits-Ménages.

Au sortir de la guerre, les Petits-Ménages deviennent l’hôpital Corentin Celton. Les bâtiments des années 1930 sont occupés jusqu’à leur disparition programmée par des services de rééducation et la psychiatrie au niveau inférieur.

Destruction du bâtiment le long de la rue Séverine.
Les premiers bâtiments qui datent du Second Empire ont été démolis et remplacés en partie par l’actuel hôpital et en partie par des immeubles résidentiels reprenant le plan originel. Il ne reste de l’époque que l’ancienne entrée (rue du Vivier puis J-J Rousseau, actuellement rue Guynemer), la chapelle désaffectée pour le moment et le bâtiment placé derrière elle et transformé en crèche. Les arcades autour du jardin ouvert au public ont aussi été préservées.

L’ancienne aile Vassal est progressivement détruite comme la morgue qui était à l’angle de la rue Renan. Les derniers bâtiments viennent de disparaître. Ils seront remplacés par des immeubles résidentiels en forme de H mais celui-ci, perpendiculaire à la rue Séverine. Ci-dessus : Au fond de part et d’autre se dessine la résidence Lasserre, également née d’un legs et déplacée de l’avenue Jean Jaurès il y a quelques années. Ci-dessous : À gauche, il y a l’aile Corentin 2 ou aile Leplat ; à droite, l’arrière du bâtiment Champeau. Ces éléments de l’hôpital ne seront plus visibles lorsque les constructions prévues seront achevées. Textes et photographies P. Maestracci.


Destruction du tout dernier bâtiment de l'ensemble Vassal.

20 avril 2017

Séminaire Saint-Sulpice : mort de Jean-Jacques Olier, 2 avril 1657

Il y a 360 ans, mourait Jean-Jacques Olier, né à Paris le 20 septembre 1608, fondateur de la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, et, par là même, du Séminaire Saint Sulpice, 33 rue du Général Leclerc, à Issy-les-Moulineaux.

Jean-Jacques Olier (anonyme)
Jean-Jacques Olier à Paris
Après avoir prêché en Auvergne, Olier (ci-dessus) revient en Île-de-France et crée en 1641 une compagnie de prêtres qu’il installe dans le village de Vaugirard. Sa volonté est de former des ecclésiastiques capables d’enseigner, comme le faisait l’Ordre de l’Oratoire depuis plusieurs années en France. Il les installe dans une propriété aujourd’hui disparue qui correspondrait aux numéros 354-356 de l’actuelle rue de Vaugirard. Peu après, le séminaire est remplacé par un noviciat lors du transfert du séminaire à Paris. 

En 1642, Olier devient curé de l’église Saint-Sulpice (Paris, 6e arrondissement). En 1646, il commence la construction de l’église actuelle dont Anne d’Autriche posa la première pierre le 20 février mais la construction de l’église Saint-Sulpice n’est achevée qu’en 1745 par Servandoni. Olier transfère le séminaire de Vaugirard devant son église. Des prêtres du diocèse de Paris mais aussi d’Irlande, d’Angleterre et d’Amérique y sont formés. Une place avec une fontaine a remplacé ce séminaire. Olier étend sa congrégation en France et jusqu’au Canada. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages publiés après sa mort comme le Traité des Saints Ordres en 1676. 



Les Sulpiciens à issy
Cette même année 1676, l’ancienne demeure de Marguerite de Valois, reine de Navarre et de France, la célèbre "reine Margot" est mise à la disposition de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice. Cette demeure sur la Grande-Rue (rue du Général Leclerc) servit comme lieu de retraite dans la solitude pour les futurs professeurs. Au XVIIIe siècle, les Sulpiciens achètent un terrain le long de la rue de la Glaisière (rue Minard), en contrebas de l’église Saint-Étienne. Le bâtiment de la Solitude qui existe toujours y est construit. Les anciens bâtiments rue du Général Leclerc deviennent le Grand Séminaire où étudia Ernest Renan. 


Le Grand Séminaire d'Issy, vu des jardins. © A. Bétry
Le Grand Séminaire, très endommagé lors des combats de 1870-1871, fut ensuite reconstruit (photo ci-dessus). Sa rénovation et celle de la chapelle sont récentes.
Le Séminaire ouvre ses portes exceptionnellement au public le 22 avril 2017, de 14h30 à 21 h.
http://seminairesaintsulpice.fr/portes-ouvertes-2017/

Les Sulpiciens, rue de Vaugirard
Entre l’église Saint-Sulpice à Paris et Issy, les Sulpiciens possédaient plusieurs propriétés rue de Vaugirard : le noviciat aux numéros 354-356 (immeubles du début du XXe siècle), la maison de campagne des prêtres de l’église aux numéros 358 à 364 ainsi qu’un vaste jardin acheté en 1755. Celui-ci, relié par un souterrain traversant la rue, se trouvait juste en face aux numéros 391-393. Cela correspond de nos jours à l’université du Panthéon-Assas-Paris II et au Lycée autogéré de Paris. Une modeste rue Olier débouche rue de Vaugirard entre les immeubles des 264 et 264 bis, là où était la maison de campagne des Sulpiciens. P. Maestracci

Curé de l'église Saint-Sulpice, de 1642 à 1657.

16 avril 2017

Action solidaire au Collège Victor Hugo - Issy-les-Moulineaux

Après quelques jours de repos, les élèves retournent au collège. Certains du collège Victor Hugo, 22 rue Aristide Briand, à Issy, sont encore plus motivés. Ils ont un bien beau projet dont Historim vous parle aujourd'hui.


Le projet
Des élèves de Quatrième et de Troisième du collège sont engagés dans un projet international appelé Teen healthy-go (Adolescenforme) dans le cadre du 11e congrès mondial de l’IAAH (International Association for Adolescent Health) qui se tiendra du 26 au 29 octobre 2017 en Inde, à New Delhi). Il s’agit de répondre à une directive de l’Organisation Mondiale de la Santé qui demande à la médecine de faire évoluer ses pratiques et de mieux répondre aux besoins des adolescents.
Un atelier est formé de jeunes Indiens et Français encadrés par des professionnels de santé et des enseignants. Il doit réfléchir sur la santé des jeunes, les nouvelles technologies et les partenariats possibles. Une rencontre est prévue entre adolescents des deux pays en juillet 2017 en France afin de préparer les propositions qui seront exposées en octobre au Congrès de l’IAAH.

Le financement
Les élèves du Collège Victor Hugo se sont lancés dans une démarche originale de financement. Un atelier de tricot crée des petits chats en laine vendus pour financer une partie des voyages et des séjours. Le projet est sous la responsabilité du principal Jean-Pierre Chevalier, de Maritou Diallo médiatrice, et de la professeure et tricoteuse en chef, Carine Dreyfuss. P. Maestracci

Exemples de petits chats tricotés.
Informations pratiques
Pour encourager ce beau projet, il est possible d’acheter des petits chats en laine pour servir de porte-clés auprès des élèves médiateurs du Collège Victor Hugo, 24 rue Aristide Briand, 92130 Issy-les-Moulineaux. Le choix est large. Il existe même des possibilités de commande spécifique. 
Une cagnotte Leetchi a été lancée… Alors, n'hésitez pas et rendez-vous sur :




11 avril 2017

La rue Auguste Gervais à Issy-les-Moulineaux

Continuons notre balade - après l'île Saint-Germain et la rue du Fort, voici  la rue Auguste Gervais qui va du Centre-Ville vers les Hauts d'Issy.

Tombe d'Auguste Gervais.

La rue, anciennement appelée rue du Château, porte le nom d’Auguste Gervais qui fut maire de la commune de 1903 à 1908. Il est enterré au cimetière de l'Egalité. Ses titres et fonctions sont inscrits sur la stèle au-dessous d’un médaillon où il est représenté de profil à la manière antique (ci-contre). 
C'est l'un des neuf édiles auxquels la ville rend ainsi hommage. L’ancien nom de la rue tire son origine du château des Conti, princes du sang et propriétaires du château de 1699 à 1776.

Cette rue longue de 360 mètres décrit à mi-pente un zigzag. Elle relie deux places évoquant les deux Guerres mondiales : la place du Onze Novembre 1918 avec un monument aux Poilus, en haut ; et la place du maréchal de Lattre de Tassigny, en bas. La rue Auguste Gervais est également à l’intersection de la rue André Chénier, de celle du Général Leclerc et de l’avenue Victor Cresson. La circulation y est intense car c’est un axe transversal majeur entre les Hauts d’Issy et le quartier de l’Hôtel de Ville. Il est possible d’admirer en remontant la rue des bâtiments remarquables à différents titres. Alors, ouvrez l'œil !

L'immeuble des Colonnes.
Au premier numéro impair de la rue, un superbe immeuble d’angle dit des Colonnes (ci-dessus) fut construit par les architectes Delaire et Sage, SADG, en 1932. Il est caractéristique de l’architecture des années Trente. L’angle arrondi est mis en valeur par les trois colonnes de bow-windows sur les six étages d’où son nom. Chaque façade est mise en valeur par une partie saillante.

Vue de l'ancien château des Conti, qui abrite aujourd'hui
la Galerie d'histoire de la ville.
Au numéro 16, le Musée Français de la Carte à Jouer, construit en 1997, intègre l’ancienne entrée du château des Conti qui connut de nombreuses vicissitudes depuis la Révolution française. Démoli en 1910, il n’en reste qu’une petite partie de l’entrée monumentale (ci-dessus) ainsi que la fontaine aux Dauphins qui se trouve dans une propriété privée, rue Berthelot. 
Musée français de la carte à jouer.
Il a fallu veiller à l’étanchéité du sous-sol car toute cette zone en pente subit le ruissellement provenant de petites sources. Le musée se déploie sur deux bâtiments complémentaires. Le plus ancien, abrite les souvenirs de l’historie isséenne. Le plus récent expose une remarquable collection de cartes à jouer. La plus ancienne d’entre elles est un tarot de toute beauté : Le chariot de l’école de Ferrare, chef-d’œuvre de la moitié du XVe siècle. 
Une élégante passerelle métallique fait la jonction entre les deux parties du musée (ci-contre) ; elle est une forme contemporaine de marquise au-dessus de l’entrée du musée qui organise régulièrement des manifestations de qualité pour tous les publics. Il célèbre ses vingt ans d’existence cette année avec brio. Pour en savoir plus : www.museecarteajouer.com

De l’autre côté de la rue, en face du château, il y eut pendant longtemps une place ombragée où se tenait un bal populaire. Cette place disparut lors de la construction de logements sociaux. Une plate-forme accessible par un escalier l’a remplacée.

Un peu plus haut au 15 bis, une maison bourgeoise (ci-dessous) dans la courbe de la rue bénéficie d’un emplacement privilégié. Au XIXe siècle, ce fut la demeure estivale de la famille Foucher dont la fille Adèle fut courtisée en 1819 par son soupirant, un certain Victor Hugo ! Celui-ci venait à pied de Paris et empruntait donc la rue du Château. Textes et photos P. Maestracci.
Vue en contre-plongée de la rue Auguste Gervais, avec la maison
de la famille Foucher à gauche.


6 avril 2017

Rue du Fort, Issy-les-Moulineaux

Pourquoi ne pas profiter de ces vacances scolaires et du beau temps qui s'annonce… pour découvrir l'histoire de quelques-unes de nos rues. 
Et l'on commence par la rue du Fort, dans le quartier des Hauts d'Issy.

Cette rue qui ne mesure guère plus de 300 mètres fut longtemps le seul accès au Fort d’Issy. Celui-ci fit partie de la ceinture de forts complétant les ultimes fortifications parisiennes qui datent de 1840-1844. Situé à vol d’oiseau à deux kilomètres de Paris, il fut le siège de combats acharnés en 1870-1871 (voir, sur notre site, les différents articles dans la rubrique la Commune de Paris). Depuis 2013, il est transformé en un superbe et convivial éco-quartier dont la rue du Fort n’est plus l’entrée exclusive .  Cette ancienne porte (photo ci-dessous) est complétée par deux accès voûtés pour le passage des véhicules et des piétons.

Entrée du quartier du Fort. 
Entre la rue Gabriel Péri et l’avenue de la Paix, la rue du Fort abrite essentiellement des pavillons de styles variés. Certains ont été rénovés ou sont en cours d’aménagement. Les changements les plus spectaculaires concernent la zone proche du fort longtemps interdite à la construction.


Une école de briques rouges est bâtie dans les années 1930. C’est l’école "communale" du Fort réservée aux filles (photo ci-dessus). Les élèves sont sur deux rangées et placées par ordre de taille. Certaines ont des blouses et quelques unes des manteaux. Les trois maîtresses sont devant l’entrée.
Comme le département des Hauts-de-Seine n’existait pas encore, Issy-les-Moulineaux était encore dans le département de la Seine, d’où la précision en légende.

Dans les années 1950, le bâtiment surélevé d’un étage, est toujours une école maternelle et primaire pour les filles mais elle change de nom (photo ci-dessous). Elle s’appelle dorénavant Ecole Justin Oudin, maire de 1919 à 1922. Le bâtiment fut démoli ; il ne reste qu’un terrain inoccupé pour l’instant.

L'école Justin Oudin.
De l’autre côté de la rue, s'élève maintenant la nouvelle école maternelle et primaire Justin Oudin (photo ci-dessous), tout en bois, inaugurée à la rentrée 2013. Son entrée se situe allée Lucie Aubrac, en hommage à une célèbre Résistante.

La nouvelle école Justin Oudin.
Sous la rue du Fort, fut creusée en 1893 une cuvette de distribution des eaux. Une conduite passe ensuite par la rue de la Galerie pour aller au plus court. Elle alimentait une fontaine publique place des Marronniers (actuelle place du 11 Novembre 1918). Texte et photos Pascale Maestracci