Affichage des articles triés par pertinence pour la requête tour eiffel. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête tour eiffel. Trier par date Afficher tous les articles

10 octobre 2021

Radio Tour Eiffel - cent ans déjà !

Gustave Eiffel. © XDR
Si la radio a sauvé la Tour Eiffel, elle a rétréci Issy-les-Moulineaux. Et pour cause…
De 1887 à 1889, l’ingénieur Gustave Eiffel (ci-contre) crée un chef-d’œuvre d’ingénierie métallique sur le Champ-de-Mars à Paris. Mais, comme l'Armée l'utilisait pour des exercices militaires, il faut lui procurer un autre terrain pour vingt ans, durée de la concession à Gustave Eiffel. 

La Ville de Paris achète alors 63 hectares de terrain sur le territoire isséen, à l’extérieur des Fortifications. C’est ainsi qu’est créé le Champ de manœuvres que les débuts de l’aviation ont rendu célèbre et qui deviendra l’actuel Héliport de Paris.
© XDR

Quant à la tour Eiffel, haute de 300 mètres, elle est la principale attraction de l’Exposition universelle de 1889, célébrant le centenaire de la Révolution française. Quelques années après, elle devient un pôle majeur dans l’essor des télécommunications. Le 5 novembre 1898, Eugène Ducretet lance la première liaison radio électrique entre la Tour et le Panthéon. 
En 1904, une antenne de radio, financée par Gustave Eiffel, est installée en haut de la tour (carte postale de 1912 ci-contre) communiquant avec le poste Tour Eiffel T.S.F. - Télégraphie Sans Fil - (publicité ci-dessus), installé dans un baraquement en bois près du pilier sud. 



Militaires au 3e étage de la Tour. ©XDR
Dans le même temps, Gustave Eiffel met le 3e étage à disposition de l’Armée (ci-contre). Le bâtiment provisoire en bois de la radio est remplacé par des locaux permanents en 1909. Il n’est plus question alors de démolir la tour Eiffel, quand la concession de 20 ans s’achève, mais au contraire de la prolonger. 
La radio prend une importance stratégique pendant la Première Guerre mondiale ; dès le 27 juillet 1914, une circulaire ordonne la réquisition de tous les postes de TSF pour éviter des émissions de radioamateurs de plus en plus nombreux ; d'ailleurs, les locaux de la radio sont gardés en permanence par des militaires.


En 1921, Radio Tour Eiffel émet pour la première fois pour le grand public le 24 décembre. Pendant des années, la station diffuse des émissions d'actualité, les bulletins météo, les cours de la Bourse, mais aussi des concerts avec Yvonne Printemps, par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=DuYMLa1LpKg car "la Tour chante"… la publicité est bien là pour nous le rappeler (ci-contre). Mais vous pourrez aussi, pour en savoir beaucoup plus, vous connecter à https://www.issy.com/actualites/la-radio-fete-ses-100-ans-une-histoire-isseenne 


En 1925, le champ de manœuvres de l’Armée est rattaché au XVe arrondissement de Paris et forme une enclave délimitée par la rue Camille Desmoulins, les boulevards Gallieni et des Frères Voisin et la rue du colonel Pierre Avia qui séparent deux villes et deux départements !
Les essais de la télévision y commencent dès 1935, mais c'est en 1957 que la Tour Eiffel se trouve agrandie de vingt mètres par des antennes de télévision. Celles-ci sont d’ailleurs toujours en usage pour des dizaines de chaînes de télévision et de radio.
 
La tour Eiffel isséenne. © P. Maestracci

Issy-les-Moulineaux a donc perdu 63 hectares en faveur de l’Armée pour compenser la perte du Champ-de-Mars où domine toujours la tour Eiffel elle-même sauvée par la radio.
Mais la ville peut s’enorgueillir de posséder aussi une tour Eiffel, haute d’environ 2 mètres et datant de 1892, soit trois ans de moins seulement que le modèle originel. Classée au titre des Monuments historiques depuis 1988, elle est visible au 42 de la rue Renan (ci-dessus). Les deux tours ne sont distantes que d’un peu moins de 4 kilomètres à vol d’oiseau !
P. Maestracci
"À vous Cognacq-Jay, à vous Issy" -  Prochain rendez-vous le 14 octobre, 18 h.

P.S. Et n'oubliez pas de noter dans vos agendas la conférence de Daniel Grolleau-Foricheur sur le thème "De la télévision couleur à l'art vidéo… Jean-Christophe Averty", le samedi 23 octobre, 15 h au Musée français de la carte à jouer, 16 rue Auguste Gervais, à Issy.

6 octobre 2021

Gustave Eiffel et Ernest Renan

Ernest Renan. © XDR
Ernest Renan (1823-1892), écrivain, historien, philosophe (ci-contre), fréquente dans sa jeunesse (de 1841 à 1843) le Séminaire d'Issy. D'ailleurs, trois ans après sa mort, une rue porte son nom. Mais c'est aussi un homme curieux de toutes les innovations scientifiques de son temps. 

Gustave Eiffel ©XDR


Ainsi, il va rencontrer le célèbre Gustave Eiffel (1832-1923), l'homme de la Tour (ci-dessous), que vous allez découvrir prochainement  à l'occasion du centenaire de Radio Tour Eiffel, inauguré en 1921. Mais, revenons à l'année 1891. 

Depuis deux ans déjà la Tour Eiffel, élevée à l'occasion de l'Exposition universelle de 1889, domine Paris. Gustave Eiffel, son concepteur, a inclus dans les plans, tout en haut, au-dessus du 3e étage, un appartement de 100 mètres carrés, rien que pour lui (ci-dessous). Ascenseur et escalier desservent ce logis spacieux comportant cuisine, salle de bains, salon… dans lequel on trouve même un piano. Mais pas de lit… il préfère dormir sur terre.

L'appartement de Gustave Eiffel en haut de la Tour. © XDR

© XDR

Il y reçoit ses amis - dont l'Américain Thomas Edison, l'inventeur  du phonographe, cet instrument qui permet d'enregistrer les sons (ci-contre). D'ailleurs, il en possède un exemplaire, sur lequel il travaille, tout en faisant bien d'autres recherches scientifiques. 

Et c'est ainsi que le 17 février 1891, il enregistre la voix de… Ernest Renan, au cours d'une soirée mémorable.
Si l'original a disparu, la Bibliothèque nationale en détient deux copies… dont voici un extrait ! Écoutez bien, le son n'est pas toujours très audible : https://www.youtube.com/watch?v=E99DEwni3x4

Gustave Eiffel continuera ses recherches scientifiques pour très vite transformer la Tour en un centre d'émission des premiers signaux radio. Il assistera ainsi à la naissance de la TSF  - la télégraphie sans fil - et de Radio Tour Eiffel, deux ans avant sa mort.  PCB
Un grand merci à M. Larzillière de nous avoir signalé cet enregistrement. 

Prochain rendez-vous le 10 octobre, 18 h, pour tout savoir sur Radio Tour Eiffel.

6 juillet 2024

Gustave Eiffel, parcours isséen

Le 20 juin 2024, le point de départ démarre au 42 rue Ernest Renan, sous la petite tour Eiffel de la commune. La visite commence par un rappel de la biographie de Gustave Eiffel et des liens entre celui-ci et notre cité d'Issy-les-Moulineaux.


Petite tour, 42 rue Renan


La petite tour Eiffel est installée en surplomb au 1er étage du bâtiment date de 1892, trois ans après son modèle qui est environ à quatre kilomètres à vol d’oiseau. Elle est d’ailleurs classée Monument historique depuis 1988. C’est l’enseigne d’un magasin de vêtements appartenant à Henri Mayer, maire à deux reprises.
Le parcours emprunte le boulevard Gambetta qui croise la petite rue Henri Mayer. Le boulevard finit sur la place Victor Hugo où se trouve une table d’orientation émaillée dont images et textes bilingues ont été conçus par la présidente d’Historim. 



Le thème en est le premier kilomètre en circuit fermé de Henri Farman en 1908 sur le champ de manœuvres.

Table d’orientation
consacrée à Henri Farman

Ce terrain isséen de plusieurs dizaines d’hectares en zone inondable était une zone maraîchère. Il fut réclamé par l’Armée qui avait perdu le Champ de Mars dès 1887 pour laisser place à la tour Eiffel et le Palais de l’Industrie pour l’Exposition universelle de 1889. Le terrain est acheté en 1891 et les maraîchers expropriés. Alors que la tour Eiffel devait être démontée au bout de 20 ans, le sujet fut rapidement oublié. Le terrain est donc définitivement rattaché à la ville de Paris et devient une extension du XVe arrondissement. Au début du XXe siècle, l’Armée permit d’y faire les débuts de l’aviation comme Farman en 1908. Devenu l'héliport de Paris, on lui adjoint en 2021 le nom du général Valérie André, résidente isséenne.
Le boulevard des Frères Voisin (ex-partie du boulevard Gambetta) porte le nom d’avionneurs dont l’usine se trouvait à l’emplacement de l’actuel Palais des Sports.  
Enfin, le parcours s’achève dans une ancienne zone industrielle qui est maintenant celle d’immeubles d’habitation et surtout de bureaux. A la station Val-de-Seine du tram T2 et du RER une ancienne halle de style Eiffel a été remontée près du siège social d’Orange où elle se trouvait à l’origine à la fin du XIXe siècle. Elle abrite désormais les halles Biltoki. A noter qu’en regardant Paris de la station du tram, on aperçoit au loin la tour Eiffel. Fin du parcours !


Halles Biltoki, ex-Halle Eiffel

 Texte et photographies : P. Maestracci

27 mars 2022

Gustave Eiffel - une conférence… tout en hauteur

C'est par un beau samedi après-midi, ce 26 mars 2022, que nous étions réunis dans la salle Matisse du Musée français de la carte à jouer pour écouter, notre Historimienne Pascale évoquer Gustave Eiffel, l'homme de la Tour, la grande, bien sûr… mais aussi la petite celle d'Issy-les-Moulineaux.

Pascale dans la salle Matisse, le 26 mars 2022. © PCB

C'est en 1832 que naît, à Dijon, Alexandre Gustave Bönickausen, dit Eiffel, un nom confirmé par décret en 1879 alors que le jeune ingénieur a déjà créé à Levallois, en 1863, son entreprise : "Gustave Eiffel et Compagnie". 

Eiffel. © Nadar

Dans ces ateliers, il construit les structures métalliques de ces ouvrages qu'il peut ainsi transporter par la Seine, comme par exemple les pavillons de l'Exposition universelle sur le Champ-de-Mars en 1878, la structure du magasin du Bon Marché en 1879, celle de la statue de la Liberté en 1884 qui veille toujours sur New York, et, bien entendu, les éléments de la célèbre Tour Eiffel en 1889.

La Tour rouge. ©XDR


Pascale nous apprend qu'à l'origine la Tour était peinte en rouge (ci-contre) et comptait pour accéder tout en haut 1 792 marches… pourquoi ce chiffre ? Pour célébrer la proclamation de la Première République, en septembre 1792 ! À noter qu'il n'y avait pas encore d'ascenseur. Elle mesure alors 312 mètres de hauteur, un record du monde. Aujourd'hui, avec la toute nouvelle antenne qui vient d'y être installée, elle atteint les 330 mètres ! On découvre aussi que Le Figaro y avait des bureaux, au 2e étage, que Buffalo Bill, Edison, Hiro Hito y rendirent visite à Gustave Eiffel qui y avait un appartement. 
Excellent ingénieur, Eiffel est aussi un chef de chantier exemplaire : pas d'accident à déplorer lors des travaux  ;  et un bon chef d'entreprise :  les délais et les coûts de construction sont toujours tenus… jusqu'au scandale du canal de Panama qui l'oblige à démissionner de son entreprise en 1892.

Avec la construction de cette tour sur le Champ de Mars, les militaires qui s'y entraînaient doivent déménager, en 1887, et obtiennent un grand espace à Issy, au-delà des fortifications, qui deviendra le champ de manœuvres, "berceau de l'aviation".
Toujours à Issy, Pascale nous rappelle que la petite tour Eiffel, au 42, rue Ernest-Renan est classée au titre des Monuments historiques; qu'une maison Eiffel se trouve sur l'île Saint-Germain ; que la halle Eiffel (ci-dessous),  à l'entrée du siège d'Orange, rue Rouget-de-Lisle, ouvrira bientôt ses portes à un marché gourmand…

La Halle Eiffel en travaux. © A. Bétry

La Halle Eiffel aujourd'hui. © XDR

Les questions fusent à la fin de la conférence. Ce fut un bel après-midi dont la quarantaine de spectateurs se souviendra. Un grand merci à Pascale et à toute l'équipe du Musée français de la carte à jouer d'Issy pour son accueil. 
Notez bien la prochaine conférence d'Historim : le samedi 11 juin à 15 h, toujours salle Matisse. Le sujet : l'aviateur Jules Védrines. Le conférencier : Thierry Matra, qui dédicacera sa biographie de Jules Védrines parue aux éditions Les Établissements. PCB


12 mars 2017

La Halle Eiffel d'Issy… en pleine transformation

Issy-les-Moulineaux, la Halle Eiffel. © A. Bétry
Il y a trois ans, nous vous avions présenté la Halle Eiffel d'Issy-les-Moulineaux (ci-dessus), située dans le Quartier Val-de-Seine, en insistant sur le fait qu'elle n'était pas mise en valeur, qu'elle méritait d'être aménagée… Et bien, désaffectée depuis plusieurs années, elle est entrain d'être démontée en ce début de 2017. Elle sera remontée et transformée en Halle des Saveurs dans ce quartier en pleine mutation.

Petit historique.

Cette halle fut érigée par l’entreprise Eiffel dont le siège se trouvait à Levallois-Perret.
Gustave Eiffel dont le nom originel est Bonickausen (1832-1923) sortit diplômé de l’École Centrale de Paris en 1855. Il visita cette année-là l’Exposition Universelle de Paris et fut sans aucun doute impressionné par la charpente métallique du Palais de l’Industrie entre Seine et Champs-Élysées. Celui-ci mesurait 254 m. sur 110 et la nef centrale était haute de 30 mètres. Depuis 1852, Baltard a entrepris la construction des Halles au centre de la capitale.

Façade. © A. Bétry
Gustave Eiffel, devenu ingénieur-constructeur, se spécialise dans l’architecture métallique réalise de nombreux ouvrages d’art à l’étranger comme en France. En 1884, l’année de la halle isséenne, il dépose un brevet pour la construction de piles et pylônes de plus de 300 mètres de haut. En 1885, il livre le viaduc de Garabit qui franchit la Truyère dans le Cantal. 

En 1886, il conçoit la structure métallique de la statue de la Liberté de Bartholdi offerte aux États-Unis par la France. Est-il besoin de préciser où se trouve celle-ci ? En revanche, on peut en admirer des répliques plus petites au magnifique Musée des Arts et Métiers à Paris (3ème).
Toujours en 1886, il remporte le concours ouvert pour l’érection d’une tour dépassant les 300 mètres de haut pour célébrer le centenaire de la Révolution française sur le Champ de Mars. Une réplique miniature se trouve toujours 42 rue Renan dont nous vous avons parlé : http://www.historim.fr/search?q=tour+eiffel

En 1909, Eiffel créa une soufflerie au pied de la tour éponyme où vinrent faire des essais Blériot, Farman et Voisin. L’une des conséquences pour la commune fut que l’Armée réquisitionna, en échange du Champ de Mars, le terrain isséen pour en faire un Champ de manœuvres. Ce terrain, actuel Héliport, est donc une excroissance du 15e arrondissement.

Quant à la Halle Eiffel d'Issy-les-Moulineaux, elle servit notamment d’usine à la Compagnie de Constructions électriques de la rive gauche fondée en 1900. Par la suite, il y eut divers occupants dans la halle transformée en immeuble de bureaux pour plusieurs sociétés parmi lesquels le groupe Yves Rocher.

Actualités

Depuis le début de l'année 2017, la Halle Eiffel est en train d'être démontée. La structure métallique sur 2 niveaux est mise en relief avec les piliers et la charpente à double pente (ci-dessous). Les éléments étaient livrés numérotés pour un assemblage rapide et efficace sur le chantier. Ce fut la même technique pour la tour Eiffel. Quelques murs en brique entre les piliers sont encore visibles. Trois fermes soutenant la toiture sont nettement dégagées. La première qui doit être déposée est soutenue par le câble tendu par une grue tandis qu’un engin de chantier est en train de la libérer de ses attaches. Au fond apparaissent des immeubles de bureaux situés à Boulogne-Billancourt sur la rive droite. 

Le chantier de démontage vu de la station de tram Val-de-Seine.
© P. Maestracci
Ce chantier permet de voir les rivets d’assemblage comme sur ce cliché (ci-dessous). Les briques servant au remplissage des murs étaient rouges sur les flancs et polychromes sur les pignons des façades.

Détail de la façade de la Halle Eiffel, le long de la ligne de tram. © P. Maestracci

Un grand merci à Lydia qui m’a mise sur la piste d’Eiffel. P. Maestracci

Pour en savoir plus :
http://www.historim.fr/2014/05/gros-plan-sur-la-halle-eiffel.html

16 juin 2024

Des tours vues depuis Issy

Le relief isséen est caractéristique du nom du département des Hauts-de-Seine avec une partie de son territoire dans la vallée, ancien lit du fleuve et les coteaux qui vont jusqu’à Meudon. Une position dominante permet d’apercevoir souvent les tours lointaines du paysage urbain. L’axe de certaines rues dessine un cadre pour une vision des tours avec la capitale et sa proche banlieue en arrière-plan.

Tour Eiffel depuis la rue Minard
En descendant la rue Minard, il est possible d’identifier à coup sûr la tour la plus célèbre du monde, la tour Eiffel, érigée en 1889 sur le Champ-de-Mars. Une réplique, miniature et un peu plus récente, se trouve 42 rue Renan. 

Toujours rue Minard, en regardant un peu plus vers la droite, la tour Montparnasse détache sa silhouette compacte sur le ciel. Ce fut une décision prise en 1958 lors du retour au pouvoir du Général de Gaulle avec la destruction de l’ancienne gare, la construction d’un centre commercial et d’une tour haute de 210 mètres (2e hauteur après la tour Eiffel à Paris) devant la gare placée en arrière. Une rénovation de la tour est d’ailleurs prévue. 

Vue sur la Tour Montparnasse



Les nombreuses tours du quartier d’affaires de la Défense sont repérables de loin.

Ce quartier a été décidé aussi en 1958 en empiétant sur plusieurs communes : Courbevoie, Nanterre et Levallois-Perret. L’adresse postale est pourtant Paris-La Défense. 

L’origine de ce nom vient d’une statue de Barrias érigée en 1883 sur le rond-point de Courbevoie pour commémorer la défense courageuse de Paris lors de la guerre de 1870 contre les Prussiens. 

Depuis 1958, les tours visibles de la place de l’Étoile se sont multipliées.



Une tour plus proche est celle du Groupe Accor à la limite entre deux départements et deux villes : Paris et Issy-les-Moulineaux. C’était à l’origine une tour Bouygues. On peut la voir de plusieurs lieux dont la rue du Moulin de pierre.


Depuis la rue du Moulin de pierre
Enfin, de hautes grues Porte de Versailles soulignent la construction de la tour Triangle qui a déjà plusieurs étages. Son projet décidé sous la mandature de Bertrand Delanoé fut longtemps remis en cause mais la décision finale a créé un chantier spectaculaire. Les grues sont visibles de la rue Renan et de la rue Parmentier. 

La tour Accord












Texte et photographies : P. Maestracci






 





20 décembre 2023

L'avion de chasse de Gustave Eiffel

Gustave Eiffel, dont on célèbre cette année le centième anniversaire de la mort (le 27 décembre), est un personnage bien connu d'Issy-les-Moulineaux. On y admire la petite tour Eiffel, classée Monument historique, au 42 rue Ernest-Renan ; on y découvre aussi la magnifique Halle Biltoki, dite Eiffel, qui abrite, au pied des bureaux d'Orange, un magasin gourmand. 

Gustave Eiffel à sa table de travail, en 1913. © XDR
Et puis, comment ne pas évoquer le célèbre champ de manœuvres, transféré du Champ de Mars à Issy, à l'occasion de la construction de la Tour Eiffel, à Paris. Devenu terrain d'aviation, il transforme Issy-les-Moulineaux en berceau de l'aviation… 

Dessins de l'avion L.E. d'Eiffel.
Gustave Eiffel, inventeur hors norme, s'intéresse très tôt à l'aviation, dès 1902 lorsqu'il adhère à l'Aéro-Club de France… un côté méconnu du personnage, révélé dans le numéro de novembre 2023 d'Historia, dont le dossier lui est consacré. Ainsi, en 1917, il dessine (ci-contre) le premier avion de chasse monoplan, dénommé l'Avion L.E. (Laboratoire Eiffel). C'est une invention révolutionnaire, un monoplan à ailes basses qui devrait pulvériser les records de vitesse et d'altitude. Le 16 mai 1917, il en dépose officiellement le brevet d'invention.
Le prototype (ci-dessous) est prêt en mars 1918 et fait son premier essai sur le terrain de Villacoublay. Le deuxième essai, le 27 mars, s'avère catastrophique : l'appareil se brise à l'atterrissage et le pilote est tué. 

L'avion de chasse L.E. © XDR

C'est ainsi que se termine l'histoire aéronautique de Gustave Eiffel… mais non ses inventions révolutionnaires qui seront dans les années à venir repris par de grands constructeurs d'avions. PCB

11 septembre 2013

Journée du patrimoine 2013 - la Tour Eiffel d'Issy


Tour Eiffel d'Issy. © Topic topos
Et oui, cette petite tour, réplique métallique de sa grande sœur parisienne élevée en 1889, pour l'Exposition universelle de Paris, a été classée au titre des Monuments historiques le 20 janvier 1988.
Elle se situe au 42 rue Ernest Renan, date de 1892 et ne dépasse guère les deux mètres de haut. C'était l'enseigne d’un magasin qui s’appelait « A la tour Eiffel ». L’immeuble est orné d’une porte au linteau décoré d’un sous-verre portant l’inscription : « 42 Mayer 42 », 42 le n° de la rue, Mayer le nom du maire isséen de 1894 à 1902 puis de 1908 à 1911.

C'est sous cette tour Eiffel, au 42 rue Ernest Renan, que Historim vous donne rendez-vous le dimanche 16 septembre à 14 heures précises, pour célébrer le centenaire de la loi du 31 décembre 1913, texte fondateur pour la protection des monuments historiques en France (document à droite).
Historim vous fera découvrir sur le "GR-nez en l'air", organisé par les responsables de l'association, plusieurs sites d'Issy, classés Monuments historiques, dont l'ancienne Manufacture des tabacs,
le Séminaire Saint-Sulpice, le PACI, etc.
Alors découvrez avec nous les hauts-lieux historiques de votre commune. PCB

20 mars 2022

Gustave Eiffel à l'honneur : conférence au Musée d'Issy-les-Moulineaux

Notez bien dans vos agendas, samedi 26 mars, à 15 h, Musée français de la carte à jouer, 16 rue Auguste Gervais, à Issy : notre Historimienne Pascale donne une conférence sur Gustave Eiffel (ci-dessous), ce personnage que tout le monde connaît grâce à sa Tour qui domine Paris. Il est né en 1832, il y a tout juste cent quatre-vingt-dix ans ! 

Gustave Eiffel (1832-1923). © Nadar

Issy-les-Moulineaux a la chance d'avoir aussi une tour Eiffel, modèle réduit, au 42, rue Ernest-Renan classée au titre des Monuments historiques ; une halle Eiffel à l'entrée des nouveaux bâtiments d'Orange, dédiée aux produits du terroir, en bordure de Seine… et une allée Gustave-Eiffel, dans le quartier Val de Seine.

Cette allée relie la rue Rouget-de-Lisle au boulevard Garibaldi en passant sous le pont du RER. Elle est bordée de nombreux immeubles de bureaux, comme par exemple du côté impair 
(ci-dessous), cette ancienne banque au premier plan, et quelques ensembles résidentiels alignés sur 350 mètres de long.

Allée Gustave-Eiffel, côté impair. © P. Maestracci
Tout comme du côté des numéros pairs, où l'on distingue (ci-dessous) l’arrière des bureaux des entreprises Canal + (médias), Transdev (transports) et enfin Caceis (finances).

Allée Gustave Eiffel, côté pair. © P. Maestracci
Non loin de là, à l'intersection entre la rue du Bateau-Lavoir et le boulevard Garibaldi, on aperçoit les terrains de la Cité des Sports inaugurée fin 2021 qui, en 2024, pour les Jeux olympiques de Paris accueilleront de nombreuses équipes internationales pour leurs entraînements. P. Maestracci

Alors, n'oubliez pas de venir au Musée, le samedi 26 mars à 15 h, découvrir ce célèbre personnage. La conférence est ouverte à tous.

3 mai 2024

Educap City 2024 - Historim à la tour Eiffel !

Au 33 rue Ernest-Renan, en face de la tour Eiffel, Historim tient un stand Educap City ce samedi 4 mai, de 10 h à 16 h. Venez nous rendre visite et donner un coup de main à notre Historimienne Pascale…Cette petite tour Eiffel, de 2 mètres de hauteur, date de 1892. Elle a été classée au titre des Monuments historiques le 20 janvier 1988.


Ce rallye civique et sportif réunit à Issy-les-Moulineaux, pour la 11e  fois, près de 1 000 enfants de 9 à 12 ans.  Mais ce sont 11 régions de France, 40 villes, 50 000 enfants, 250 écoles, 600 partenaires qui participent cette année à cette journée.

Bonne journée à tous. PCB
Une image de la version 2023 d'EDUCAP CITY - place des Tilleuls ©A.Bétry



29 mai 2011

Une tour Eiffel-bis

Elle se trouve au 1er étage du 42 rue Renan
La plus petite tour isséenne est la réplique métallique de sa grande sœur parisienne, élevée en 1889, pour l'Exposition universelle de Paris. Elle date de 1892 et ne dépasse guère les deux mètres de haut. C'était l'enseigne - explicite - d’un magasin qui s’appelait « A la tour Eiffel ». L’immeuble est orné d’une porte au linteau décoré d’un sous-verre portant l’inscription :« 42 Mayer 42 ». Il s’agit du numéro doublé de la rue Mayer, le nom du maire isséen de 1894 à 1902 puis de 1908 à 1911. Nous ne sommes pas loin de l’emplacement de l’ancienne mairie qui était près de Corentin Celton. 
A noter qu’un magasin de mode maintient encore la tradition des nouveautés. Quant à Eiffel, c’est le pseudonyme choisi par Gustave Bonickausen ! Texte et cliché P. Maestracci

21 août 2020

Réponse - le terminus d'un train, d'un métro ?

Rien de tout cela… vous avez trouvé de quoi il s'agit ?

© M. Julien
De la tour Eiffel, vue du dessous… de notre tour Eiffel, classée Monument historique, celle qui se dresse au 42 rue Ernest Renan, à Issy-les-Moulineaux ! Notre Historimien Michel a de l'imagination.

© M. Julien
Historim a d'ailleurs consacré tout un article à cette tour…
http://www.historim.fr/2013/09/journee-du-patrimoine-2013-la-tour.html

Prochain rendez-vous le 23 août, 18 h

8 novembre 2023

Jean Ors - constructeur de parachutes à Issy-les-Moulineaux

Jean Ors vers 1920. 

Nous avons déjà évoqué ce parachutiste, inventeur-entrepreneur, installé avant-guerre à Issy (ci-contre). Nous complétons ce premier article (http://www.historim.fr/2013/12/jean-ors-un-parachutier-isseen.html), en présentant le volet de l'entrepreneur isséen, après réception de nouveaux documents transmis par un parent, le général de Launet, que nous remercions. 

Du pilote au parachutiste

En 1911, à l’âge de 35 ans, il obtient son brevet de pilote - n° 382 - à l’école Blériot de Pau. Après quelques exhibitions en province, il se consacre à la question du parachute, qui va devenir l’œuvre de sa vie, peut-être née de son souci de diminuer le grand nombre de décès accidentels d’aviateurs grâce à une « bouée aérienne ».

En 1913, il crée son premier parachute, d’un diamètre de 9 mètres, constitué de 32 faisceaux de soie japonaise naturelle. Par souci de sécurité, il positionne au centre de son système un empilement de cerceaux formant ainsi une sorte de cheminée où l’air s’engouffre et déploie rapidement la toile, évitant au surplus l’emmêlement des suspentes.
Il teste à plusieurs reprises son invention avec des mannequins, qu’il jette ainsi équipés d’une plate-forme de la Tour Eiffel (ci-dessous). Ses tests sont tous concluants mais il souhaite prouver la qualité du système en l’expérimentant lui-même.

Le système Ors, au pied de la Tour Eiffel.

Cet essai en « réel » se déroule à Juvisy le 12 février 1914 et s’avère très concluant. Il dépose un brevet en juin mais la guerre l’oblige à interrompre ses expériences. Son statut durant le conflit reste un mystère. Si la presse d’après-guerre le présente comme ayant été lieutenant aviateur, les archives de la Gironde indiquent un passé de hussard, sans mention d’aviateur, puis sa réforme le 30 août 1914, confirmée en juin 1915.


On retrouve Jean Ors après l’armistice en partance pour les États-Unis afin de faire la propagande de son modèle. Sautant en parachute à plusieurs reprises près de New York, il obtient le grand Prix du concours international d’Atlantic City et le Prix L. Bennett. 
De retour en France, il reçoit également en 1920 et 1925 plusieurs Prix en Belgique. Avec déjà dix-sept sauts à son actif et axant délibérément sa propagande sur les sauts de meeting, il voit peu à peu son parachute adopté par beaucoup de parachutistes d’exhibition. Mais son objectif principal reste la sécurité des aviateurs eux-mêmes, qui progresse trop lentement à son goût.

L’entrepreneur

Plan cadastral du 9 rue Kléber, à Issy.
Demeurant 27 rue de Chambéry à  Paris, dans le 15e arrondissement, jusqu’au début des années 20, il recherche un atelier, qu’il trouve à Issy-les-Moulineaux au 9, rue Kléber (téléphone : 192), où il s’installe avec son épouse Marie Couvert, pour confectionner ses prototypes puis lancer la future production (ci-contre).

La surface totale est de moins de 1 000 m2, se répartissant entre l’habitation et les bureaux, donnant sur rue et aujourd’hui disparus, et, plus en arrière, un grand atelier sous hangar, dont il reste une façade intégrée dans une restructuration réalisée en 2003. Ces photos anciennes (ci-dessous) en sont un témoignage.

9 rue Kléber, Issy. A g. habitation, bureaux et à l'arrière l'atelier. A dr. les travaux de 2003.

En 1922, Jean Ors propose le parachute-siège avec système d’ouverture automatique et pliage dans un sac - d’abord rond (ci-dessous) puis rectangulaire - permettant aux pilotes et aux passagers d’un avion de s’asseoir sur l’équipement. Il est testé avec succès à Toulouse par le Tchécoslovaque Stanka et remporte plusieurs fois le premier prix des concours Nieuport-Astra.


À l’issue du concours officiel de 1924 du service technique de l’aéronautique (dont le laboratoire de test se situe à Issy-les-Moulineaux), trois parachutes Ors sont enfin homologués : sac dorsal rectangulaire, sac siège et sac rond (ci-dessous). 

Parachutes Ors, 1922-1924.

Concours de circonstance, en janvier 1925, le pilote Henri Pitot doit la vie sauve à son parachute Ors lors d’un vol d’essai d’un nouvel avion, comme on peut le lire dans Les Ailes du 8 janvier 1925.

Mais, en 1925, au moment où le ministère des Armées lance enfin ses premières commandes de parachutes pour les aviateurs, Jean Ors voit sa santé décliner. Il décède le 4 février 1926, à l’âge de 50 ans, à Issy-les-Moulineaux, faisant l’objet d’articles très élogieux dans la presse aéronautique (Les Ailes, L’aéronautique).

Après sa mort, sa veuve poursuit l’activité commerciale naissante, apparaissant dans les publicités sous la dénomination de « veuve Jean Ors, constructeur ». Désormais, il y a bien la mention tant espérée : « Fourni actuellement aux Forces aériennes » (ci-dessus et ci-dessous). 
Au début des années 30, sa veuve quitte Issy-les-Moulineaux pour Bordeaux, sans que l’on sache à quelle date l’atelier cesse ses activités.                  Jacques Primault.


Rendez-vous sur le site le 12 novembre, 18 h, pour découvrir les exploits d'une jeune parachutiste, Denyse Collin, équipée d'un Ors, sautant sur le terrain  d'Issy-les-Moulineaux.

19 septembre 2013

GR Nez en l'air - un beau succès !

Une éclaircie… même un rayon de soleil, a accompagné notre groupe d’Isséens pour notre premier GR nez en l’air des Journées du patrimoine 2013, ce dimanche 15 septembre.
Pascale, notre guide toujours aussi passionnante, nous avait concocté sur une idée de Jacques, fidèle au poste, et de Denis, fidèle aux grandes vacances !!!, une traversée nord-sud de la ville, le long de la grand rue d’Issy, une ancienne route romaine qui reliait Paris à Dreux.

© Alain Bétry
Pascale rue Ernest Renan. © Alain Bétry

Départ tout au bout de la rue Ernest Renan. Avec un peu d’imagination, on s’imagina les chasses aux sangliers sous les Mérovingiens, sur les terres giboyeuses de l’abbé Gérard de Moret,– qui donnera le nom de Vaugirard, prieur de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés dont dépendait le village d’Issy. Puis le gibet qui se dressait à l’emplacement actuel du parc des Expositions où les condamnés étaient pendus. C’est là aussi que les glaisières, qui fournissaient à partir du XIIIe siècle briques, tuiles et poteries, étaient en exploitation. Pascale nous rappelle d’ailleurs que l’actuelle rue Minard s’appelait rue de la Glaisière.

Arrêt devant les immeubles des n°12-18 pour évoquer l’imprimerie Le Petit Moniteur qui s’élevait à cet emplacement. Sur le trottoir d’en face, voici les bâtiments de l’ancienne Manufacture de tabacs, réaménagés en appartements. On distingue tout au loin la cheminée de l’usine, sur les murs le sigle MT et, sur la rue, les deux petits pavillons de l’entrée. (voir la rubrique Industries pour en savoir plus).

© A. Bétry
N° 15, rue Ernest Renan. © Alain Bétry
Le n°15 mérite toute l’attention de notre groupe : un immeuble en meulières, une rareté en milieu urbain (photo à gauche).
A la hauteur du n°29, derrière la façade d’un club de gym, un petit bijou Art déco, signé A. Geins et daté de 1933. Il faut vraiment en connaître l’existence car de la rue, rien ne permet d’imaginer ce petit édifice.

La promenade continue avec au n°42, la célèbre tour Eiffel – déjà évoquée dans la rubrique Actualités, l’enseigne d’un magasin de vêtements de travail, classé Monument historique (ci-dessous).

© Alain Bétry
Tour Eiffel - n°42, rue Ernest Renan.© Alain Bétry



Traversons la place Corentin Celton avec une évocation des Petits Ménages (devenu l’hôpital du même nom) et l’ancien hôtel de ville (totalement disparu). Nous voici dans la rue du Général Leclerc avec, sur la gauche, le Séminaire Saint-Sulpice et sa chapelle, et à droite le CNET (Centre national d’études des télécommunications) – c’est Jean-Michel qui prend la parole pour nous raconter que cet endroit est le berceau de la téléphonie : on y a inventé toute la technologie numérique existant aujourd’hui.

Puis, voici la grille de la Villa Kléber (ci-dessous) et, au n°31, sur la façade de ce très joli immeuble dans lequel on a la chance de pénétrer, se distingue une sculpture en pierre, illustrant la fable de La Fontaine : le renard et les raisins.

La villa Kléber en centre ville. © Alain Bétry

Voici l’hôtel de ville, ancienne propriété au XVIIIe siècle du financier Nicolas Beaujon, l’une des plus belles résidences d’Issy à l’époque. Puis s’annonce l’avenue Victor Cresson avec le PACI, construit en 1930 dans le style Art déco, dont la façade, le hall, une partie de la toiture et le foyer ont été classés au titre des Monuments historiques en 2011.

C’est ainsi, après trois heures de marche, que nous avons découvert des passages secrets, levé des mystères, admiré des immeubles magnifiques (ci-dessous), construits par deux familles d'architectes isséens concurrents : les Delaire et les Puyjalon. Une belle expérience qu’Historim propose de renouveler dans d’autres quartiers. Qu’en dites-vous ? PCB

Magnifique immeuble à l'angle de la rue Michelet et de la rue Ernest Renan, signé Delaire. © Alain Bétry.